Bruno Verlaeckt, au centre. (Photo Solidaire, Karina Brys)

Condamnation d’un syndicaliste pour un piquet de grève : « Nous ne voulons pas d'une société du " oui, patron " »

Bruno Verlaeckt, le président du FGTB d'Anvers, a été reconnu coupable ce vendredi 29 juin pour "entrave méchante à la circulation" dans le cadre d'un piquet de grève lors d'une grève générale en 2016. C'est inacceptable. Cette condamnation constitue une menace pour les syndicats et pour toutes les organisations d'action collective. Sur cette base, même une action de parents et d'enfants devant la porte de l'école pour un air plus propre pourrait conduire à une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 10 ans.

Le fait qu'un dirigeant syndical doit comparaître devant un tribunal correctionnel est une question très sérieuse en soi. Le jugement dont il est question aujourd’hui fait primer le droit pénal sur le droit de grève, bien que celui-ci soit un droit fondamental. Lorsque l'article 406 - entrave grave à la circulation - a été introduit, sur lequel reposait la condamnation, il a été explicitement indiqué à l'époque qu'il n'était pas destiné à être utilisé contre des actions sociales. C'est pourtanten train de se produire, et c'est un précédent très dangereux. 

Comdamnation du droit à l'action collective

Il s’agit d’une condamnation de principe du droit à l’action collective. La condamnation signifie qu'à partir de maintenant, toute action, jusqu'à et y compris un rassemblement de parents et d'enfants devant la porte de l'école pour un air plus propre, peut être condamnée (jusqu'à 10 ans d'emprisonnement). 
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte d'attaques contre les droits démocratiques. Le lendemain de la première application du service minimum de la SNCB, la semaine après que les gardiens de prison sont menacés de convocation obligatoire, la semaine où Charles Michel veut remettre le gentlemen's agreement du Groupe des 10 sur la table, un dirigeant syndical est condamné.
Peter Mertens, président du PTB, réagit : « Ils condamnent les dirigeants syndicaux pour avoir exercé leur droit de grève. Ils menacent les recteurs d'université. Ils intimident et même arrêtent des journalistes (comme récemment au centre fermé de Steenokkerzeel). Ils n'ont même plus honte de plaider ouvertement pour "contourner" les Droits de l'homme. Et demain ? Nous ne voulons pas que nos enfants grandissent dans une société sans droits fondamentaux, dans une société muselée où l’on ne peut plus que dire "Oui, patron" ou "Oui, monsieur l’Empereur". La condamnation du président du FGTB d'Anvers Bruno Verlaeckt est une véritable honte et un danger pour quiconque veut à l’avenir pouvoir mener une action ou faire entendre son opposition. Le 21e siècle doit être le siècle des Droits de l'homme, pas celui de la montée de nouveaux Napoléon et autres Césars qui ne rêvent que d'une oligarchie sans contre-pouvoir. »

Les droits sociaux et démocratiques se renforcent mutuellement

Pour le PTB, ces restrictions du droit de grève et de la liberté d'action sont inacceptables. Ils montrent la vision autoritaire de la société que le gouvernement veut nous imposer. Une société dans laquelle la voix du peuple est bâillonnée et celle de l’élite est représentée dans les cabinets ministériels. Les droits sociaux et démocratiques ont été acquis ensemble. La journée de travail de 8 heures va de pair avec le droit de grève. Les congés payés vont de pair avec les droits syndicaux. L'un n'existe pas sans l'autre. Les droits sociaux et démocratiques se renforcent mutuellement. Le PTB continuera à travailler sur ces fronts. Pour nos pensions, pour notre droit à l'action collective et pour l'acquittement complet de Bruno Verlaeckt.

 

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Commentaires

ne pas ceder aux patron , s et pas lui qui fait le boulot s et vous , lui il ne fait que vous donner des ordres , s et vous de dire mon , la gréve un droit on et pas obliger de se soumettre aux patron , si le patron veut allez se jetter aux canal , s et son problème pas le votre , alors dite au patron le droit de gréve s et a nous pas a vous nous ne somme pas vos esclave , ni vos souffre douleur , donc repecter notre droit de gréve et vous serez rèspécter
Par la condamnation du délégué syndical c'est une attaque contre le mouvement syndical et la remise en cause du syndicalisme .... La condamnation du délégué nous condamne également