Photo Chris Goldberg / Flickr

L’Europe néolibérale ou le mépris du peuple

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Peter Mertens

L’Europe arrogante du grand capital nourrit le nationalisme ; et l’establishment européen n’a que mépris pour la « populace ». Si, aujourd’hui, nous ne changeons pas les fondements de l’Europe, nous laisserons ce continent aux mains des nationalistes. C’est d’une tout autre Europe que nous avons besoin, une Europe œuvrant pour les 99 % et non pour le 1 %. Opinion de Peter Mertens, Président du PTB sur le Vif.be.

« C’est le moment de refonder et réinventer une autre Europe en écoutant les peuples », a déclaré Manuel Valls, le Premier ministre français, juste après l’annonce du résultat sur le Brexit. « Vous pourriez peut-être commencer par la France ? », lui a lancé quelqu’un. Effectivement, cela fait des mois que la France est secouée par l’opposition à la nouvelle « loi Travail », qui doit  flexibiliser et déréguler la législation sur le travail. Même en plein Euro de foot, le dimanche 14 juin, 1,3 million de Français étaient à nouveau dans la rue.  « Comment ce gouvernement peut-il continuer à ne pas écouter le peuple ? », s’interrogeait un manifestant. C’est donc un Premier ministre totalement sourd à la population, dont le gouvernement n’a plus la confiance que de 15 % des citoyens, qui vient donner une leçon de démocratie aux autres gouvernements.  Bienvenue en Europe, Welcome in Europe.

L’establishment crache son mépris pour la « populace »

« Les gens ont apporté leur propre stylo pour voter, parce qu’ils craignaient que le crayon puisse être gommé »

« Ceci est une révolte contre l’élite. La crise européenne recouvre une énorme crise du système démocratique », commentait l’auteur néerlandais Geert Mak au lendemain de l’annonce du résultat du référendum. Mak a raison, mais cette ritournelle n’a rien de neuf. Fin mai 2005, le New York Times titrait en grosses lettres : « Une émeute contre l’ordre établi ». Que se passait-il à l’époque ? Les populations française et néerlandaise venaient de rejeter la Constitution européenne par référendum. Et, à l’époque aussi, des politiciens à dix mille euros par mois se marchaient dessus pour se fendre en déclarations jurant à quel point ils avaient bien compris le signal. Jusqu’à ce que la tempête se calme et qu’ensuite, rien ne change. Deux ans plus tard, la Constitution néolibérale rejetée a tout simplement été imposée sous un autre nom : le « Traité de Lisbonne ». Avec à peine dix minutes d’explications à la commission compétente,  Karel De Gucht a alors fait approuver (en avril 2008) ce traité par le Parlement belge. « Les référendums, c’est pour les démagogues et les dictateurs », lançait alors le super-démocrate Karel De Gucht, qui vient de répéter exactement les mêmes mots suite au Brexit.  

Photo Aris Oikonomou.

Quand, en juin 2008, les Irlandais ont quand même organisé un référendum sur le Traité, l’Union européenne s’est à nouveau pris une claque en pleine figure. Pour les Irlandais, c’était « Nil », « non » dans la langue de l’Île d’émeraude. Et l’establishment de cracher son mépris pour cette « populace » qui ne veut pas comprendre que l’Union n’agit que pour le mieux, qui n’a pas compris le Traité, qui est d’ailleurs trop stupide pour piger quoi que ce soit. C’est sur ce dédain, sur cette déconsidération du peuple qu’avance l’Europe néolibérale. Ce que nous entendons depuis quelques jours sur les Britanniques n’a donc rien de nouveau.

L’Europe brandit un doigt d’honneur aux jeunes générations

Il y a exactement un an, l’establishment européen humiliait les Grecs rebelles qui, par un référendum, demandaient la fin du dogme de l’austérité. Lors de ce référendum, plus de 85 % des jeunes entre 18 et 24 ans ont voté « non » ; mais on n’a entendu aucune voix évoquer ce « fossé des générations » entre l’Europe élitiste et la génération sacrifiée des jeunes en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Irlande, en Italie. Oui, les jeunes sont pour la collaboration européenne. Mais ils ne sont pas pour l’orientation politique actuelle de l’Union européenne, dans laquelle plus d’un jeune sur cinq est sans emploi. Selon les chiffres officiels, ce sont ainsi  4,4 millions de jeunes qui sont quasiment rejetés de la société. Ce n’est pas un hasard si, en France, en Italie, en Espagne, la résistance sociale contre le marché du travail précaire imposé par l’Europe soit précisément portée par les jeunes.

C’est pour cela que pas moins de 85 % des jeunes Grecs ont dit « non » au nouveau mémorandum européen. Mais leur voix a été complètement étouffée. « L’Union européenne est restée totalement sourde et a décidé de faire chuter un État membre européen qui n’a pas voulu marcher au pas des dogmes néolibéraux », écrivais-je l’an dernier dans une carte blanche. Avec le « diktat de Bruxelles », l’establishment européen a une fois pour toutes voulu montrer que ceux qui veulent une autre Europe, une Europe sociale, doivent se plier à la ligne dure des financiers de Francfort. Ce faisant, l’Union a brandi un grand doigt d’honneur aux jeunes générations du continent : vous pouvez avoir votre avis sur tout, mais c’est nous qui déterminons au bout du compte ce qu’il faut faire et la marche à suivre. Ce sont les mêmes euro-technocrates qui, aujourd’hui, n’ont que le terme de « jeunes générations » à la bouche. Jusqu’à quel point les mots peuvent-ils être creux ?

