Photo Solidaire, Sophie Lerouge

Caterpillar : « Nous n’acceptons pas la décision de la multinationale de fermer le site »

auteur: 

Axel Bernard

10 000 personnes venues des quatre coins du pays, et même d’ailleurs, ont manifesté en soutien aux travailleurs de Caterpillar et de ses sous-traitants à Charleroi ce matin. Une première action de colère contre ces multinationales qui licencient alors que leurs actionnaires empochent des millions de dividendes.

Le 2 septembre, la direction assommait les travailleurs de Caterpillar Gosselies en annonçant la fermeture du site. Mais deux semaines plus tard, ces derniers, ainsi que des milliers d’autres citoyens, montraient que la résignation ne les avait pas gagné. A l’appel du front commun syndical, ils ont marché dans la cité du Pays noir pour dire leur colère contre les actionnaires qui se versent des dividendes et contre les dirigeants politiques qui octroient des cadeaux à ces mêmes entreprises. « Non à la fermeture, oui à l’emploi », tel était le mot-d’ordre de cette manifestation du monde du travail digne, debout et solidaire. La marche a été chaleureusement applaudie, par des écoliers ou des citoyens perchés aux fenêtres de leur maison.

Photo Solidaire, Sophie Lerouge

Une délégation du PTB emmené par son président, Peter Mertens, a compté des dizaines de militants. « Aujourd’hui, je retiens la chaleur de la solidarité, la révolte contre l’arrogance des multinationales et la politique du gouvernement », selon le vice-président, David Pestieau.

Photo Solidaire, Sophie Lerouge

Au nom du front commun syndical, Antonio Cocciolo, président des Métallos FGTB Hainaut Namur, a pris la parole sur le coup de midi, à la fin de la manifestation : « Nous ne sommes pas résignés. Nous allons lutter car nous n’acceptons pas la décision de la multinationale de fermer le site. Nous devons tout faire pour coincer ces patrons de multinationales. Sinon, elles feront de notre pays un désert social. Nous espérons que les déclarations politiques de ces derniers jours n’étaient pas que des mots et se traduiront dans la réalité. Les travailleurs n’accepteraient pas d’être une nouvelle fois trahis. » Marie-Hélène Ska – secrétaire générale de la CSC – a elle aussi souligné à quel point la marche de Charleroi était « une manifestation contre la résignation ». Comme son collègue de la FGTB, elle a lancé un appel à mobiliser largement le 29 septembre (manifestation nationale en front commun syndical à Bruxelles) contre la politique du gouvernement.

« Nous devons tous faire face à des fermetures et des pertes d’emplois »

La solidarité est venue des quatre coins du pays, avec des délégations d’Audi, Techspace Aero, Aperam, Delhaize, Sodexo, SNCB, Belfius, Euroclear ... mais aussi de nombreuses de Flandre : Ivonik, BASF, Monsanto, Van Hool, VRT, ... Pieter Holsters de la CSC Anvers : « Wallons, Flamands et Bruxellois, nous devons tous faire face à des fermetures et des pertes d’emplois. Douwe Egberts, Axa, P&V… C’est pourquoi nous sommes venus ici en solidarité. Nous devons résister contre les multinationales, qui ont de plus en plus de pouvoir, plus encore que les pays et les gouvernements. »

La Centrale générale de la FGTB Anvers (Photo Solidaire, Sophie Lerouge)

Outre les travailleurs de Belgique, certains avaient fait plus de 800 km pour manifester : les travailleurs de Caterpillar Grenoble. Comme Marco, de la CGT Caterpillar Grenoble : « On a fait plus de 800 km. On a dit que la fermeture du site de nos collègues de Gosselies allait se faire en notre faveur. C’est faux. On sait que nous sommes en sursis. On a fait grève hier en solidarité avec nos collègues belges. Et, comme chez vous, on se bat plus largement contre une loi sur le travail qui apporte de l’insécurité aux travailleurs. On est tous dans le même bateau, autant ramer tous dans la même direction. »

