Achat de F-35 : illogique au plan social, économique et militaire

auteur: 

Marc Botenga

Le PTB considère que le prix de l’avion de chasse Lockheed-Martin F-35, censé remplacer les F-16, est proprement effarant. Sur base d’une estimation du ministère néerlandais de la Défense, l’achat de tels appareils coûterait à l’Etat belge un pactole de 5 milliards, auquel s’ajoute le coût d’entretien annuel de 283 millions d’euros. Ce choix est antidémocratique. Selon une enquête de l’Université d’Anvers, seuls 25 % des Belges approuvent le remplacement des F-16. Logique : un tel achat ne répond à aucun besoin social, économique ou même militaire.

Au plan social, ces engagements constituent une véritable bombe à retardement. Avec le F-35, la Défense choisit probablement l’option de remplacement la plus chère. Ces engagements sont pris aujourd’hui, mais ce sont les gouvernements suivants – et, donc, les générations suivantes – qui devront les payer. Ces « investissements » sont d’ailleurs de simples dépenses. Et, dans la logique du nécessaire équilibre budgétaire, les prochains gouvernements économiseront donc sur les services sociaux. Alors que le gouvernement Michel-De Wever prend des mesures d’économies qui frappent durement la population, le coût d’achat (sur base de ces chiffres) d’un seul de ces avions de chasse permettrait d’engager pendant un an 3.125 enseignants en Belgique.-

Au plan économique, le F-16 serait « amorti » via la création d’emplois et un sérieux « return » économique pour l’industrie aéronautique belge. Le Vlaams Vredesinstituut (institut flamand pour la paix) a déjà indiqué qu’en réalité, ce ne serait pas le cas pour le F-35. Alors que la Belgique était impliquée presque depuis le début dans la construction du F-16, l’acquisition du F-35 se fait, elle, en « clé sur porte ». La Belgique ne pourra donc prétendre à pour ainsi dire aucune participation industrielle. Même le député Denis Ducarme, du MR, parti au gouvernement, a fait remarquer que le producteur du F-35 a admis qu’ « il n’y avait pas de retombées économiques pour un marché comme la Belgique ». Le Bureau central du Plan néerlandais a réalisé une analyse pertes/profits d’une participation néerlandaise dans le projet et a constaté que « la valeur nette pour l’économie est, selon les prévisions, insignifiante »

En outre, au plan militaire, le F-35, un avion de chasse de la cinquième génération, n’est clairement pas nécessaire à la défense belge. Pour la défense de notre espace aérien, entouré d’alliés, les appareils de la quatrième génération pourraient probablement suffire. L’accord de gouvernement admet implicitement que le but est de conserver une capacité offensive. Il ne s’agit donc pas de défendre notre espace aérien, mais de pourvoir « bombarder » d’autres pays. Les F-16 n’ont cependant pas contribué à amener la paix ni la démocratie en Libye, en Afghanistan ou en Irak, bien au contraire.

Il n’existe aucune nécessité urgente pour remplacer les F-16. De nouveaux avions de combat nous coûteraient une somme exorbitante, et le processus de décision se déroule entièrement en coulisses. Le PTB s’oppose à ce remplacement et exige un débat de société large et transparent sur les priorités actuelles. En effet, l’urgence sociale, elle, est cruciale. Nous manquons d’investissements dans les projets environnementaux, dans les travaux publics d’utilité sociale, de construction de logements sociaux... Le non-achat de ces avions de chasse promouvrait non seulement la paix à l’étranger, mais il favoriserait également le développement social et écologique de notre pays. Dans une première phase, il est possible, via une série de mesures concrètes, comme le rappel de nos avions en Irak et en Afghanistan et la limitation des heures de vol des F-16, de reporter immédiatement leur remplacement.

 

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Commentaires

Ce gouvernement préfère avancer de l'argent pour du matériel plutôt que pour des personnes dans le besoin. Où va-t-on???