Toutes les tentatives pour calmer la colère aggravent encore la situation

Dans les villes du nord de l’Angleterre, les gens ont apporté leur propre stylo pour voter, parce qu’ils craignaient que le crayon puisse être gommé. La méfiance est à ce point. « Ce qui a enflammé la colère est suffisamment clair, a écrit The Guardian. Une énorme pénurie de logements, un marché de l’emploi d’une précarité inouïe, et le sentiment, trop souvent négligé, que des gens qui étaient autrefois certains de leur propre identité de mineurs ou sidérurgistes se sentent désormais humiliés et ignorés. Toutes les tentatives de la politique traditionnelle pour calmer cette colère ne font qu’aggraver la situation – les hommages faciles aux “familles qui travaillent dur”, ou les figures de style sur la “mobilité sociale”, suggérant que la seule chose que peut proposer Westminster à la classe ouvrière est une opportunité trompeuse et qu’ils ne seront plus jamais ouvriers. »

« Ceux qui ont voté pour rester au sein de l’UE ne sont pas pour autant d’accord avec la politique de l’Union »

La colère pouvait s’exprimer dans deux directions : soit rallier le camp du « Leave » (quitter l’UE), soit celui du « Remain » (rester). Car il ne faut pas s’y tromper : dans le camp du « Remain » aussi, on pouvait entendre de virulentes citriques contre l’Union européenne. Entre autres, de la part du nouveau dirigeant de gauche du Labour, Jeremy Corbyn : « Dans d’importantes parties de la Grande-Bretagne règne un sentiment d’impuissance. Des communautés entières ont été abandonnées à leur sort, des emplois qualifiés et protégés ont disparu, des gens ont été abandonnés dans des emplois précaires et sous-payés. C’est surtout dans l’ancien cœur industriel que les gens ont voté pour le Brexit. Ils ont encaissé de plein fouet l’impact des mesures d’austérité et des fermetures des services publics locaux, en même temps que les plus riches bénéficiaient de nouveaux avantages fiscaux. Le choix du Parti conservateur de faire, une fois de plus, payer la crise aux régions les plus à la traîne a ouvert la porte à une campagne encore plus sale, basée sur la division. Ce sont les migrants, et non le gouvernement, qui ont été montrés du doigt comme étant responsables de la disparition des emplois et de la dérégulation du marché du travail. » Bref, ceux qui ont voté pour rester au sein de l’Union européenne ne sont pas pour autant d’accord avec la gestion politique choisie par cette Union.

« Ce qui a enflammé la colère est suffisamment clair, a écrit The Guardian. Une énorme pénurie de logements, un marché de l’emploi d’une précarité inouïe, et le sentiment, trop souvent négligé, que des gens qui étaient autrefois certains de leur propre identité de mineurs ou sidérurgistes se sentent désormais humiliés et ignorés. » (Photo David Hallett / Flickr)

Choisir entre la peste et le choléra

Il n’y avait donc pas qu’un seul camp du « Remain », mais au moins deux. D’une part, la City de Londres, avec ses banquiers et ses spéculateurs. De l’autre, des gens comme le dirigeant de gauche du Labour, Jeremy Corbyn, et d’autres qui veulent opter pour une Europe radicalement différente de cette Europe de la concurrence et des dogmes du marché. Mais, avec cette voix, il était quasiment impossible de faire le poids face au discours mélodramatique de l’ancien maire conservateur de Londres, Boris Johnson, qui promettait au peuple britannique une « libération historique des chaînes européennes ». Et donc, face à une puissante campagne de droite pour le Brexit, soutenue par les médias populaires britanniques, il y avait une voix peu déterminée de gauche, qui s’appuyait surtout sur une vague promesse que l’Europe pouvait être « autre ».

Dès le départ, le référendum semblait être un choix entre la peste et le choléra. Si la question avait porté sur l’approbation ou non de la politique actuelle de l’Union européenne, la réponse aurait été absolument différente. Qui peut croire que les Écossais seraient satisfaits de la politique européenne ? Et les Irlandais ? Ce sont eux qui, en 2008, ont dit « non » à  une Constitution européenne réchauffée présentée sous la forme de Traité de Lisbonne. 

Une Grande-Bretagne indépendante où les thatchériens décideront

« La N-VA ne diffère en rien de l’establishment européen : la démocratie quand ça l’arrange, sinon rien »

« Le cours ultralibéral lancé par la Première ministre conservatrice Margaret Thatcher dans les années 1980 débouche aujourd’hui sur la société la plus inégalitaire du monde occidental. » Ce n’est pas moi qui le dis, mais le journal financier De Tijd, le weekend après le Brexit : « Perte de pouvoir d’achat, contrats zéro heure, plus d’un million de personnes qui doivent faire appel aux banques alimentaires : la cinquième économie du monde en l’an 2016, c’est aussi ça. »

Les Britanniques veulent du changement. Et il semble qu’une majorité ait voté pour une sortie de l’Union dans l’espoir de voir la Grande-Bretagne changer de cours. Dans l’espoir que des emplois soient créés, que l’on mette fin aux privatisations, que l’on octroie à nouveaux des moyens aux soins de santé publics, que les contrats à zéro heure disparaissent.

