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«  Entre la stupéfaction et la colère »

Peter Mertens, président du PTB, a réagi aux attentats de Zaventem et du métro Bruxellois. « Entre la stupéfaction et la colère. Toute la journée, mon téléphone a sonné, avec des notifications de mes amis qui signalaient être « en sécurité ». Et à chaque fois, le monde s’est arrêté. »

« Entre la stupéfaction et la colère. Toute la journée, mon téléphone a sonné, avec des notifications de mes amis qui signalaient être « en sécurité ». Et à chaque fois, le monde s’est arrêté. Ils auraient pu être mon neveu à Bruxelles, mon ami de Borgerhout qui est bagagiste à l’aéroport, les journalistes de Solidaire, mes camarades chauffeurs de tram à la STIB. J’apprends qu’un travailleur de l’aéroport est toujours porté disparu, et je partage l’espoir de sa famille et de ses collègues. Combien y en a-t-il encore ? Un ami m’apprend que des travailleurs d’Avia Partner et de G4s sont gravement blessés, comme de nombreux autres. J’entends parler des morts. C’est irréel. Le matin, embrasser ses enfants et puis partir au boulot. Mais maman ou papa ne reviendra pas ce soir. Ayons toutes nos pensées pour ces familles, les proches. Des vides qui sont créés, et qu’on ne peut plus remplir. Des vies enlevées par des fanatiques barbares. Il n’y a pas d’excuse pour ce terrorisme. Il n’y a pas d’excuse pour ces lâches qui veulent détruire notre vivre ensemble en posant des bombes dans nos métros et nos aéroports. Aucune excuse. Ils ne nous détruiront pas. Les terroristes de Daesh veulent imposer leur vision du monde : la haine de l’autre, une division de plus en plus grande entre les uns et les autres, la militarisation, de nouvelles guerres. Mais ils ne nous détruiront pas. Pas avec la terreur, pas avec la haine. C’est ce que j’ai retenu du témoignage poignant d’Alphonse Youla, un bagagiste « black » qui a apporté son aide à six ou sept personnes dans le cauchemar de Zaventem. C’est aussi ce que je lis parmi ces milliers de messages sous le hashtag #ikwilhelpen (#jeveuxaider), de personnes qui offrent un lift à ceux qui quittent Bruxelles ou un logement pour la nuit, de ceux qui font des dons de sang, des taxis et hôtels qui offrent le trajet ou la nuit gratuitement. Notre pays résiste. Et continuons : aidons là où nous le pouvons. C’est ce que font les centaines de personnes qui se rassemblent ce soir à la Bourse, à Bruxelles. C’est ce que je vois chez Hossein, ce musicien irakien qui chante l’espoir devant la Bourse de Bruxelles. Et c’est aussi ce que je retrouve dans ce message affectueux, reçu de l’auteur néerlandais Eric Smaling : « un bras solide autour des épaules blessées de mon voisin du sud ». Ou encore dans ce message reçu de l’ancien leader étudiant québécois Gabriel Nadeau-Dubois : « À mes amis et camarades belges, je transmets toute ma solidarité, et leur souhaite tout le courage du monde dans ces moments sombres. » Les temps qui s’annoncent ouvriront encore de nombreuses questions. Et exigeront des réponses, à différents niveaux, sans tomber dans le piège de Daesh. Aujourd’hui, soyons Bruxelles. Arrêtons-nous un instant. #JeSuisBruxelles #IkBenBrussel. »

 

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