Photo Solidaire, Martine Raeymaekers

2000 personnes encerclent le sommet européen contre le TTIP

Quelque 2000 personnes ont participé à l’action d’encerclement du sommet européen ce vendredi 19 décembre à l’appel de l’Alliance D19-20. Agriculteurs, syndicats, ONG, associations, citoyens… ils étaient nombreux à s’être mobilisés contre le TTIP, le traité de libre-échange négocié en secret entre l’Union européenne et les États-Unis, qui menace nos normes sociales, écologiques et alimentaires. Le PTB était bien présent.

Ils ont dû se lever tôt, les centaines de personnes qui ont manifesté ce vendredi 19 décembre contre le Traité transatlantique (TTIP). Certains y ont passé la nuit, d’autres, comme une série d’agriculteurs, ont traversé le pays à bord de leur tracteur depuis hier soir pour arriver à l’heure au blocage du sommet européen, qui démarrait à 7 heures.

Après avoir bloqué l’accès au Rond-point Schuman (Bruxelles), les militants ont symboliquement encerclé le Conseil européen, avant de partir en cortège. Et ce, malgré une pluie battante.

Le rassemblement était donc combatif et les manifestants courageux, qui ont bravé le froid et la pluie pour protester contre l’austérité européenne et le TTIP. C’est que, pour beaucoup, ce traité ne fera qu’aggraver les choses pour la population.

Des représentants des maisons médicales bruxelloises sont venus soutenir le mouvement.

Le PTB a participé à l’action. Les députés bruxellois Youssef Handichi et Mathilde El Bakri, ainsi que le député fédéral Raoul Hedebouw, étaient présent au rassemblement.

Youssef Handichi (à droite) et Mathilde El Bakri (au milieu), tous deux députés bruxellois du PTB étaient présents au rassemblement.

Raoul Hedebouw, député fédéral du PTB, a participé à l'action.

Un accord qui ne fera qu’aggraver la crise

Contrairement à ce qui est prétendu, le TTIP n’apporte aucune solution véritable à la crise économique. Pour les travailleurs, il n’apporte aucune amélioration. Les objectifs en termes de création d’emplois ne sont qu’une illusion. La seule manière de les réaliser serait de gagner la guerre commerciale contre les pays émergents. Dès lors, ce serait également à des conditions très peu favorables pour les salariés : rémunérations basses, précarité et flexibilité du travail, intensification des charges… En réalité, cet accord augmentera la concurrence entre les travailleurs.

Négociations aux dépends de la démocratie

Le secret qui entoure les négociations a de quoi inquiéter. Le Traité est discuté entre l’Europe et les États-Unis sous l’influence des lobbies patronaux. Pendant ce temps, la société civile (ONG de coopération et développement, de défense de l’environnement et organisations syndicales) est tenue à l’écart. Pourtant, ce sont l’ensemble des travailleurs européens (et américains) qui subiront le plus directement les effets de cet accord.

À terme, le TTIP donne aux multinationales le droit d’attaquer - via un tribunal privé, grâce au mécanisme Investor-state dispute settlement -  les États qui voteraient des lois allant à l’encontre de leurs intérêts et qui menaceraient leur droit absolu de commercer, d'investir et de désinvestir, de faire des profits et d'en distribuer une large partie aux actionnaires. En pratique, les États n’auraient plus rien à dire sur la réglementation qui régit les accords commerciaux. Et ce, que ce soit sur les normes sociales, environnementales, alimentaires ou encore sanitaires : les multinationales pourront passer outre des législations nationales.

Pour le PTB, une véritable démocratie implique un contrôle sur ce qui est produit, comment il est produit et au profit de qui par la population civile. Il y a donc bien des raisons de se mobiliser contre ce traité, c’est pourquoi le PTB a participé à l’action du vendredi 19 décembre.

• Retrouvez ici une analyse du TTIP : Non aux normes américaines pour l'Europe

• Le service d’études du PTB a également passé sous la loupe le volet international de l’accord du gouvernement Michel-De Wever.