Coup de tronçonneuse dans votre pension complémentaire

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Webteam PTB

Une nouvelle étude du PTB sort ce 1er octobre à l’occasion de la journée internationale des personnes âgées. Sous pression des sociétés d’assurance, le gouvernement envisage de modifier la garantie de rendement pour les pensions complémentaires. Les travailleurs concernés risquent gros : ils pourraient perdre jusqu’à un tiers de leur capital minimal de pension.

Télécharger l'étude en PDF.

Sept travailleurs sur dix bénéfient aujourd’hui d’une pension complémentaire qui lui permettra à sa pension d’avoir un complément à la pension légale (payé une seule fois, sous forme d’un capital, ou de manière périodique, sous forme d’une rente). Sous la pression d’Assuralia, l’Union professionnelle des entreprises d’assurances, le gouvernement Michel-De Wever veut diminuer ou supprimer la garantie de rendement sur les pensions complémentaires. Cette garantie a été instaurée pour protéger la pension complémentaire contre les aléas du marché. Le service d’études du PTB a calculé l’impact concret qu’aura une diminution de cette garantie pour les travailleurs concernés. « Une baisse de la garantie de rendement de 3,25% à 1,5% signifie à long terme une réduction du capital minimal de pension de plus d’un tiers. Pour beaucoup de travailleurs, cela aura de lourdes conséquences », explique Kim De Witte, spécialiste pensions du PTB.

L’ étude développe trois exemples concrets :

  1. Paul, 58 ans et 40 ans de service dans la chimie : Ils’est constitué depuis 30 ans des droits de pension complémentaire. Paul voulait toucher son capital de pension complémentaire dans deux ans, une fois atteint l’âge de 60 ans. Mais le gouvernement veut désormais que ce capital  ne puisse être libéré que dans cinq ans, lorsque Paul aura 63 ans. « Quand il aura 63 ans, Paul touchera un capital de pension minimal de 83 703 euros si la garantie de rendement reste inchangée. Mais, si le gouvernement diminue la garantie de rendement à 1,5 % pour toutes les années de service, le capital minimal de pension auquel Paul aura droit ne sera plus que de 51.000 euros. Soit une perte d’au moins 30.703 euros. »
  2. Karim, 35 ans, a un salaire modeste mais son employeur verse 2 400 euros par an (200 euros par mois) sur son assurance groupe. Si le gouvernement abaisse le rendement minimal à 1,5 %, le capital minimal de pension complémentaire auquel il aura droit diminuera d’au moins 59.640 euros.
  3. Marie, 25 ans, travaille depuis 5 ans comme accueillante. Son employeur et elle verse chaque moi 100 euros pour sa pension complémentaire. Si le gouvernement diminue la garantie de rendement pour les cotisations patronales et celles de salariée à 1,5 %, le capital minimal de pension que Marie se sera constitué à 65 ans diminuera d’au moins 35.568 euros.

Pour Kim De Witte, « la pension complémentaire est un salaire. De très nombreux travailleurs ont pris une assurance complémentaire vu la promesse d’un rendement minimum garanti. C’est une vraie rupture de contrat. Pour le PTB, ce taux ne peut être abaissé. »

D’autres choix sont nécessaires

«  Une plus grande sécurité en matière de pensions doit être un objectif de l’actuelle politique des pensions, tant légales que complémentaires », poursuit Kim De Witte.

Plus fondamentalement, le problème principal en Belgique, c’est que les pensions sont trop basses. En matière de pensions, l’écart avec les pays voisins est de 11 à 43%. La cause en réside dans les droits de pension et non dans le fait de travailler moins ou plus longtemps. Au lieu de renforcer les pensions légales, le gouvernement Michel-De Wever continue à les détricoter : suppression du bonus de pension (179,4 euros de pension en moins par mois pour toute personne restant active jusqu'à l'âge de 65 ans), suppression de périodes assimilées (l’interruption de carrière et certaines formes de crédit-temps), réforme de la pension de ménage, rabotage de la pension des agents de l’État et instauration du système à points qui réduira systématiquement les pensions.

« D’autres choix sont possibles et nécessaires. En Belgique, une personne âgée sur cinq vit dans la pauvreté. Et cela dans le troisième pays le plus riche du monde. Il y a assez de richesses pour financer les pensions. Ces quinze dernières années, celle-ci a encore augmenté de 40%. Des pensions plus élevées sont tout à fait payables si l’on répartit la richesse de manière plus équitable », conclut Kim De Witte.

Pour défendre une tout autre polique de pension, le PTB soutient l’appel des syndicats à manifester le 7 octobre.

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Commentaires

Lorsque les rendements d'antant étaient plus élevés que 3,25%, les assurances se retranchaient derrière la "sacro-sainte" loi qui ne leur "permettait" pas de donner plus. Maintenant que l'inverse arrive, elles estiment opportun voire nécessaire de modifier cette même loi. Opportunisme vénal quand tu nous tiens...
Surprise ! J'ai remarquė que le montant versé en septembre 2015 pour mon épargne pension avait étė débité d' 1% du montant ėpargné au 31 decembre 2014. Ils l'avaient dit, ils l'ont fait.... On vous pompe de l'argent sans m me vous envoyer un courrier expliquant cette ponction du gouvernement, comment elle est fixé, ... Ils osent vraiment tout ... TousIToutes à Bruxelles le 7 octobre, mildjou, la démocratie est en jeu !