Bientôt un million de Belges sous le niveau de la mer ?

Aujourd’hui, la Terre s’est déjà réchauffée d’un degré depuis le début de l’ère industrielle. Si nous n’inversons pas cette évolution, un million de Belges devraient bientôt déménager. Tout comme des dizaines de millions de gens dans le Sud de la planète. Les 10.000 Belges qui manifesteront pour le climat fin novembre savent bien pourquoi ils seront présents dans les rues de Paris.

Même un réchauffement de la Terre limité à deux degrés n’empêcherait pas qu’une partie de notre pays actuellement habitée par plus d’un million de Belges soit recouverte par les eaux. C’est ce que vient de révéler le rapport de l’organisation Climate Central. Des villes côtières comme Ostende et Knokke-Heist seraient englouties. Les eaux recouvriraint également d’autres agglomérations urbaines plus à l’intérieur des terres, comme Termonde et Malines. Au-delà de ce rapport, le GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), plaide depuis des années pour prendre des mesures drastiques. Nous avons interrogé à Jos D’Haese, un des responsables au PTB de la mobilisation pour la marche du climat à Paris.

Le PTB plaide pour que l’on fixe la limite critique du réchauffement de la Terre à 1,5° Celsius. Pourquoi ?

Il ne s’agit pas d’une discussion sur des chiffres, il s’agit de la possibilité de vivre sur notre planète.

Jos D’Haese. Oui, et même de préférence à 1° Celsius. En effet, une hausse de la température de deux degrés entraîne déjà des mécanismes irréversibles. La montée du niveau de la mer, par exemple. C’est pourquoi, comme de nombreux scientifiques et la Confédération syndical internationale (CSI), nous plaidons pour fixer la limite maximale à 1,5° C. Ici, il ne s’agit pas d’une discussion sur des chiffres, il s’agit de la possibilité de vivre sur notre planète. Selon le GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), c’est faisable à condition de prendre des mesures drastiques. Nous disons donc qu’il faut « changer maintenant, avent que le climat change tout », pour reprendre les mots de Naomi Klein.

D’après les dernières données, la Terre s’est déjà réchauffée de plus d’un degré depuis la révolution industrielle. Le risque de sécheresses et de vagues de chaleur et le risque d’augmentation du nombre de violents orages – et, donc, d’inondations – ont déjà fortement crû. Nous devons maintenant vraiment passer à l’action, sans quoi notre planète deviendra invivable dans l’avenir.

Que pensez-vous de la politique climatique de la Belgique ?

Jos D’Haese. Ce gouvernement de droite a réussi à faire du débat sur le climat une chamaillerie communautaire. Les quatre ministres compétents en matière de climat ne sortent pas de ça. Nous n’avons toujours pas d’accord climatique parce que le gouvernement flamand affirme que la Flandre devrait payer trop. C’est une vision tout à fait cloisonnée et sans la moindre ambition. Comme si le réchauffement de la Terre s’arrêtait à la frontière linguistique !

En Europe occidentale, nous avons les moyens pour construire des digues mais, dans le Sud, les conséquences seraient catastrophiques.

Nous plaidons pour un seul ministre du climat en Belgique, et qui passe à l’action. Au sommet de Paris, la Belgique devrait jouer un rôle moteur et plaider pour des objectifs ambitieux, mais au lieu de cela, nous sommes en queue du peloton en figurant parmi les quelques pays qui n’ont toujours pas  le moindre accord climatique. Et puis, pensez-vous que notre gouvernement va inspirer d’autres pays par sa politique d’austérité dans les transports publics ?

Selon les prévisions, ce sont les pays du tiers monde qui seront les premières victimes.

Jos D’Haese. Avec une hausse de la température de 2° Celsius, des zones où vivent 280 millions de personnes disparaîtraient sous le niveau de la mer. En Europe occidentale, nous avons encore les moyens et la technologie pour construire des digues mais, dans le Sud, les conséquences du réchauffement climatique seraient absolument catastrophiques.

Les cartes publiées dans le journal français L’Humanité montrent que presque toute l’Afrique noire n’est absolument pas préparée à cette évolution des choses. Déjà actuellement, ces pays sont victimes d’un changement climatique dont l’Occident est en premier lieu responsable. C’est surtout là-bas que les ouragans et les sécheresses affectent extrêmement les conditions de vie. Un financement est certes prévu pour cela au plan international via un Fonds vert pour le climat, mais les engagements ne sont pas concrets.

Carte L'Humanité (2015)?

• Pour vous inscrire pour le Climate Express le 29 novembre pour Paris : www.climate-express.be
• Infos sur « Red is the new green », la campagne du PTB pour le climat : www.redisthenewgreen.be.