Photo Solidaire, Jonathan Lefèvre

Parole aux manifestants

Alain, à droite. (Photo Solidaire, Jonathan Lefèvre)

Alain, GSK

« On travaille aussi pour une multinationale, ça peut aussi nous arriver. On est là par solidarité avec nos collègues de Caterpillar mais aussi pour montrer notre colère face au principe de ces entreprises qui font des bénéfices mais qui licencie des milliers de travailleurs ! »

Photo Solidaire, Jonathan Lefèvre

Olivier, Delhaize

« Nous avons aussi été concernés par un plan de restructurations. Le combat aujourd’hui est plus large. Je sais ce que ça fait pour les familles qui se retrouvent à la rue. »

La délégation d'Aperam (Photo Solidaire, Jonathan Lefèvre)

Alli, Aperam

« Quand on touche Caterpillar, on touche l’ensemble du monde du travail de Belgique. La situation est dramatique mais on sait pourquoi. Alors que les travailleurs donnent tout ce qu’ils ont, on les licencie pour permettre aux actionnaires de se faire encore plus de dividendes. Aujourd’hui, c’est Caterpillar. Et demain ? »

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Sandra, Audi Forest

« On a connu la restructuration de VW qui a donné Audi. A l’époque, les travailleurs de Caterpillar sont venus nous soutenir. Il est temps de dire qu’il faut un changement dans les gouvernements qui octroient des cadeaux fiscaux aux multinationales. On nous a dit que ça maintenait l’emploi. La preuve que non ! »

Photo Solidaire, Jonathan Lefèvre

Sabine, Sodexo

« On a perdu notre emploi en même temps que Caterpillar puisqu’on travaillait pour elle. Mais on ne va pas se laisser abattre ! La seule solution est de se battre, de manifester. Rendez-vous le 29 à Bruxelles ! »

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Sergio, technicien polyvalent Caterpillar

« On est en colère et ça ne va pas s’estomper de sitôt. On est parti pour un marathon. Les actionnaires sont en train de couper la branche sur laquelle ils sont assis. Ils vont s’en mordre les doigts. Ici, on a du personnel extrêmement qualifié. Les travailleurs produisent la richesse, les actionnaires empochent. Mais quand il n’y aura plus de travailleurs, il n’y aura plus rien à se partager… »

Photo Solidaire, Sophie Lerouge

Tony Trimborg, délégué à Caterpillar Grimbergen (Métallos flamands)

« Nous sommes ici pour soutenir nos collègues de Gosselies. Nous de Caterpillar Grimbergen, nous ne sommes pas rassurés non plus. Nous ne savons rien sur des pertes d’emplois chez nous. Nous devons encore plus agir contre ce type de fermeture. Le gouvernement n’a rien appris de Renault, de Ford... Rien n’a changé. Et puis, es multinationales devraient payé plus d’impôts sur leurs bénéfices. Maintenant, elles n’en paient pas d’impôts et elles partent quand même. »

 

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Commentaires

D'APRÈS le fameux Job Job Job les travailleurs ne devait plus s'inquiéter de rien, l'emploie était en pleine montée ! Mais je me rends compte que ce gouvernement et justes une illusion, de belles promesses pour endormir là populations et les travailleurs ! Part contre s'attaquer au plus faibles et allocataires sociaux, là ils sont lès champions et pour faire des cadeaux aux multinationales encore plus, c'est le Top !! Camarades les libéraux n'ont jamais était pour les travailleurs, et ne les ont jamais défendus ! Part contre pour les nantis c'est le parti rêvé !
comme vous dite job job job oui oui, mais avec les entreprises ferme les une après les autres , et de plus avec les entreprises qui reste engage des étranger au lieu des belges , de plus se com de michel et cie qui noue enlève nos droit sociaux , santé , chomage etc etc , il se rend pas contre que l on vas vers une révolte et on vas droit dans le mur , mais que faut t il pour que les gens comprenne qui et temps de réagir , et dire STOP de plus les syndicas que font t il eux jusque a présent ben rien il se laisse faire par de belle parole , et de la poudre au yeux voila