Photo Solidaire, Salim Hellalet

Assurance autonomie : le PTB conteste la taxe forfaitaire de 36 euros pour tous les Wallons

La baisse de cotisation prévue pour l’assurance autonomie est une bonne nouvelle pour les Wallons, mais le PTB reste fondamentalement en désaccord avec cette mesure.

« Ce n’est pas juste de demander 36 euros de cotisation à un travailleur qui gagne 1 500 euros par mois et de demander le même montant à un ministre qui en gagne 10 000 », s’insurge le député wallon du PTB, Frédéric Gillot. « Nous l’avons plusieurs fois mentionné au Parlement, mais nous sommes face à un gouvernement de sourds. » 

Mais l’opposition du PTB à cette mesure va plus loin. « C’est un changement fondamental des règles du jeu. L’aide pour sauvegarder l’autonomie des personnes âgées ou accidentées est maintenant accordée en fonction des besoins », explique le député. « Elle n’est pas totalement gratuite, mais les coûts s’adaptent aux revenus et des arrangements sont possibles pour les personnes ne disposant pas de moyens. Avec cette cotisation forfaitaire, on change tout. On passe d’un système qui a la solidarité collective pour principe de base à un système assurantiel forfaitaire et individuel. En effet, si vous ne payez pas ces 36 euros, vous ne pouvez pas bénéficier des services prévus. Pire, en cas de non-paiement, vous pouvez vous retrouver avec des amendes administratives sur le dos. En bref, on est en train de mettre en place un système qui au lieu d’aider les personnes les plus en difficulté ne fera que les enfoncer un peu plus. »

« Ce n’est pas de la fiction » explique Germain Mugemangango, porte-parole francophone du PTB « En 2009, en Flandre, la ‘Vlaams Zorgfond’ a lancé une opération de recouvrement et les amendes de 250 euros on commencé à pleuvoir sur leurs affiliés. Soit l’équivalent de 10 ans de cette assurance dépendance qui prévoyait le paiement d’une cotisation de 25 euros par an et par personne de plus de 25 ans. Si dans le courant de votre vie, vous sautez 3 paiements ou si vous payez tardivement. Boum ! 250 euros ! Pour l’année 2009, on parle tout de même de 42 000 mises en demeure envoyées. »

Le parti de gauche reconnaît bien sûr la nécessité de trouver une solution pour financer les nouveaux besoins liés notamment au vieillissement de la population « C’est tout à fait vrai, une solution est nécessaire mais nous posons plusieurs questions dans ce débat » poursuit Germain Mugemangango. « Pourquoi les partis traditionnels ne remettent-ils pas en question la régionalisation des dépenses de santé ? C’est cette régionalisation qu’ils ont votée qui affaiblit encore un peu plus notre capacité financière à répondre aux besoins. On hérite des compétences, mais seulement d’une partie du financement. »

Une autre question est celle de l’élargissement du socle financier de la sécurité sociale. « Les travailleurs financent déjà une série de besoins à travers leurs cotisations sociales et à travers une série de suppléments souvent payés à leur mutuelle » avance le porte-parole du PTB. « Il reste à refinancer la sécurité sociale via une meilleure répartition des richesses et en supprimant les mécanismes qui définancent notre sécu et qui bénéficient aux multinationales. Si on ne fait pas ça, nous voilà partis dans une spirale qui aboutira toujours à de nouvelles taxes pour nos citoyens. » 

« De notre point de vue, conclut Frédéric Gillot, cette assurance autonomie est une des multiples mesures budgétaires qui vise à faire payer au citoyen ce qu’il paie déjà par ailleurs. Et ce, dans le cadre d’une régionalisation qui n’est rien d’autre qu’une mesure d’austérité qui ne dit pas son nom. Et ce ne sera probablement pas la dernière mauvaise idée de ce gouvernement dans ce domaine. »