Les grands leaders de la campagne en faveur du Brexit ont exploité cette aspiration de façon perfide et hypocrite. Comme s’ils allaient changer de cap. Il faut pourtant dire que la campagne en faveur du « Leave » a été attisée par les porte-parole libéraux les plus extrémistes, comme l’ancien maire conservateur de Londres Boris Johnson et l’extrémiste Nigel Farage de l’UKIP. Pour ceux qui ont cru en cette « force du changement », le réveil va être très dur. Dans cette Grande-Bretagne « indépendante », ou dans ce qu’il en adviendra, ce seront les thatchériens les plus enragés qui auront tout à dire. Tel est le cynique résultat de ce référendum. Les nombreuses années de politique de démantèlement social, lancée par les Tories (conservateurs) et poursuivie par les sociaux-démocrates droitisés du New Labour, ont été lessivées en cours de campagne par des slogans démagogiques vantant l’« indépendance », la « démocratie » et la « liberté ». « Par ce référendum, Boris Johnson et les Tories veulent décrocher un mandat pour pouvoir à nouveau imposer un thatchérisme ultra-musclé : dérégulation du marché de l’emploi, salaires encore plus bas, encore moins de règlementations pour le Big Business. Si les Britanniques votent pour le Brexit, Johnson et Gove (politiciens conservateurs, NdlR) se tiennent prêts à prendre le contrôle du Parti conservateur et à transformer la Grande-Bretagne en une île de rêve pour le néolibéralisme », écrivait Paul Mason dans The Guardian.

La N-VA : pour les référendums lorsque ça l’arrange

Le discours de Boris Johnson rappelle la « force du changement » prêchée dans notre pays par Bart De Wever. Ce n’est pas un hasard si le maire de Londres Boris Johnson et le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever sont copains comme cul et chemise. Dans leur vision politique, certainement : s’en prendre au statu quo, réclamer le changement et utiliser cette « force-du-changement » pour casser les rapports de force existants et les faire pencher en faveur des plus riches. Bart De Wever a défendu Boris Johnson contre vents et marées. Pourtant, le maire de Londres a été l’un des partisans les plus tonitruants de la campagne pour le Brexit. Interrogé sur le référendum britannique le jour de l’annonce du résultat, De Wever a répondu : « J’espère que tout le monde se rend compte que faire partie d’un ensemble bien plus grand comporte toujours malgré tout plus d’avantages que d’inconvénients. » Voilà. L’homme qui veut faire de la scission d’un petit pays comme la Belgique l’œuvre de sa vie dit désormais qu’« un plus grand ensemble » apporte plus d’avantages qu’un petit. 

Mais cela ne signifie pas que De Wever désire un référendum dans notre pays : « Personnellement, je ne suis pas non plus un grand partisan des référendums en tant qu’outils démocratiques, a-t-il déclaré, parce qu’on ne doit pas poser à la population des questions aussi compliquées sous forme de “oui/non”. Les gens vont alors voter avec leurs sentiments, et ce n’est jamais une bonne chose. » Sauf pour... l’Écosse. Le bourgmestre d’Anvers ne s’oppose pas à ce que les Écossais organisent une nouvelle consultation populaire, pour rester au sein de l’Union européenne. De Wever est en outre convaincu que les Écossais « vont gagner ». Un référendum écossais, « en tout cas, constituerait un précédent intéressant pour nous », a-t-il ajouté. Donc, les Britanniques, non, mais les Écossais, oui. La N-VA n’est pour les référendums que lorsque ça lui convient bien. En ce sens, la N-VA ne diffère en rien de l’establishment européen : la démocratie quand ça l’arrange, sinon rien (il suffit de se rappeler les Irlandais en 2008 ou les Danois en 2005).

La Sainte-Alliance entre démocratie chrétienne et social-démocratie règne sur l’Europe

Entre-temps, on ne compte plus les nouvelles « saintes prêtresses » dans la démocratie chrétienne et la social-démocratie européennes. À chaque crise, on en voit de plus en plus venir expliquer à quel point l’Europe est un beau conte de fées, que viennent lamentablement gâcher les Britanniques ou autres populistes du moment. Elles-mêmes ne portent bien sûr aucune responsabilité. Il faut simplement « plus de la même chose », clament ces prêtresses de la Sainte-Alliance. Plus de concurrence, plus d’économies, plus de dumping social. Or, non, la grande coalition européenne des démocrates-chrétiens et des sociaux-démocrates n’offre aucune alternative à la politique antisociale de Cameron. Pendant que la population britannique souffre du dumping social et des bas salaires, la Commission européenne attaque le salaire minimum pour les camionneurs instauré en France et en Allemagne. Pendant que la population britannique fustige chaque jour la déliquescence de leur chemin de fer privatisé, l’Union européenne impose son troisième paquet de libéralisation ferroviaire. Et pendant que les multinationales ne paient quasiment pas d’impôts, le commissaire européen Pierre Moscovici privilégie une approche « non-contraignante » pour les paradis fiscaux.

