Photo Solidaire

Anvers :: « Il y a un courant social »

auteur: 

Dirk Tuypens

Nous gagnons et, en même temps, nous perdons. C’est ce double sentiment qui domine durant la soirée des résultats électoraux du PTB à Anvers, à la Zuiderpershuis. De la joie pour les sièges remportés en Wallonie et à Bruxelles ; de la déception parce que Peter Mertens ne siègera finalement pas, malgré une très belle progression et à peu de pourcentage près, au Parlement fédéral. Mais une chose est certaine : le PTB est constitué de gens qui ne renoncent jamais.

Vers dix-neuf heures quart, Peter Mertens, président du PTB, conseiller communal à Anvers et tête de liste pour le fédéral, monte sur la scène. Il est accueilli par un tonnerre d’applaudissements. Un accueil plus que chaleureux pour un président qui, ces derniers mois, a donné sans compter le meilleur de lui-même.

C’est visiblement le regret au cœur que Peter Mertens annonce : « Finalement, nous n’y sommes pas arrivés, et c’est sacrément dommage. » Mais pas question d’être découragé pour autant : « A Liège et dans le Hainaut, nous avons réussi à envoyer le PTB-go! au Parlement fédéral. Et Raoul Hedebouw y parlera la langue de l’ensemble de la classe des travailleurs. Pour nous, c’est l’intérêt social qui prime, l’intérêt social de chacun dans ce pays. »

Peter Mertens souligne que le PTB est – malheureusement après la N-VA – le parti qui enregistre la plus forte progression. Et ce grâce aux innombrables bénévoles qui, jour après jour, ont ramé à contre-courant pour faire entendre une autre voix, qui continuent à penser que le véritable courant de fond dans ce pays est social.

Une progression continue

Les centaines de membres, militants et sympathisants présents partagent visiblement le sentiment de Peter Mertens : « La déception d’aujourd’hui sera demain celle d’hier. » Et c’est avec enthousiasme qu’ils chantent, à pleine voix et le poing levé, L’Internationale.

« J’ai déjà reçu pas mal de SMS d’autres jeunes de Comac, témoigne Yorick, membre du mouvement de jeunes du PTB. Tous disent que, maintenant, il faut absolument continuer à lutter, et ne surtout pas baisser les bras. » Yorick est lui-même entièrement de cet avis : « Nous avons convaincu tant de gens. Cela veut dire que nous ne pouvons que progresser. »

« La Flandre est vraiment fermée à ce qui se passe ailleurs, observe Erik, délégué syndical. En Wallonie, la culture des médias est différente. On y laisse aussi la parole aux plus petits, ce qui leur donne une possibilité de grandir. Ici, en Flandre, on continue à exclure les plus petits partis d’une manière antidémocratique. » Erik exprime ainsi le sentiment de nombreuses autres personnes. Dans des moments comme ceux-ci, chacun se rappelle que le PTB n’a pas été repris dans le test électoral. Si le PTB y avait figuré, le parti aurait sans aucun doute obtenu le nombre minime de voix qui lui manquent pour décrocher un siège pour la Flandre.

Un talent plus que prometteur

Plus tard dans la soirée, Jos D’Haese monte sur la scène. Il est visiblement affecté mais, pour le public présent, il n’a plus rien à prouver. Il est indéniablement un talent politique plus que prometteur. Dans plusieurs débats, il a désarçonné plus d’un adversaire. Pas de doute, le tout jeune Jos D’Haese va faire son chemin en politique. Mais, pour l’instant, il va se consacrer à ses études de médecine pour pouvoir ensuite exercer à Médecine pour le Peuple.

Applaudissements et ovation pour Peter Mertens et Jos D’Haese, chacun remerciés d’un bouquet de fleurs. Il n’y a que sur un seul point que l’assistance donne tort à Peter Mertens ce soir : la déception d’aujourd’hui n’a pas attendu demain pour s’évaporer. Demain, la lutte pour un avenir social reprend de plus belle, renforcée par la victoire d’aujourd’hui.