Photo Solidaire

12 000 personnes marchent à Bruxelles contre Trump et sa vision du monde

auteur: 

Axel Bernard

Plus de 12 000 manifestants ont accueilli le président des États-Unis Donald Trump à Bruxelles en le déclarant « Not Welcome ». Face à la vision du monde du président milliardaire, ils ont opposé des revendications d’espoir, de justice sociale, de paix, de défense de l’environnement et de solidarité dans la diversité.

Deux Belgiques aux messages diamétralement opposés se sont croisées dans les rues de Bruxelles. D’un côté, Charles Michel et les autorités du pays ont déroulé le tapis rouge au président américain, en préparation à un sommet de l’Otan (qui aura lieu jeudi 25 mai) lors duquel le président étasunien demandera que la Belgique augmente drastiquement ses dépenses pour la guerre.

De l’autre, plus de 12 000 citoyens ont rejeté la politique guerrière défendue par Trump, mais aussi sa vision du monde raciste, sexiste et dangereuse pour le climat. Le PTB était présent à la marche, avec Comac, son mouvement étudiant, et une belle présence de RedFox, son mouvement de jeunes. Il faut dire que de très nombreux jeunes ont marché ce 24 mai dans les rues de Bruxelles. Peter Mertens, président du PTB : « La génération qui s'est mobilisée en masse aujourd'hui est celle qui peut sauver le climat et changer le monde. Ce sont ces jeunes qui se mobilisent partout dans le monde pour refuser de voir les inégalités s’approfondir, la planète être sacrifiée pour le profit, et qui ne veulent pas d’une escalade guerrière. »

Cette escalade s’est marquée ces derniers jours par l’appel à la guerre contre l’Iran lancé par Trump en Arabie Saoudite puis en Israël. 14 ans après le début de la guerre en Irak, lancée sous le prétexte de la lutte contre Al Qaïda, les États-Unis vont-ils encore plus enflammer la région avec la politique interventionniste qui a donné naissance à Daech, le nouvel Al Qaïda ?

C’est également dans ce contexte que se tiendra la rencontre de l’Otan du jeudi 25 mai, lors de laquelle Donald Trump appellera les États membres à augmenter les dépenses militaires. « Nous rejetons la politique de l’Otan et ce qu’elle incarne, indique Peter Mertens. Charles Michel a déjà laissé entendre qu’il voulait augmenter les dépenses militaires belges, et qu’il se plierait sans protester aux demandes du chef de l’Otan. La marche d’aujourd’hui est un signal clair pour s’opposer à ceux qui, dans notre gouvernement, veulent suivre Donald Trump sur le sentier de guerre. »

Save the planet, change the world

La résistance à la politique de Donald Trump a été lancée le 20 janvier dernier par la « Women’s March », un mouvement d’une ampleur inédite initié par les mouvements féministes étasuniens. Une marche qui a trouvé son écho chez les très nombreuses femmes présentes aujourd’hui à Bruxelles, et par la marée de « pussy hats », ces bonnets roses qui sont devenus le symbole de la résistance féministe à Trump.

Parmi les intervenants qui ont pris la parole au début de la marche, des activistes internationaux et belges ont donné le ton d’une résistance globale à la politique de Trump. De nombreuses délégations d’organisations étrangères ou actives dans la solidarité internationales étaient en effet au rendez-vous.

Des activistes de Standing Rock, où les tribus sioux résistent à la construction de pipelines polluants, notamment contre les intérêts de Donald Trump, ont été très applaudis. Il faut dire que ce combat pour le droit à l’eau a cristallisé pour beaucoup la contradiction entre les intérêts des barons du pétrole et des climato-sceptiques, si bien représentés dans le gouvernement étasunien, et ceux des peuples.

La remise en cause par Donald Trump des accords déjà minimaux issus de la conférence climatique de Paris est aussi un départ très inquiétant pour sa présidence.

Il était aussi question de racisme, le président des États-Unis s’étant largement fait remarquer par ses déclarations xénophobes. « La diversité représentée dans la marche est une réponse en soi aux tentatives de division des Trump de ce monde, et de ceux qui, au sein de notre gouvernement, jouent aussi la corde du racisme et de la division », commente Peter Mertens.

D’autre part, la présence d’organisations syndicales montre comment la solidarité du monde du travail dépasse les frontières. Car si l’on entend beaucoup parler des déclarations racistes, sexistes et guerrières du président des États-Unis, il ne faut pas oublier que son cabinet de milliardaires a un agenda particulièrement antisocial. Ainsi, un de ses premiers actes a été de casser le système d’assurance-santé américain, au détriment de millions de citoyens pour qui l’accès aux soins devient de plus en plus dur.

« United We Stand »

Cette marche haute en couleurs a rassemblé le mouvement climatique, syndical, féministe, antiraciste… sous la même bannière : « United We Stand ». « Ce message d’unité est particulièrement important, souligne Peter Mertens. Ensemble, on peut s'opposer aux politiques de Trump et de ses alliés, ensemble on peut se battre et gagner contre ceux qui veulent nous diviser en propageant le racisme et le sexisme, ceux qui sacrifient le climat au nom du profit et sont prêts à mettre le monde à feu et à sang. Ce combat se mène ici contre la venue de Trump, et nous le continuerons en Belgique et en Europe contre sa politiques et ses homologues dans notre pays. »