Enquête sur la santé : la prépension et moins de flexibilité sont nécessaires, pour la santé aussi

Pourcentage de la population (de 15 ans et plus) qui souffre de sentiments dépressifs, selon l’Enquête sur la santé de l’Institut scientifique de la Santé publique (WIV-ISP), par année et par Région.

Les premiers résultats de l’Enquête sur la santé de l’Institut scientifique de la Santé publique sont particulièrement alarmants. Ils montrent que la crise et les économies influencent la santé de millions de nos compatriotes. Le docteur Dirk Van Duppen, spécialiste de la santé au PTB, réclame des mesures radicalement différentes de celles qu’envisage le gouvernement de droite.

Plus de 40 % des femmes de 15 à 24 ans disent qu’elles ne peuvent parfois pas dormir en raison de leurs soucis, qu’elles ont du mal à reprendre le dessus ou qu’elles se sentent nulles. C’est ce qui ressort de l’Enquête sur la santé de l’Institut scientifique de la Santé publique (WIV-ISP) et pour laquelle, tous les quatre ou cinq ans, 10 000 Belges sont interviewés à propos de leur santé. Ce pourcentage de jeunes femmes aux prises avec des problèmes psychiques a fortement augmenté par rapport à ce qu’il était au début de la crise. En 2008, année de la précédente enquête sur la santé, il n’était encore « que » de 30 %.

Forte hausse des maladies psychiques parmi la population belge jeune et active

La forte hausse du pourcentage de jeunes femmes aux prises avec des problèmes émotionnels et psychiques est le résultat le plus surprenant de cette enquête. Mais on retrouve la même tendance dans toutes les autres catégories d’âge et pour les deux sexes. Parmi les jeunes hommes de 15 à 24 ans, 20 % ont des problèmes psychiques. Le pourcentage de femmes de 15 ans et plus en proie à des sentiments dépressifs est passé de 13 % en 2008 à 18 % actuellement, les troubles d’angoisse de 8 % à 13 % et les problèmes d’insomnie de 24 % à 33 %.

Mais, ici aussi, on constate une hausse sensible chez les hommes. Avant la crise de 2008, 26 % des Belges souffraient de problèmes psychiques. Aujourd’hui, ce pourcentage a grimpé à 32 %. Un indicateur très pertinent pour mesurer la souffrance psychique est le nombre de personnes qui, ces 12 derniers mois, ont pensé au suicide. En 2008, elles étaient 3,6 %. En 2013, elles étaient 5 %.

De même, l’utilisation de somnifères, de calmants et d’antidépresseurs a fortement augmenté. La hausse de tous ces indicateurs est nettement plus marquée chez les gens peu formés que chez les gens qui ont fait des études supérieures. 

Le stress et la pression du travail augmentent les maladies chroniques

Une deuxième donnée surprenante de l’enquête est la forte hausse du pourcentage de Belges qui souffrent de maladies chroniques, souvent liées au stress et à la pression du travail. Il s’agit de l’arthrose, l’arthrite, l’hypertension, le diabète et des problèmes de la thyroïde. Ici aussi, l’augmentation chez les personnes peu qualifiées est la plus forte. Les chercheurs expliquent que ces hausses « ont trait en partie au vieillissement de la population, mais sont considérables aussi si l’on ne tient pas compte de ce phénomène ».

Augmentation du nombre de Belges qui souffrent d’au moins deux maladies chroniques à partir de 55 ans

Une troisième donnée importante est que, à partir de l’âge de 55 ans, le nombre de Belges souffrant d’au moins deux maladies chroniques augmente fortement. Cela concerne les maladies pulmonaires chroniques, les affections cardiaques graves, le diabète, les problèmes articulaires, l’hypertension et le cancer. Entre 55 et 64 ans, 23 % des personnes au moins souffrent de ces maladies. Entre 65 et 74 ans, elles sont 36,1 %, contre 30,4 % il y a 15 ans. 

En guise de remède à la crise, le gouvernement de droite n’imagine rien d’autre que plus de flexibilité, l’obligation de travailler plus intensément et plus d’insécurité encore. Et, ensuite, de nous faire travailler plus longtemps. Et de supprimer des emplois publics à grande échelle, surtout chez les personnes peu qualifiées. Et de vouloir économiser encore plus sur le budget de la santé. Mais comment osent-ils ?

Pour aborder les problèmes révélés par l’enquête sur la santé, nous avons besoin de mesures qui empruntent radicalement la direction opposée. Pour notre santé, mais aussi pour nos conditions de travail, pour les carrières, la durée du temps de travail, le budget des soins de santé...

Ainsi, il y a le Plan Cactus du PTB, qui réclame le droit à la prépension, avec la création d’emplois « flambeaux » pour les jeunes. Une mesure qui est non seulement orientée sur l’emploi, mais aussi sur la santé. Le Plan Cactus prévoit entre autres 5 milliards d’euros pour le refinancement du secteur de la santé et des soins.

La politique actuelle nuit à la santé de millions de personnes. C’est en partie pour cela que, le 19 octobre, à Bruxelles, le PTB organise une Protestparade et continue à lutter pour une politique alternative : le Plan Cactus.

Dirk Van Duppen, médecin et spécialiste de la santé au PTB

 

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