Photo Solidaire, Karina Brys

Cinq raisons pour lesquelles les postiers rejettent le plan de la direction

auteur: 

Simon De Beer

Les propositions de la direction de bpost ont été discutées aujourd’hui dans les instances syndicales. « Nous avons reçu un avis négatif unanime », a résumé la CSC. De son côté, la CGSP estime les propositions « insuffisantes » et demande « la réunion du front commun dans les plus brefs délais ». Retour sur cinq des raisons pour lesquelles les postiers rejettent le plan de la direction.

1. Aucune garantie que la prime de 900 euros sera maintenue et aucune mesure concrète pour revaloriser les salaires 

Un postier auxiliaire gagne entre 1 200 et 1 600 euros nets par mois, sans augmentation liée à l’ancienneté. Un salaire totalement ridicule en comparaison de la pénibilité du travail. Or, toutes les discussions sur les salaires et la prime sont reportées... à de futures négociations en vue de la prochaine Convention collective de travail (CCT). Une façon d’évacuer le débat, alors que les postiers veulent des garanties aujourd’hui.

2. Seulement 100 vrais nouveaux emplois

Sur les 1 000 emplois promis par bpost, seulement 100 sont des CDI visant à renforcer les bureaux de distribution. Le reste, ce sont des renforts temporaires pour la période des fêtes. Une mesure totalement insuffisante pour faire face à la pression au travail sur la durée. Postier est un métier pénible toute l’année, pas seulement au moment des fêtes.

3. Géoroute remplacé par… Géoroute ? 

Bpost déclare vouloir en finir avec Géoroute, ce logiciel qui calcule automatiquement les tournées des facteurs et génère une pression énorme au travail. Or, il n’y a aucune information sur l’outil censé remplacer Géoroute. Autrement dit, on risque fort de se retrouver avec un simple rhabillage du logiciel, sans aucun changement réel. De la poudre aux yeux qui passe mal pour des facteurs qui travaillent parfois 2 à 3 heures gratuitement chaque jour pour arriver au bout de leurs tournées.

4. Licencié sans indemnité si les objectifs ne sont pas atteints

Dans les bureaux de poste, bpost promet de changer les CDD en CDI. Sauf que, ces CDI sont accompagnés d’une close. Celle-ci stipule que ceux qui n’atteindront pas les objectifs de rentabilité fixés par l’entreprise pourront être licenciés pour faute grave, c’est-à-dire sans indemnités. Des CDI encore pire que des CDD, voici ce que propose bpost.

5. Cleaning, catering et call centers : aucune garantie pour l’avenir 

Cela fait des mois que les travailleurs du cleaning, du catering et des call centers attendent des informations sur leur avenir. Les services de cleaning et de catering devaient être externalisés. Le personnel des call centers devait être réduit d’un tiers. Or, bpost ne donne aucune précision sur le futur de ces services. Un signe de mépris total pour ces gens qui se sont usés au travail pendant des années, et qui attendent des réponses depuis des mois quant à leur avenir.

Ce ne sont ici que cinq des raisons qui font que les postiers rejettent très largement le plan de la direction. Des postiers que nous avons eu l'occasion de rencontrer aux piquets, qui sont fiers de leur métier et qui veulent dessiner un tout autre avenir à la Poste que celui proposé par la direction. De postiers qui se battent pour une vraie Poste publique, respectueuse des travailleurs, au service des gens et non du profit.