DiverCity : l’avenir est divers et solidaire

« Nous ne sommes pas une génération perdue. Nous sommes l’avenir et nous avons beaucoup de potentiel. » Tel est le message des jeunes qui organisent DiverCity, le festival de la diversité à Anvers, une ville où la diversité ne se reflète pas du tout dans la politique menée par ses dirigeants.

« DiverCity est vraiment un festival de jeunes, explique Jos D’Haese, du mouvement de jeunes du PTB RedFox et organisateur du festival. Il est organisé par des jeunes et son public est surtout constitué de jeunes. À Anvers, la jeunesse est super diverse. Plus de la moitié des jeunes à Anvers ont des origines hors de nos frontières. Ils grandissent dans la diversité, mais cela ne se reflète pas du tout dans la politique de la Ville et dans les médias. Pour eux, c’est donc un thème important. Et ils le vivent concrètement tous les jours : à l’école, en rue… Les jeunes sont donc enthousiastes pour organiser un tel festival et y participer. »

Cela a commencé en 2015 par l’idée d’un petit festival de quartier à Anvers. Mais l’événement a suscité l’intérêt massif de milliers de jeunes, faisant immédiatement un buzz énorme sur Facebook. Anvers avait vraiment besoin d’un festival par et pour les jeunes, un festival divers prenant position contre le racisme, et qui a en fait attiré la foule. Cette année aussi, plus de deux mille personnes se sont rassemblées au Park Spoor Noord d’Anvers, lieu du festival.

Un festival pour une ville sans racisme

DiverCity est sous-titré « Festival pour une ville sans racisme ». Car à Anvers, en 2018, le racisme est encore beaucoup trop présent. « Dans notre système scolaire, il y a une très grande différence entre les élèves d’origine immigrée et les autres, souligne Jos D’Haese. Et il y a toujours beaucoup de discrimination sur le marché du logement et sur celui de l’emploi. Et nous avons en plus un bourgmestre qui n’essaie même pas de remédier à cela. Au contraire, il empire encore les choses en stigmatisant certains groupes de population. »

Tout cela fait que les jeunes Anversois attendent vraiment un festival comme DiverCity. « Avec RedFox, nous avons fait une enquête auprès de trois mille jeunes anversois, raconte Jos D’Haese. Il en est ressorti que, pour les jeunes, le racisme est le thème numéro un auquel il faut s’attaquer. A cet effet, ils ont proposé de faire des choses ensemble, comme organiser un festival. Ce n’est donc pas un hasard si le festival a tant de succès. C’est ce qu’attendent les jeunes pour s’amuser ensemble, au-delà des différences des cultures. »

DiverCity est organisé par des dizaines de jeunes aux origines très diverses : de Flandre bien sûr, mais aussi de Turquie, d’Afrique centrale, du Maroc, etc. « Ils montrent qu’on peut dépasser les seules différences et arriver ensemble à un résultat fantastique, poursuit Jos D’Haese. C’est ce qu’on peut aussi faire dans la ville. Au lieu d’élever des murs entre les différentes communautés, on peut construire des ponts. Si nous y travaillons ensemble, on peut faire de la ville un lieu bien meilleur pour chacun. »

Au programme, il y avait de jeunes artistes de tous les quartiers d’Anvers. RedFox avait appelé tous les jeunes qui font de la musique à se produire. Des dizaines d’entre eux ont répondu et ont joué des musiques très variées : certes beaucoup de rap et de hip hop, mais aussi des groupes de musique instrumentale, et même un groupe de vingt jeunes qui font de la danse africaine…

« Dimanche, nous avons eu un mix incroyablement riche sur la scène. Ce qui, d’ailleurs, n’a pas toujours rendu les choses faciles pour ceux qui s’occupaient de la technique sur la scène, rit Jos D’Haese. Mais on a bien vu la grande diversité de talents qu’il y a à Anvers. »

Mais DiverCity, ce n’est pas seulement de la musique. Les gens ont aussi pu découvrir de la cuisine de plusieurs régions du monde : éthiopienne, turque, tapas, taboulé… Sur la scène, des jeunes ont témoigné de ce que signifie le racisme et la discrimination dans leur vie quotidienne. Le PTB a aussi présenté cinq jeunes candidats pour les prochaines élections communales, qui porteront haut et fort le message de DiverCity.

Le président du PTB, Peter Mertens, a également pris la parole. Il a félicité les jeunes pour ce festival. « L'antiracisme est dans l'ADN du PTB, a-t-il souligné. La super-diversité de notre ville est une chose dont nous pouvons être fiers. C'est un énorme atout pour faire de cette ville un lieu où chacun a une place. »

 

#DeleteRacism
DiverCity ne dure qu’un seul jour, mais faire d’Anvers une ville à mesure humaine, c’est ce à quoi RedFox travaille bien sûr toute l’année.  C’est pourquoi le mouvement de jeunes du PTB a lancé la pétition « #deleteracism » pour faire d’Anvers une ville sans racisme. Concrètement, les jeunes demandent trois choses :
– des écoles avec une vraie mixité qui représentent la diversité de la ville
– l’arrêt des contrôles de police sur base de l’origine
– le droit de porter ce que l’on veut, à l’école, au travail et durant son temps libre
Vous pouvez signer la pétition ici : https://redfox.be/deleteracism
Nous voulons une ville sans racisme. Une ville où, ensemble, nous allons à l’école, nous faisons du sport, nous pouvons vivre dans la diversité. Où tout le monde a des droits égaux. Où nous ne nous laissons pas diviser, mais où nous œuvrons tous ensemble à remédier à la pauvreté et à l’inégalité.