Raoul Hedebouw est présent aux côtés des travailleurs de Caterpillar, de même que le député fédéral Marco Van Hees et le député wallon et ancien d'Arcelor Mittal Frédéric Gillot. (Photo Solidaire)

Caterpillar : « Le problème n’est pas le coût du travail mais le coût du capital »

Ce vendredi 2 septembre, Caterpillar a annoncé la fermeture du site de Gosselies (Charleroi). 2 200 emplois sont menacés. « Caterpillar, c’est une des plus grandes multinationales au monde, c’est 1,4 milliard d’euros de dividendes », dénonce Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Le PTB soutient la résistance des travailleurs pour la sauvegarde de l’emploi.

« La fermeture annoncée de Caterpillar à Gosselies est inacceptable, réagit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. 2 200 emplois sont menacés, 2 200 familles qui sont dans l’’angoisse. Caterpillar, c’est une des plus grandes multinationales au monde, c’est 1,4 milliard d’euros de dividendes. "Notre priorité est de maintenir nos dividendes", affirme la multinationale. Et cela signifie travailler toujours plus avec moins de travailleurs. L’an passé, Caterpillar a encore augmenté son dividende de 10 %, pour la 22e année consécutive.

Le PTB soutient la résistance des travailleurs pour la sauvegarde de l’emploi. Les travailleurs de Gosselies ont accepté beaucoup de choses pour préserver cette boîte, et c’est comme ça qu’ils sont remerciés ? L’hémorragie a assez duré. À Caterpillar, le problème n’est pas le coût du travail mais le coût du capital (ces dividendes exorbitants qui quittent l’entreprise pour les actionnaires), qui fait passer le profit à tout prix avant les gens. Il est clair que la politique de dizaines de millions de cadeaux fiscaux et de subsides sans retour ne permettent pas de garantir l’emploi. »

Caterpillar a profité des intérêts notionnels à concurrence d’un montant de 61 millions

« Cette entreprise a profité de tous les avantages fiscaux offerts par ce pays aux multinationales, s’insurge Germain Mugemangago, président du PTB Charleroi. Elle a été une des premières à profiter des centres de coordinations dès les années 1980. Cette entreprise dispose d’un bénéfice cumulé de 201 millions d’euros au niveau belge. Elle a été encore bénéficiaire en 2015. Sur ces bénéfices cumulés, elle a profité des intérêts notionnels à concurrence d’un montant de 61 millions d’euros. »

« Dans les années 1980, le groupe Caterpillar a construit une société, Caterpillar Group Service, pour faire profiter tout le groupe du régime belge des centres de coordination, puis des intérêts notionnels. En 2015, sur un bénéfice de 4 millions d’euros, cette société a payé 190 000 euros d’impôt, soit un taux de 4,6 %. On est donc face à une entreprise, bénéficiaire et sérieusement aidée par la fiscalité belge, qui décide de s’en aller pour simplement augmenter encore sa rentabilité. »

Actionnaire de Caterpillar, Bill Gates a reçu 30 millions de dollars de dividendes

« Au niveau de sa comptabilité mondiale, on peut constater qu’il y a une baisse du chiffre d’affaire de Caterpillar due à la crise, et donc de la production, mais en même temps une hausse continue des dividendes payés aux actionnaires, explique Germain Mugemangango. C’est ainsi qu’en 2014, cette multinationale a versé 1,4 milliard de dollars à ses actionnaires, pour annoncer ensuite le licenciement de 10 000 personnes dans le monde d’ici 2018. Bill Gates, un des actionnaires de Caterpillar, a par exemple reçu 30 millions de dollars de dividendes. D’un côté, on licencie et, de l’autre, on engraisse les millionnaires. »

Pour le maintien de tous les emplois, contre la fermeture de Gosselies

« Nous serons évidemment aux côtés des travailleurs et de leurs familles dans le combat social qui s’annonce. Et nous appelons à la solidarité du monde du travail dans toute la Belgique et en Europe. La fermeture de Caterpillar signifierait un drame pour plus de 2 200 familles mais aussi une menace pour les milliers d’emplois qui dépendent du site de Gosselies », concluent Germain Mugemangango et Raoul Hedebouw.

 

Partagez ce visuel sur Facebook


 

Lire aussi l'appel de solidarité du groupe parlementaire européen GUE/NLG, dont le PTB fait partie.