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Élections 1 an après : John Beugnies, Mons

En octobre 2012, le PTB réalisait un score historique aux élections communales, passant de 16 à 52 élus. A Bruxelles et en Wallonie, les élus prêtaient serment il y a un an tout juste. Retour sur une année de combats dans les conseils communaux et, surtout, dans la rue. Ou comment faire de la politique autrement. « Rue-Conseil-rue », tel est le principe de base des conseillers communaux PTB. Ils se mobilisent avec les habitants de la commune (d’un quartier, d’une rue...) pour porter leurs questions, thèmes et revendications au conseil communal. Et ils reviennent ensuite vers les habitants pour communiquer les résultats, rendre compte de la situation et repartir à l’action. Petit tour d’horizon de certains élus des communes wallonnes et bruxelloises.

John Beugnies, Mons

« Personnellement, j’ai ressenti une certaine pression au début. Mais le trac avant le conseil s’atténue de plus en plus. J’ai assez vite compris qu’il s’agissait plutôt d’une pièce de théâtre où des “acteurs” s’expriment mais pour un résultat déjà connu d’avance.

       Etre élu nous permet aussi de prendre connaissance des dossiers communaux et de mieux comprendre la gestion de la Ville très bling-bling. Ce qui est le plus frappant, c’est tout cet argent dépensé pour Mons 2015 (Mons sera la capitale européenne de la Culture, NdlR). La Ville de Mons espère attirer plein de monde pour relancer le commerce dans le centre-ville, du moins s’il en reste d’ici-là...

       A Mons, c’est particulier, vu que le bourgmestre est en même temps Premier ministre. Le conseil est présidé par le bourgmestre faisant fonction, Nicolas Martin. Depuis un an, Elio Di Rupo est présent à chaque conseil mais ne dit absolument rien. Parfois, il écoute mais il est souvent plongé dans son portable. Il signe le registre de présence mais ne reste jamais jusqu’à la fin.

       Au conseil de police, j’ai été le seul à voter contre l’achat de matraques, casques, boucliers et autres masques à gaz pour la zone de police. J’ai expliqué que je n’avais pas envie de voir des travailleurs se faire matraquer ou gazer.

       La veille de la joyeuse entrée du roi et de la reine à Mons, il y avait conseil communal. Le bourgmestre faisant fonction demande qui ne sera pas présent pour cet événement. Je suis le seul à lever la main ce qui a déclenché quelques rires et le bourgmestre de dire : “Ah oui, le PTB, je ne vous demande pas pourquoi évidemment.” Il aurait pu, je lui aurais répondu que je devais aller bosser à l’usine. »