Marco Van Hees, député fédéral du PTB. (Images La Chambre)

Contrôle budgétaire : le gouvernement ne donne pas les chiffres à la presse afin… de ne pas les donner au Parlement

« Difficile pour l'heure de se montrer plus précis : les tableaux budgétaires concrétisant cet exercice seront d'abord fournis aux parlementaires », lit-on aujourd'hui dans la presse, suite au contrôle budgétaire conclu vendredi soir par le gouvernement.

Pourtant, les parlementaires ne voient rien venir. Le député fédéral PTB Marco Van Hees a demandé à Eric Van Rompuy, président de la commission Finances et Budget de la Chambre, à recevoir ces chiffres. Lequel s'est adressé à la ministre du Budget Sophie Wilmès (MR), qui lui a opposé une fin de non-recevoir : les chiffres du budget ne sont pas prêt, soutient cette dernière.

« Voilà une chose étrange, constate Marco Van Hees. Comment les membre du gouvernement peuvent-ils se mettre d'accord sur les chiffres en conseil des ministres si ces chiffres ne sont pas prêts ? De plus, la ministre refuse la demande d'un échange de vue cette semaine en commission Finances et Budget de la Chambre. Sans compter que j'ai introduit pour ce mardi une question au Premier ministre sur le même thème. Comment valablement l'aborder sans les chiffres ? Il est clair que le gouvernement joue sur les vacances de Pâques en espérant qu'après celles-ci, tout le monde aura oublié cet exercice budgétaire bâti sur du sable. »

Ce n'est pas un hasard si le powerpoint du Premier ministre ne contient pour ainsi dire aucun chiffre, ce qui est assez remarquable s'agissant d'un contrôle budgétaire.

Car que contient celui-ci, en fait (sur base des maigres éléments disponibles)?

1. D'abord, pour la plus grande part de l'exercice, une importante dose de manipulation des chiffres, dont la moindre n'est pas la énième exploitation budgétaire d'une taxe Caïman indigente dont le gouvernement a organisé volontairement l'opacité du rendement.

2. De nouveaux cadeaux fiscaux et sociaux au capital.

3. Des mesures supplémentaires d'austérité contre la fonction publique et la sécurité sociale.

4. Enfin, quelques mesurettes sociales ridiculement maigres, qui sont loin de compenser les mesures d'austérité.

« En bidouillant ainsi le budget, le gouvernement reporte à plus tard la découverte d'un nouvel approfondissement du déficit, note Marco Van Hees. Il est incroyable qu'un gouvernement qui, depuis 2014, a imposé des milliards d'austérité à la population et qui bénéficie d'une conjoncture économique internationale favorable, continue à maintenir le budget dans le rouge. Mais bien sûr, il faut payer les nombreux cadeaux au capital. »