« Plutôt que de paradis fiscaux et de concurrence fiscale, nous avons besoin d’une taxe européenne sur la fortune »

Les eurocrates ne veulent pas du Brexit, mais ils ne veulent pas non plus de changement de cap pour le projet européen. Plus fort encore : pour eux, c’est une raison de plus pour continuer dans le même sens. La commissaire européenne Marianne Thyssen (CD&V) et l’eurodéputée Kathleen Van Brempt (sp.a) peuvent bien se répandre en déclarations sur « l’Europe sociale », c’est quand même la Sainte-Alliance de leurs partis, respectivement démocrate-chrétien et social-démocrate, qui a imposé le traité budgétaire où sont édictées toutes les mesures d’austérité essentielles. Dans notre pays, cet absurde traité budgétaire a été approuvé en catimini au Parlement avec l’appui du CD&V, du sp.a et du PS (en mai 2012). La Sainte-Alliance impose le cap à suivre. Elle place la gestion sociale et économique dans toute l’Europe sous la curatelle « d’experts » directement issus des grands groupes financiers et économiques. Elle attribue à la Commission Européenne des compétences qui, sans aucun contrôle démocratique, interviennent profondément dans le pouvoir de décision souverain des États nationaux. Si l’on veut un changement social en Europe, il faudra rompre avec cette politique d’austérité de la Sainte-Alliance.

Si l’Europe veut survivre, il faudra en changer les fondements

« La concurrence et la chasse au profit dans le libre marché sont la base de l’Union Européenne. Elles sont gravées dans les textes de base de l’Union. Elles pourrissent et étouffent tout avais-je écrit dans mon livre Comment osent-ils ?, en 2011. Nous ne devons pas rhabiller de neuf cette construction de la concurrence ou donner une nouvelle couche de peinture aux déséquilibres de cet édifice. Nous avons besoin d’une nouvelle base, d’autres fondations. La collaboration et la solidarité doivent remplacer la concurrence et l’inégalité. Cela suppose une tout autre Europe. »

Photo Mark G. / Flickr

Si l’Europe veut survivre, ses fondements devront changer. L’alternative, c’est que toute l’Union  vole en éclats, et que les tensions nationalistes du début du 20e siècle ressurgissent en ce début de 21e siècle.

Si nous voulons une autre Europe, il faudra alors qu’il y ait de la participation et de la transparence. Et que ça ne reste pas que des mots, mais que ça se transforme en actes. Il faudra alors proposer les solutions essentielles par des référendums, au lieu de systématiquement nier les résultats des consultations populaires. Le Traité de Lisbonne et le Saint-Traité budgétaire (le TSCG ou Pacte budgétaire) devront être rediscutés. Pour les remplacer par une nouvelle convention européenne aux principes progressistes.

Nous avons besoin d’un projet mobilisateur

Plutôt que de dumping social,  nous avons besoin d’un revenu minimum européen élevé. Plutôt que de privatisations et de libéralisations, nous avons besoin de nouveaux investissements dans les infrastructures publiques et dans les services. Plutôt que de paradis fiscaux et de concurrence fiscale, nous avons besoin d’une taxe européenne sur la fortune pour activer l’argent dormant des multimillionnaires. Oui, nous devons profiter de cette crise pour remettre en cause les traités existants. Il doit être possible d’accorder des transferts de solidarité, de développer des monopoles publics, d’intervenir politiquement par la Banque Centrale Européenne pour permettre enfin une relance économique qui rompe le carcan du Traité budgétaire.

« L’image de l’Europe en tant que géant bienveillant et protecteur a volé en éclats. L’Europe  d’aujourd’hui est celle de créanciers, non celle de débiteurs. C’est l’Europe du 1 %, des élites et des banques, dont les machineries de lobbys sont tellement plus puissantes que le Grec ordinaire », écrivait l’éditorialiste Yves Desmet il y a exactement un an. Si, aujourd’hui, nous ne changeons pas les fondements de l’Europe, nous laisserons ce continent aux mains de nationalistes blancs, blonds et bornés comme Le Pen en France, Geert Wilders au Pays-Bas et Donald Trump aux États-Unis. Face aux mensonges du conservatisme international, nous n’avons pas besoin d’une Sainte-Alliance qui défend un impossible statu quo dans l’Europe actuelle. Nous avons besoin d’un projet mobilisateur pour l’égalité et la justice sociale, qui parte de la lutte des 99 % contre les 1 %. Ce mouvement grandit, tombe mais se relève et continue de grandir.

Photo Dennis Freeland / Flickr.

 

Article publié dans le mensuel Solidaire de juillet 2016Abonnement.

