Allocations familiales à Bruxelles : « On a manqué d'un débat de fond sur les besoins des familles »

Le PTB réagit à l'annonce d'un nouveau système d'allocations familiales à Bruxelles, « l'aboutissement de tout un processus de régression dans notre pays », pour Michael Verbauwhede, chef de groupe PTB au parlement bruxellois. Le PTB s'est opposé depuis le débat à la scission des allocations familiales. « C'est la viabilité du système à terme qui est menacée. On a manqué d'un débat de fond sur les besoins des familles, qui ne se résument pas à des allocations familiales », estime Michael Verbauwhede.

Le PTB rappelle son opposition à la scission des allocations familiales. Michael Verbauwhede, chef de groupe PTB au parlement bruxellois : « C'est fait : la Belgique a désormais 4 systèmes d'allocations familiales différents. Des montants de base différents (150 euros à Bruxelles, 155 en Wallonie, 160 en Flandre, 151 en Communauté germanophone), des correctifs sociaux différents, des primes de naissances différentes (simple au double pour le deuxième enfant en fonction des Régions), des entrées en vigueur différentes, etc. Une complexité inutile. Avec la mobilité des familles, les séparations que l'on connaît aujourd'hui, c'est absurde. La sixième réforme de l’État détricote un pan entier de la Sécurité sociale et crée des discriminations entre les enfants. Dans notre pays, un enfant n'est plus égal à één kind, et pour nous c'est inacceptable. » Et le député de gauche de continuer : « On arrive au bout d'un processus de régression sociale. Des politiciens régionalistes ont saboté notre système d'allocations familiales. Un système qui n'était pas parfait, mais qui, pour une fois, permettait aux Belges d'être mondialement reconnus pour leur efficacité ».

Si le basculement permet d'éviter d'encore aggraver les discriminations, le député de gauche pointe l'incertitude pour les familles bruxelloises : « Personne ne va perdre, nous dit le gouvernement. Cela nous fait d'abord dire qu'il craint la colère populaire. Il aurait été explosif d'enlever quelques dizaines d'euros aux familles. Le gouvernement est même prêt à rallonger 30 millions d'euros pour garantir qu'aucune famille n'y perde. Mais quelle est la garantie de financement de ces 30 millions d'euros supplémentaires ? Cela tend aussi à prouver que les moyens transférés par la sixième réforme de l’État pour financer les allocations familiales ne sont pas suffisants. Comme nous le dénoncions depuis le début. C'est la viabilité du système à terme qui est menacée. Sans compter que cela se fera au détriment d'autres politiques ».

Pour le PTB, en enfermant le débat uniquement sur les allocations familiales, le gouvernement bruxellois ne résout en rien les besoins des familles bruxelloises. « On a loupé un débat fondamental à Bruxelles sur l'aide aux familles. Les familles ont besoin d'allocations, mais ils ont également besoin de services publics en suffisance, accessibles, de qualité, et gratuits. Or il n'y a pas assez de crèches, il manque de places dans les écoles, les prix des activités extra-scolaires sont trop élevés, sans parler des listes d'attente pour s'y inscrire. Alors oui, d'un côté, le gouvernement bruxellois donne un petit plus d'allocations familiales aux familles pauvres. Mais si, de l'autre, les communes augmentent le prix de la garderie, comme cela a été le cas à Molenbeek ou Schaerbeek, c'est donner d'une main et reprendre de l'autre ! Où est la cohérence dans la Région ? Ce n'est pas aux allocations familiales de pallier le manque et le prix de services publics ou la pauvreté dans notre Région ».

Le PTB restera très attentif. Il est hors de question que les familles perdent de l'argent avec cette réforme. C'est d'autant plus vrai à Bruxelles où le taux de risque de pauvreté est d'environ 38 %. Un enfant sur 4 vit dans une famille qui n'a pas de revenu du travail.