Affaire des déchets en Wallonie : « Moins de contrôle que dans une buvette de foot »

Suite aux scandales de pollution et détournement de fonds qui touchent l’Office Wallon des déchets, le gouvernement wallon a décidé de dissoudre cet organisme. Le ministre Di Antonio peut dissoudre ce qu’il veut, cela ne dissoudra pas ses responsabilités, dénonce Fred Gillot (PTB) : « Il y a plus de contrôle pour la vente de tickets à une buvette de foot de quatrième provinciale que dans l’administration wallonne ! »

Sur demande du ministre Di Antonio, le gouvernement wallon a décidé de dissoudre l’Office wallon des déchets (OWD). « Cachez cet organisme que je ne saurais voir. Tel est le message. En clair, le ministre dynamite la maison pour en cacher les fissures. Mais qu’est-ce que ça va résoudre si l’architecte refuse d’admettre ses erreurs ? Il peut dissoudre tout ce qu’il veut, cela ne dissoudra pas ses responsabilités. Le PTB cherchera à faire toute la lumière là-dessus », réagit Frédéric Gillot, député wallon du PTB.

La responsabilité du ministre est impliquée dans un nombre croissant de dossiers. Tantôt par son intervention personnelle pour défendre des intérêts privés, contre les décisions de sa propre administration. Tantôt par sa non-intervention pour faire appliquer les recommandations de la Cour des Comptes et de l’audit externe de COMASE. « Ne pas intervenir quand il faudrait et intervenir quand il ne faudrait pas : c’est à ça qu’on peut résumer l’attitude du ministre Di Antonio face à l’OWD. Et il arrive encore à se plaindre que sa responsabilité soit "mise en cause" par certains articles de presse ? C’est le monde à l’envers », poursuit Frédéric Gillot. 

« Il est quand même incroyable qu’il y ait plus de contrôle pour la vente de tickets à une buvette de foot de quatrième provinciale que dans les services comptables de cinquante structures de l’administration wallonne ! », interpelle le député du parti de gauche. La réaction du ministre face à une telle situation est en-dessous de tout, à commencer par le refus d’instaurer une commission spéciale, demandée par l’opposition wallonne au grand complet.

La proposition alternative de la majorité ? Un rapport annuel du gouvernement. « Il n’y a pas besoin d’une commission spéciale pour faire la transparence », affirme Lacroix. Le gouvernement voudrait-il donc à lui seul déterminer ce qui est nécessaire au contrôle démocratique, au moment même où ses responsabilités sont mises en cause ?

« Si on peut voir une seule ambition dans cette démarche, c’est bien de faire oublier les scandales de l’OWD au plus vite. Or pour le PTB, ce n’est pas le moment de cacher quoi que ce soit. C’est d’un maximum de lumière qu’il y a besoin pour rendre possible un débat démocratique sur le rôle du ministre », poursuit le député PTB.

Le ministre Di Antonio tente sans cesse de faire porter le chapeau à l’administration. Dans le dossier de détournement de fonds, il évacue les critiques pourtant très claires de la Cour des Comptes, prétextant qu’il n’a pas été prévenu à temps. Dans les dossiers de pollution, la faute incomberait à des "visions différentes entre des agents". Cette technique du parapluie doit cesser.

Le PTB demande à la majorité de se ressaisir et de voter lundi la résolution de l’opposition demandant d’instaurer une commission spéciale. C’est un minimum pour placer le Parlement au centre des nouvelles procédures de contrôle qui seront mises en oeuvre. Le PTB demande également que soit rapidement rendue publique la liste des 50 autres structures de l’administration wallonne où un comptable peut agir seul.