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Commentaires

Cette Europe de la honte,qui ne favorise que les multinationales !!! La nouvelle mesure sous la pression Monsanto multinationales, le glyfosate poison mortel pour les populations peut continuer à empoisonné les cours d'eau, la terre .... est les gens, car ils ont eu le feu vert de la commission européenne !!! Le néolibéralisme européens tue !!!
Voici l'une des analyses les plus lucides qui soient, tellement éloignée de la soupe consensuelle que nous servent tous les médias traditionnels depuis cette aventure du Brexit (et bien avant déjà!). Il est tout aussi étonnant que lamentable de constater que, partout où elles participent au pouvoir, les "gauches molles" (avatars à peine déguisés des droites les plus pures) reprennent en choeur le refrain néolibéral avec une conviction déconcertante. Et la presse "dominante" se joint à la chorale avec une ferveur chaque jour renouvelée. Oui, il est temps que d'authentiques mouvements de gauche fassent entendre leur voix partout pour exiger une refonte fondamentale de cette Europe de l'austérité, de l'injustice sociale et du mépris des peuples. Sinon, on abandonnera la place à d'autres types de contradicteurs, qui n'hésiteront pas un instant à ajouter encore plus d'horreur au déshonneur actuel.
L'EUROPE doit être rebâtie, avec comme base " le bien être humain" est sa suite... Est arrêté l'esclavage de la classe ouvrière , pour enrichir les multinationales capitaliste , nous vivons dans une société où les injustices sont flagrante ! La loi du plus fort, le dominant et le dominé ! Pendant que quelques nantis sans mette plein les poches, d'autres n'ont même pas l'eau courante a leurs disposition et ON un logement où vous même, vous ne laisseriez même pas votre chien dormir ! Une société d'égoïste où chacun pense à sont petits bien-être, sans se soucier des autres !
POSSIBLE OU PAS LA SORTIE DE L'EU ? LA BOURSE DE LONDRES A REGAGNE LES PERTES QU'ELLE AVAIT SUBIES. Une semaine après le séisme provoqué par le vote en faveur du « Brexit », la Bourse de Londres a regagné les pertes qu’elle avait subies. S’ils ne voient pas encore l’avenir en rose, les investisseurs ont cessé de broyer du noir. L’indice Footsie 100 est repassé dès mercredi au-dessus des 6 338 points, soit le niveau qu’il avait à la clôture jeudi dernier, juste avant l’annonce du vote des Britanniques en faveur du Brexit qui avait provoqué une véritable tempête sur l’ensemble des Bourses mondiales. Calculée en euros ou en dollars, sa capitalisation boursière est toutefois encore loin d’avoir regagné le chemin perdu, compte tenu de l’effondrement de la livre sterling. Les secteurs les plus malmenés immédiatement après l’annonce du Brexit ont été les premiers à rebondir. Cela a notamment été le cas des promoteurs immobiliers, comme Taylor Wimpey, Persimmon ou encore Barratt Developments. Les banques, qui avaient littéralement plongé immédiatement après le vote, ont également repris des couleurs. «Les cours des grandes entreprises avec des revenus réalisés à l’international qui avaient été massacrés sans distinction ont conduit le rebond tandis que celles qui sont exposées à l’économie domestique peinent à reprendre des couleurs» avance un analyste. Les sociétés qui réalisent une bonne par de leurs ventes à l’international profitent en effet de la chute de la livre sterling par rapport aux autres grandes devises. Certaines grandes capitalisations de la Bourse de Londres comme les géants miniers comme Rio Tinto ou Glencore n’ont pratiquement pas d’activité réelle au Royaume-Uni. Crise politique La crise politique dans laquelle est entrée la Grande Bretagne depuis l’annonce de la prochaine démission du chef du gouvernement David Cameron incite certains à parier sur une atténuation du Brexit voire sur le fait qu’il ne se matérialisera pas. Le marché londonien n’en a sans doute pas fini avec les turbulences, préviennent néanmoins les experts. «Même si la panique initiale causée par le Brexit semble s’être calmée, l’incertitude reste immense et pourrait continuer à peser sur le moral pendant un moment», estiment les spécialistes d’Oanda. Tous ou presque s’attendent à de nouvelles secousses. Nerfs fragiles s’abstenir! ( AFP)
Pourquoi ne demander vous pas un sondage en Belgique: Pour connaître si il y avait un référendum sur une forme de brexit en Belgique? Quel serait le résultat ? Et avec les réponses des citoyens qu'elle poids auraient vos arguments devant la bande à Charlot
Si référendum serait instauré, les pros européens aurait bien trop peur, que le peuple vote contre cette Europe de capitalistes !!!! Meilleures pour eux, de ne pas laisser le peuple décidé !!!!
Les Européens doivent sortir du Brexit par le haut. Belga - Belga - dimanche 3 juillet 2016 La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé dimanche que les Européens se devaient de "sortir du Brexit par le haut", en s'attaquant enfin à des dossiers qu'ils pensaient condamnés à un veto britannique, et surtout améliorer leur communication. "Il est très fondamental pour l'économie que les Européens décident de sortir du Brexit par le haut", a déclaré Mme Lagarde, intervenant à un forum économique à Aix-en-Provence. "Maintenant que les Anglais sont, entre guillemets, sortis (...), au moins il y a un certain nombre de choses dont j'ai entendu les commissaires européens les uns après les autres dire 'c'est tellement compliqué, on ne peut pas le faire à cause des Britanniques' ", a-t-elle ironisé. "Peut-être qu'il y a des choses qu'il faut envisager de faire puisque les Britanniques ne vont