Photo : AFP/Belga

Hongrie : les travailleurs se battent contre la "loi de l'esclavage" de l'extrême droite Orban

auteur: 

Tony Busselen

Ce sont des milliers de Hongrois en colère qui ont pris d'assaut la place devant le Parlement ce 12 décembre. 
Ce dernier votait la loi dite "de l'esclavage" car elle double pratiquement le temps de travail autorisé sur un an, allongeant aussi à trois ans le délai de paiement de ces heures, contre un an maximum actuellement.

Le mouvement contre cette nouvelle loi sur le travail dure depuis un certain temps déjà. Le samedi avant la séance du Parlement, plus de 10 000 personnes manifestaient dans le centre de Budapest. Il s'agit des syndicalistes, des groupes d'opposition et des associations d'écoliers. Zoltan Laszlo, vice-président de la Fédération des métallurgistes, a parlé d'une "terrible tragédie pour la vie privée et sociale" des travailleurs. Cette loi signifie dans les faits à imposer des heures supplémentaires obligatoires non rémunérées et à supprimer la semaine de cinq jours.

Une loi imposée à la demande d'étrangers : les patrons allemands de l'automobile.

Les médias hongrois, qui sont presque tous dans les mains du Premier ministre d'extrême droite Victor Orban, sont silencieux sur le mouvement. Mais dès le lendemain de la manifestation, des vestes jaunes sont apparues sur les grands carrefours de quelques villes de Hongrie. Laszlo Kordas, président de la Fédération des syndicats hongrois, avertissait : "Si cette loi-monstre est votée, nous irons aux portes de toutes les usines et des lieux de travail. Et si nécessaire, nous nous battrons entreprise par entreprise pour communiquer  notre vérité."

Stefan Bos, correspondant de la VRT, rapporte : "Les gens sont extrêmement fâchés". Les ministres du gouvernement Orban ont défendu la loi en argumentant qu'elle était nécessaire pour répondre aux besoins des constructeurs automobiles allemands qui ne trouvent pas suffisamment de main-d'œuvre. Le fait que près de 600 000 Hongrois aient quitté le pays ces dernières années et la politique anti-migrant féroce sont autant de facteurs qui contribuent à ce que les gens doivent à nouveau travailler plus longtemps.

Le "notre peuple d'abord" des partis d'extrême droite en Europe ne peut cacher le fait que ces partis sont contre le peuple. "Viktor Orban, l'ami politique de Theo Francken et idole du groupuscule flamand d'extrême-droite, Schild en Vrienden, introduit la loi de l'esclavage'. L'extrême droite montre son caractère anti-ouvriers, quelle que soit leur origine", a réagi le président du PTB, Peter Mertens. Dans le pays voisin de l'Autriche, le gouvernement, avec la participation de l'extrême droite, a introduit une loi rendant possible la semaine de travail de 60 heures. 

Le PTB, comme IG Metall, ainsi que le confédérations syndicales de la République Tschèque, de Russie et de France, ont tenu à marquer leur solidarité.

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