Photo : Vincentia Yudithasari/Flickr

Blokker licencie après avoir largement profité d'emplois et stages subsidiés jusqu'à 75%

auteur: 

Dirk De Block

Blokker a profité de toutes sortes d’avantages, notamment de stages et emplois subsidiés jusqu'à 75 %. Elle compte maintenant fermer 69 magasins, entraînant la suppression de 302 emplois. Pour le PTB, le gouvernement bruxellois doit réclamer le remboursement des subsides et des autres aides à l'emploi perçues ces dernières années.

À l’annonce de la décision de Blokker, le député bruxellois du PTB, Youssef Handichi, s’est immédiatement rendu sur le terrain pour rencontrer le personnel concerné : « Je voulais vraiment avoir leur avis. À Bruxelles, 7 magasins fermeront. Pour les travailleurs, c'est d’abord la confusion, le choc et l'incertitude. Mais ils m’ont aussi parlé des conditions de travail. Et c'est choquant. »

Des « stagiaires » lourdement subsidiés...

Nadia (nom d'emprunt), employée, confie : « Dans notre magasin, on est dix travailleurs ‘fixes’. Mais nous n'avons qu'un contrat à durée indéterminée de 12 heures. Les heures que nous prestons en plus sont des annexes à notre contrat qui changent chaque mois, parfois 8 heures, parfois 10 heures ... Nous avons tout le temps des jeunes en stage d'Actiris (le service de chômage en région bruxelloise). Ils reçoivent 200 euros de salaire de Blokker et 600 euros d'Actiris. Pour Blokker, ce sont des travailleurs très bon marché. Ils ont un contrat de 3 mois, qui sera éventuellement prolongé pour 3 mois. Blokker promet toujours un contrat indéterminé, mais cela n’arrive jamais. »

Blokker organise donc un véritable « carrousel » et engage « stagiaire » sur « stagiaire ».

Ce témoignage fait réagir Youssef Handichi : « Le gouvernement bruxellois fanfaronne avec sa garantie-jeunes et ces fameux stages ‘First’. C'est soi-disant une formation, une manière de mettre le pied à l'étrier, une aide pour acquérir une première expérience professionnelle. Mais l'exemple de Blokker montre que c'est avant tout un cadeau aux employeurs, sans aucune perspective d'emploi stable pour nos jeunes. » La description du poste de stage indique d’ailleurs « Vendeur en articles ménagers et d'habitation » comme pour le reste du personnel. « Bref, ce sont plutôt des simples emplois subsidiés à 75 %. On nous dit que ces jeunes ont une grande chance de décrocher un contrat, mais la réalité est que Blokker organise un véritable carrousel et engage stagiaire sur stagiaire », poursuit le député du PTB.

On pourrait même s'interroger si des emplois fixes ne sont pas remplacés par ces « stages » subsidiés par la collectivité. D’autant que Blokker utilisait aussi la formule bien subsidiée des « Formations professionnelles individuelles ».

Licenciement collectif ? Rembourser les aides et subsides !

À la prochaine séance plénière du Parlement bruxellois, vendredi 17 février, le PTB compte donc interpeller le ministre de l'Emploi et de l'Économie, Didier Gosuin (Défi). Youssef Handichi : « Nous demandons que toute la lumière soit faite. Combien de « stagiaires » ont travaillé dans les magasins de Blokker, avec le mécanisme de la Garantie-Jeunes ? Quels montants ont été dépensés par les offices régionaux publics de l'emploi (Actiris, VDAB, Forem), par l'ONEM, ou par les CPAS et qui ont permis à Blokker de bénéficier d'emplois très largement subsidiés ?

Le PTB a toujours dénoncé ces stages comme étant des cadeaux aux employeurs. Le PTB a plusieurs fois demandé que les « stagiaires » soient rémunérés comme les autres employés, suivant les barèmes de la convention collective de leur secteur. Youssef Handichi : « Il n'est pas question de laisser Blokker supprimer 300 emplois après avoir profité d’emplois subsidiés avec notre argent. Si une entreprise décide d'un licenciement collectif après avoir bénéficié de tant d'aides publiques, elle doit rembourser ces subsides ! » conclut le député bruxellois du PTB.