pas s'asseoir à la table?" La patronne du FMI a estimé qu'il faut surtout que l'Union européenne améliore sa communication. Il faut "évidemment", pour elle, "travailler sur la réalité économique, mais aussi impérativement s'occuper des perceptions". "S'il y a un décalage massif entre les perceptions des peuples européens et la réalité de ce qui se passe, il y a un réel problème de communication", a-t-elle déploré. "Quand par exemple la Banque européenne d'investissement fait des investissements très importants dans les territoires sans en dire grand chose, sans que ça se sache, sans qu'il y ait une mesure de l'efficacité économique de l'Europe, c'est dramatique, parce que le langage va continuer à être 'excès de réglementations, bureaucratie, c'est la faute à Bruxelles', etc.", a estimé Christine Lagarde. "C'est complètement sur une autre dimension de communication que les choses doivent se faire". Christine Lagarde a par ailleurs regretté que les efforts déployés pour expliquer les conséquences négatives d'un éventuel Brexit pendant la récente campagne référendaire au Royaume-Uni aient "été absolument vains". Enfin, Madame Lagarde a compris, il faut travailler sur la réalité économique, il faut améliorer la communication etc... Combien de fois n'ai-je pas entendu : " Cette fois, nous avons compris " ou encore la phrase clé " C'est un signal fort " mais la compréhension et le signal fort n'ont pas la même significations pour les hommes politiques et pour les citoyens. Les gouvernements se réunissent pour décider de ne rien décider. Enfin, si, il décide de reprendre des deux mains le peut qu'il vous font croire qu'il vous ont donné d'une main. Au fait, que veut dire madame Lagarde : "Maintenant que les Anglais sont, entre guillemets, sortis (...), au moins il y a un certain nombre de choses dont j'ai entendu les commissaires européens les uns après les autres dire 'c'est tellement compliqué, on ne peut pas le faire à cause des Britanniques' ", a-t-elle ironisé. "Peut-être qu'il y a des choses qu'il faut envisager de faire puisque les Britanniques ne vont pas s'asseoir à la table?"
Que tout cela est bien dit... à quand la révolution des "petites gens"?
Déficits budgétaires: sanctions inédites enclenchées contre le Portugal et l’Espagne Les ministres des Finances de la zone euro ont enclenché mardi une procédure inédite de sanctions dans l’histoire de la monnaie unique à l’encontre de l’Espagne et du Portugal, en dérapage budgétaire. Réunis dans le cadre d’un conseil des grands argentiers de l’UE à Bruxelles, les ministres ont constaté que l’Espagne et le Portugal «n’ont pas pris les mesures nécessaires» pour corriger leurs déficits, ce qui déclenche un processus de sanctions, écrivent-ils dans un communiqué Afp - Le Soir - mardi 12 juillet 2016
“Le fédéralisme est probablement la plus grande menace pour l’avenir de l’UE” Express.live Audrey Duperron 20 juillet 2016 Après le vote pour le brexit, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a réclamé plus de fédéralisme pour l’Europe. De même, les tenants d’un fédéralisme plus poussé affirment que la zone euro a besoin d’une politique fiscale commune pour harmoniser les politiques économiques, et la fiscalité entre les différents États-membres. Mais selon l’ancien ministre des Finances suédois, Anders Borg, c’est une mauvaise idée, car cela pousserait d’autres pays à envisager leur départ de l’UE, explique-t-il sur le site du Project Syndicate. Les problèmes structurels Les problèmes économiques les plus graves des États-membres sont structurels. Pour les régler, il faut augmenter la compétitivité des États-membres, et réduire les barrières de la concurrence. Cela pourra être obtenu par une augmentation de la flexibilité sur les marchés du travail nationaux, notamment. Or, une politique fiscale unique ne permettrait probablement pas de régler ces problèmes, ni d’améliorer la compétitivité des pays, et par ricochet, d’améliorer le niveau de vie des citoyens. “Les Européens continueront de graviter vers le populisme, s’ils ne voient pas d’amélioration dans leur niveau de vie, ce qui ne se produira qu’avec une croissance de la productivité plus élevée”, écrit-il. Pas de soutien politique pour plus d’austérité Ensuite, il n’y aurait pas de soutien politique pour les décisions de réduction des dépenses publiques et d’augmentation des impôts qui accompagneraient inévitablement une politique fiscale unique. Là encore, celle-ci alimenterait le populisme, et l’UE serait accusée de gaspiller l’argent du contribuable. “Aujourd’hui, les partisans de l’UE doivent faire face aux faits : une union encore plus serrée n’est pas ce que veut le peuple, même dans les États-membres qui ne choisiraient jamais d’en partir. Si la Commission Européenne force le discours post-brexit dans cette direction, le résultat sera le contraire de ce qu’elle cherchait à faire. En fait, le fédéralisme est probablement la plus grande menace pour l’avenir de l’UE”, écrit Borg. Il conclut de la façon suivante : “Ceux qui veulent que l’UE survive devrait résister à la tentation d’exercer plus de contrôle. Nous avons besoin d’une Europe qui reste unie parce qu’elle l’a choisi, et non pas parce qu’elle y est forcée par de nouvelles super-structures politiques privées de tout soutien populaire”.
