Claire, qui suit une chimiothérapie, devra-t-elle reprendre le travail alors que son état de santé est « fluctuant » ?

Une nouvelle étude du service d’études du PTB révèle comment le gouvernement Michel – De Wever va sanctionner lourdement les travailleurs malades en les rendant plus malades encore, en violant le secret médical et les droits des patients et en plongeant les travailleurs malades et leurs familles sous le seuil de pauvreté. Voici l'histoire de Claire.

Claire a 51 ans et est atteinte d'un cancer su sein. Après l'opération, elle subit une chimio et, ensuite, une radiothérapie. La chimio consiste en deux séries de séances : une légère, une semaine sur deux pendant les 12 premières semaines, puis une lourde de quatre séances, une semaine sur deux aussi. Vient ensuite une série de séances de rayons pendant 5 semaines.

Après l'opération, Claire est très fatiguée en permanence, et cette fatigue perdure en raison de la chimio et des rayons. Elle a été opérée fin janvier. Mi-juillet, les thérapies complémentaires sont terminées. Elle a encore besoin de deux mois pour récupérer physiquement et, surtout psychiquement. Mi-septembre, elle devrait essayer de reprendre le travail à mi-temps. Son boulot consiste en du travail administratif.

Qu'adviendrait-il du cas de Claire en cas d'application de l'AR De Block ?

Au plus tard après deux mois, le médecin conseil fait savoir à Claire qu'on lui prépare un plan de réintégration. Au bout de trois mois, Claire doit se rendre à l'examen médical chez le médecin conseil. Celui-ci doit évaluer la capacité restante au travail – du travail administratif dans le cas présent. En vertu de l'AR et de la législation AMI, Claire devrait déjà reprendre son travail à temps partiel, alors qu'elle subit toujours une chimio ou des rayons. Le concept d'« état de santé fluctuant » est en effet désormais également d'application dans ce cas.

Quand j'interroge Claire : « Que penseriez-vous si, au bout de deux ou trois mois, on vous demandait de reprendre le travail à temps partiel, alors que vous êtes toujours en thérapie ? »

Claire me répond : « J'ai bien surmonté cette chimio et ces rayons. J'ai certes eu des nausées les lendemains, mais elles ont passé. Peut-être que physiquement, ça irait encore, me retrouver assise à mon bureau, bien qu'il ne faille jamais sous-estimer la fatigue. Mais, psychiquement, je ne pourrais absolument pas tenir le coup. On est entièrement accaparé par ce cancer et ce traitement. On n'arrive pas à penser à autre chose. Pourtant, en oncologie, j'étais une exception parce que je supportais bien les perfusions. La plupart des patients que j'ai rencontrés là avaient beaucoup plus de problèmes de nausées et de fatigue extrême. »

Dans de telles situations, exercer la moindre pression sur ces patients pour qu'ils reprennent le travail n'est absolument pas à faire. Pourtant, avec ses délais contraignants et ses sanctions, l'AR De Block a bel et bien été conçu dans ce sens.