Photo Solidaire, Salim Hellalet

4 000 fois : « Pas d'austérité sur notre avenir ! »

auteur: 

Jos D’Haese

Photo Solidaire, Vinciane Convens
Photo Solidaire, Han Soete
Photo Solidaire, Salim Hellalet
Photo Solidaire, Salim Hellalet
Photo Solidaire, Salim Hellalet

Ce jeudi 2 octobre, un cortège de 4 000 étudiants a défilé dans les rues de Bruxelles afin de réclamer un enseignement accessible et de qualité. Avec des slogans comme « Pas d'austérité sur notre avenir » et « L’enseignement est un droit, pas un privilège », ils ont fait savoir au nouveau gouvernement flamand que faire des coupes budgétaires sur l’enseignement était inacceptable. Le PTB et Comac, son mouvement de jeunes, étaient bien présents eux aussi pour protester contre l’augmentation du minerval. 

1 500 étudiants étaient attendus à Bruxelles pour la première manifestation étudiante contre les mesures du nouveau gouvernement du Nord du pays. Mais, quand les cars de Gand sont arrivés, la place de l’Europe à la Gare centrale a été saturée et la manifestation a démarré avec certainement plus de deux fois plus d’étudiants que prévu en direction du parlement flamand. Des délégations de toutes les hautes écoles et universités étaient présentes et un grand nombre d’étudiants francophones étaient venus témoigner leur solidarité eux aussi. Une prestation sans précédent que de mobiliser autant de monde, dix jours seulement après le début de l’année académique. Un bon signe pour la suite des protestations étudiantes.

Dans les discours des organisateurs, mais aussi chez les jeunes au sein même de la manifestation, une chose était claire : ce n’est qu’un début. Maintenant que le mouvement étudiant a montré qu’il pouvait mobiliser beaucoup de monde, il est temps d’élaborer des actions dans chaque ville estudiantine. Hilde Crevits, la ministre flamande de l’Enseignement (CD&V), a naturellement répété que les actions n’aboutiraient à rien mais, manifestement, elle n’a pas bien compris ce que veulent les étudiants. Bram Roelant, président de l’Association flamande des étudiants (VVS) a pourtant été clair : « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire : nous formons un mur. Nous formons une résistance. Nous formons une ligne. Formez cette ligne partout et continuez à répéter : pas d'austérité sur notre avenir ! »

Bien des étudiants manifestaient parce qu’eux-mêmes vont connaître des difficultés si le minerval doit augmenter. Surtout pour ceux qui ont aussi des frères ou des sœurs aux études, l’augmentation va se muer en un seuil financier désormais difficilement franchissable. Mais bien des jeunes ont également participé par solidarité, pour un enseignement supérieur qui soit accessible même à ceux dont les moyens financiers sont plus modestes.

« Ce ne sont pas les minervals qui constituent un seuil d’accès à l’enseignement supérieur, mais bien les mauvaises orientations des études », a déclaré Hilde Crevits en réaction à la manifestation. « Peut-être Madame Crevits devrait-elle sortir un peu de sa tour d’ivoire et retourner sur les bancs de l’école, a réagi Nele Van Parys, l’une des responsables de la manifestation. Une étude révèle que, pour toute augmentation de 100 euros, 2 000 étudiants devront renoncer à des études supérieures. Nous sommes ici opposés à toute augmentation du minerval. »

Sur les banderoles, sur des bracelets ou sur les T-shirts ou vestes, l’as de pique était présent partout pour dire : « Ne jouez pas avec notre avenir ». Et l’as de pique a donc été clairement repris comme symbole du mouvement étudiant. De même, un peu partout dans la manif, on pouvait voir les affiches du PTB et de Comac, mais surtout chez les centaines d’étudiants du mouvement de jeunes du PTB qui défilaient. De même, Peter Mertens, président du PTB, et Raoul Hedebouw, porte-parole et député fédéral du PTB, étaient présents, ainsi que Michael Verbauwhede, parlementaire bruxellois et ancien président de la Fédération francophone des étudiants (FEF).