Le Plan Juncker a-t-il relancé l'investissement européen? On sait Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, en difficulté. Aussi ne manque-t-il pas une occasion de mettre en avant son apport à la relance de l'économie européenne. Il dispose pour cela d'une arme : le plan d'investissement (PIE), plus connu sous le nom de « Plan Juncker ». Sur France 2, ce lundi 25 juillet, il a ainsi assuré que « nous étions en panne d'investissement, nous avons mobilisé 115 milliards d'euros par le PIE, dont 13,1 milliards en France ». Autrement dit, Bruxelles aurait permis le redressement de l'investissement dans l'UE par le plan Juncker. Est-ce si simple ? Qu'est-ce que le plan Juncker ? Rappelons ce qu'est le « plan Juncker ». Ce plan, lancé officiellement en juin 2015 et dans les faits dès avril, prévoit de mobiliser sur trois ans 315 milliards d'euros d'investissement. Pour cela, 21 milliards d'euros d'argents publics, issu du budget européen et des réserves de la Banque européenne d'investissement sont mobilisés. Ces 21 milliards sont utilisés comme garanties pour financer des projets, par l'intermédiaire de la BEI, à hauteur de 60 milliards d'euros. La Commission calcule ensuite que ces 60 milliards d'euros de projets génèrent au total 5 fois plus d'investissements, soit 315 milliards d'euros entre 2015 et 2017. Selon les chiffres de la Banque européenne d'investissement (BEI), le « total des investissements liés aux opérations approuvées au titre du Fonds européen d'investissement stratégique (FEIS)», le véhicule financier qui valide les projets, s'élèvent à 115,7 milliards d'euros au 19 juillet 2016. Il s'agit de fonds « approuvés » qui vont donc se déployer dans l'avenir et qui doivent encore être signés. Le financement des projets signés ne s'élèvent aujourd'hui qu'à 10,9 milliards d'euros. Le plan va donc un peu moins vite que prévu, mais est globalement dans les clous. Reste à savoir si Jean-Claude Juncker dit vrai. Ce plan est-il réellement un élément déterminant pour l'activité économique de l'Union européenne ? Trop peu au regard des enjeux Les 115,7 milliards d'euros revendiqués par le plan Juncker représentent 4 % de l'ensemble des investissements réalisés dans l'Union européenne sur les quatre trimestres allant d'avril 2015 à mars 2016 (soit 2.886,24 milliards d'euros). A titre de comparaison, sur ces douze mois, l'investissement a progressé de 139,5 milliards d'euros par rapport à la même période de 2014-2015. A condition que ces projets financés par l'UE soient réellement nouveaux et n'ait été débloqués que grâce à ces fonds, l'impact pourrait donc, sans être majeur, ne pas être négligeable. Sauf qu'ils ne semblent absolument pas à la hauteur du problème de l'UE et de la zone euro. Depuis le début de la crise financière en 2007, l'investissement a été le parent pauvre de la croissance européenne. Malgré une reprise en 2015, il reste très inférieur non seulement à son rythme d'avant la crise, mais à ce qui serait nécessaire pour permettre de relancer la productivité et faire face aux transformations de l'économie. La Commission européenne elle-même a estimé pour « vendre » le plan Juncker que ce « manque d'investissement » est compris entre 270 et 330 milliards d'euros par an. Le think tank économique Bruegel juge qu'il manque 280 milliards d'euros par an d'investissement dans l'Union européenne. Au mieux donc, le « plan Juncker » fait un tiers du chemin. « Trop peu et trop tard » : c'est le verdict, encore valable, de la plupart des économistes au moment de l'annonce du plan. En tout cas, la "panne d'investissement" continue à Europe : les chiffres de la croissance vendredi 29 juillet devrait le confirmer, malgré une croissance modeste. Bref, la magie revendiquée par le président de la Commission n'a pas opérée. Absence de valeur ajoutée ? Mais la question centrale est bien plutôt de savoir si ces investissements issus du « plan Juncker » sont un bénéfice net pour l'économie européenne. On sait déjà, de par la construction de son financement que ce n'est pas le cas, puisque les garanties apportées par le budget européen ont été ôtées du budget européen, principalement des lignes Recherche & Innovations et Infrastructure. Il y a donc un « transfert » de ces projets vers le FEIS. La raison en était que les projets financés par le FEIS seraient plus risqués et auraient donc plus de valeur pour l'économie européenne que les fonds utilisés par le budget européen directement. Mais rien n'est venu prouver ce fait. Bien au contraire. Les économistes de Bruegel ont ainsi remarqué que les profils de risque des projets financés par le plan Juncker restent très flous. Rien ne vient attester que les projets financés ne l'auraient pas été par le budget européen ou la BEI. Du reste, dans cette étude datée de juin, Bruegel a comparé les projets en détails à ceux financés par le passé par la BEI. Conclusion : sur 55 projets annoncés en juin, 42 avait une « forte ressemblance » avec des projets financés par la BEI auparavant, 11 une « faible ressemblance » et un seul projet, celui d'une usine de recyclage du titane, semblait réellement nouvelle. Autrement dit : s'il n'y a pas de « valeur ajoutée » nouvelle à ces projets, l'argent investi dans ces projets l'aurait sans doute été sous une autre forme. La prétention de Jean-Claude Juncker d'être à l'origine d'une reprise de l'investissement ne saurait donc tenir. Choix géographiques De plus, les choix géographiques du plan Juncker sont parfois étonnants. Sur les projets développés, on trouve une surreprésentation de l'Italie qui cumule 15 % des financements, ce qui est plutôt positif, notamment parce que l'Italie surtout est clairement en état de sous-investissement. Suivent le Royaume-Uni, la France et la Slovaquie. Mais certains pays frappés de plein fouet par le sous-investissement et le chômage de masse et qui auraient besoin de fonds pour ne pas demeurer dans une