Photo Can Pac Swire, flickr.com

Étude du PTB : depuis 10 ans, ING Belgique a déduit 1,9 milliard d’intérêts notionnels et a bénéficié de 2,3 milliards de ristournes fiscales

« En 10 ans, ING Belgique a fait 10,9 milliards de bénéfices (avant impôt), a versé 7,2 milliards de dividendes et a pu déduire 1,9 milliard d’intérêts notionnels », révèle le PTB dans une nouvelle étude. « Et, pourtant, malgré ces résultats, la direction d’ING a annoncé une lourde restructuration. 3 500 emplois sont à nouveau en danger. Combien de temps le gouvernement va-t-il continuer à regarder les grandes entreprises mettre les travailleurs à la rue pour protéger l’enrichissement des actionnaires ? », interroge Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

 

Le PTB a épluché les comptes annuels de ING Belgique. Depuis 10 ans, les activités d’ING Belgique ont généré un bénéfice avant impôt de 10,9 milliard euros, sur lesquels la banque a payé 12,5 % d’impôts. Ce faible taux d’imposition est dû aux différents mécanismes de déduction fiscale que la banque a pu opérer sur ses bénéfices. Ainsi, ces 10 dernières années, la déduction des intérêts notionnels s’élève à 1,9 milliard d’euros. Si la société avait payé le taux normal de l’impôt des sociétés, soit 33,99 %, elle aurait payé 3,7 milliards au lieu de 1,4 milliard. La ristourne fiscale dont a bénéficié ING Belgique s’élève donc à 2,3 milliards. Lire l’étude ici.

Ces résultats ont permis de bien enrichir les actionnaires de ING Belgique puisque 7,2 milliards d’euros ont été versés en dividendes. « On peut parler de véritable hold-up, constate Raoul Hedebouw. D’autant que, depuis la reprise de la BBL par ING Pays-Bas, la filiale belge a systématiquement été mise à sec. Une grande partie des départements rentables ont d’ailleurs été fermés en Belgique et transférés aux Pays-Bas. Le personnel de ING Belgique a consenti d’énormes sacrifices avec une politique de modération salariale et de suppression d’emplois. Déjà avant la restructuration annoncée de lundi, le personnel croule sous les burn-out, la pression du travail et l’absence de véritable perspective à long terme. »

Le contraste entre les efforts du personnel et les bénéfices ainsi que les bonus accordés aux administrateurs de la banque est saisissant. Ainsi, en 2015, au moment même où il réclamait une modération salariale pour son personnel, le CEO d’ING Ralph Hamers s’est octroyé une augmentation de 28 % sur son salaire annuel.

Pour Raoul Hedebouw, « ING Belgique montre une nouvelle fois qu’il y a un problème avec ces dividendes exorbitants qui quittent l’entreprise pour les actionnaires. La rémunération du capital a un grand coût social : la clientèle doit payer de plus en plus pour de moins en moins de service, le personnel doit subir de lourdes restrictions, tant sur le plan salarial que sur celui des effectifs. Au lieu de licencier, ING devrait répartir le travail, garantir le statut du personnel et, si cela lui coûte, faire un saut de dividendes.

« L’annonce d’une lourde restructuration d’ING Belgique, après celles de Caterpillar, Axa, Douwe Egberts,... montre aussi que la politique de cadeaux fiscaux aux grosses entreprises ne protège pas l’emploi, coûte énormément à l’État et sert à augmenter les dividendes versés aux actionnaires. C’est inacceptable. Un changement de cap est nécessaire », conclut le porte-parole du PTB.

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