Thierry Bodson, secrétaire général FGTB wallone (Photo fgtb.be)

55 000 exclus du chômage au 1er janvier 2015 : « Il faut retirer la mesure »

55 000. C’est le nombre de chômeurs qui risquent d’être privés du droit aux allocations dès le 1er janvier 2015. Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, demande au gouvernement de revoir sa copie.

Ce chiffre est issu d’une étude de la FGTB wallonne, qui a revu à la hausse les premières prévisions. Thierry Bodson : « Ce n'est malheureusement pas une annonce qui se voudrait inutilement alarmiste, c'est la réalité. On en est aujourd’hui rigoureusement certains. Par ailleurs, le 1er janvier 2015, c'est la date d'exclusion de ces 55 000 personnes. Ce n'est pas 55 000 exclusions étalées dans le temps, ce sera tous à cette date-là. »

En cause, la politique d’austérité du gouvernement, qui attaque les chômeurs (à défaut de s’en prendre au chômage), et qui a instauré une sévère dégressivité des allocations. Les premiers à être touchés sont donc ces 55 000 travailleurs sans emploi qui bénéficient d’une allocation d’insertion professionnelle (l’ancienne allocation d’attente).

Ce type d’allocations est généralement octroyé à des jeunes ayant tout juste terminé leurs études. Cependant, de nombreux autres travailleurs seront touchés, comme l’explique Thierry Bodson : « En effet, dans ces 55 000 personnes, il y a une majorité de gens qui ont déjà travaillé. Ils ont travaillé à temps partiel, parfois exclusivement et durant des années. Ils peuvent avoir travaillé en intérim, et si l'on a 7-8 jours d'intérim par mois, on reste dans l'allocation d'insertion. »

Une mesure injuste et inefficace…

L’impact de la mesure sur les ménages sera donc important. Pour les personnes exclues qui sont cohabitants (environ la moitié des concernés), cela signifie la perte d’un quart des revenus du ménage. « Le cas classique, indique Thierry Bodson, c'est un ménage où l'un gagne 1500 euros de salaire net et l'autre 450 euros de chômage. Cela aura des conséquences importantes sur les problèmes de logements, etc. »

Par ailleurs, l’autre moitié des personnes touchées sont soit chefs de ménage, soit isolés. Ceux-là devront s’orienter vers le CPAS, avec des conséquences sur les budgets de ceux-ci, met en garde Thierry Bodson : « Ce qu'on fait, c'est surtout transférer un budget du chômage fédéral de la sécurité social vers un budget régional à charge des communes. »

Ce dernier élément met en doute le véritable bénéfice budgétaire de la mesure. Thierry Bodson : « À la grosse louche, au niveau fédéral, on estime l'économie à 500 millions d'euros sur le budget chômage, mais avec une augmentation de 350 millions du budget des CPAS. Cela veut dire qu'en gros, cela fait une économie d'environ 150 millions d'euros. C'est moins que les intérêts notionnels d'ArcelorMittal... »

Par ailleurs, les chiffres du nombre d’emplois par chômeurs montrent l’absurdité de cette mesure. Officiellement, il y a à Bruxelles une offre pour 11 chômeurs, une pour 14 en Wallonie. Et, si l’on s’attarde sur la réalité (offres reprises deux fois, etc.), ce chiffre monte à une offre pour 48 demandeurs à Bruxelles, et une offre pour 23 en Wallonie.

La FGTB tire le même constat, et plaide donc pour le retrait de la mesure. « La crise économique est telle, et son évolution est telle, qu'il est rigoureusement impossible pour les jeunes — et les moins jeunes d'ailleurs — de sortir de la sanction. Il faut donc retirer la mesure. »

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Commentaires

Je serais exclus aussi.... je suis une maman et j'ai encore deux enfants à ma charges ( pas de père et je me suis déjà renseigné, j'aurai droit au cpas, enfin je doute quand même) malgré la pétition et le manifestation cela n'a servi à rien!!! mais j'ai peur!!!