logique de compétitivité-coût, symbole de sous-développement chronique. Le Portugal a bénéficié en 14 mois d'une mobilisation de 701 millions d'euros, plus 40 millions d'euros d'aide à ses PME, soit 0,4 % de son PIB, avec un seul vrai projet industriel d'usine de biomasse. L'échec grec La Grèce, pays qui traverse la pire crise parmi les pays de l'UE et qui est encore en récession, est encore plus mal lotie. Alors que son gouvernement ne dispose d'aucune marge de manœuvre et que, pire, encore, il n'a utilisé pour faire des économies et complaire aux créanciers qu'un sixième des investissements prévus, alors que, en juillet 2015, Jean-Claude Juncker avait promis un « plan de relance » à la Grèce, le plan Juncker n'a, pour le moment, financé que 650 millions d'euros, dont 400 millions d'euros pour les aéroports régionaux. Rappelons que les aéroports les plus rentables viennent précisément d'être vendus à l'opérateur allemand Fraport. Athènes avait pourtant proposé 42 projets d'infrastructures pour un montant de 5,6 milliards d'euros. On remarquera également que deux pays de l'UE qui n'ont toujours pas bénéficié du plan Juncker, Malte et Chypre. Or, cette dernière île a traversé aussi une forte crise et est un des pays de l'UE qui souffre le plus de sous-investissement. Cet échec gréco-chypriote est très symptomatique des limites du plan Juncker : là où le secteur privé ne suit pas, le plan Juncker est inopérant. Il est incapable d'agir comme un élément moteur du changement, un « game changer ». Il est aussi très frileux et peu apte à prendre les risques que le secteur privé refuse de prendre, précisément ce qui manque à l'économie européenne. Aller investir beaucoup en Slovaquie est utile, mais le secteur privé y est déjà très présent et est attiré par la fiscalité et les faibles salaires. Investir dans les pays en crise, où l'investissement est réellement en panne est un enjeu bien plus important. Il n'est pas relevé par le plan Juncker qui, ainsi, confirme qu'il mobilise des fonds qui auraient été investis en UE de toute manière. Pas de stratégie globale Dernière faiblesse du plan Juncker : il ne s'inscrit pas dans une stratégie globale. Alors que la BEI finance des investissements, la Commission continue à s'attacher à sa politique de « respect des règles » et demande des réductions d'investissements publics ou de dépenses publiques. Le cas grec, cité plus haut, est caricatural. En France, l'investissement public des collectivités locales est en chute libre depuis deux ans pour permettre au déficit des administrations de passer sous les 3 % du PIB. En Espagne ou au Portugal, on va demander de « nouveaux efforts » pour éviter des sanctions et on se dit prêt à Bruxelles à geler des fonds structurels, donc des investissements européens dans ces pays... Au Portugal, au premier semestre, l'investissement public a chuté de 19,5 %. Ce qu'on donne (un peu) d'une main, on l'ôte donc de l'autre. Dans le même temps, on n'exige nullement de l'Allemagne plus d'investissement public pour réduire son excédent courant de 8 %, supérieur à ce que Bruxelles tolère normalement. Or, compte tenu du déficit d'investissement, tous les efforts devraient se conjuguer. Sinon, l'impact même du plan Juncker s'en voit réduit : il a une fonction partielle de compensation du sous-investissement public, non un effet d'entraînement. Un plan qui pèse peu Le plan Juncker n'est pas inutile : dans l'UE toutes les tentatives sont bonnes à prendre. Mais il est largement insuffisant, contrairement à ce que sous-entend Jean-Claude Juncker : pourquoi sinon, toutes les six semaines, Mario Draghi, le président de la BCE demanderait-il un plan Juncker « élargi » et une mobilisation de la politique budgétaire ? Ce plan est le reflet d'un mode de pensée : celui selon lequel la relance budgétaire classique ne fonctionne pas. Mais alors que le déficit budgétaire cumulé a été ramené à 1,8 % du PIB de la zone euro, c'est bien plutôt l'idée que la consolidation budgétaire créé les conditions de l'investissement qui ne fonctionne pas. Pour preuve : 2.000 milliards d'euros ont été créés par la BCE en un an et n'ont guère été transmis à l'économie réelle, malgré les rachats de titres et les taux négatifs. Le cadre du plan Juncker, qui reste marqué par la frilosité de la BEI, l'empêche clairement de peser sur l'économie européenne, n'en déplaise à l'ancien premier ministre luxembourgeois. Au moment où Japon et Royaume-Uni réfléchissent à de vrais plans de relance, l'UE ferait bien de faire de même et de s'interroger sur les moyens d'utiliser l'argent créé par la BCE dans l'économie réelle. Pour cela, il faudra cependant une « révolution dans les têtes » en acceptant un circuit de financement entre BCE et BEI et l'abandon par cette dernière de son obsession de la notation par les agences. Romaric Godin - La Tribune - lundi 25 juillet 2016
La lutte des classes est une réalité. Les syndicats veulent plus d'avantages sociaux, ou garder ceux qui existent. La droite souligne qu'ils contribuent au chômage et veut les aménager, sinon les réduire. Personne ne semble capable de changer de paradigme, de sortir du conflit par le haut. L'économiste français libéral, socialiste et prix Nobel Maurice Allais proposait de remplacer l'impôt sur le revenu - donc sur le travail - par un impôt sur le capital en montrant de manière détaillée à quelles conditions cette révolution fiscale serait possible et bénéfique économiquement. Curieusement cela ne semble intéresser aucun syndicat, aucun parti de gauche, pourtant censés défendre les travailleurs ...
L'accord de libre-échange UE-USA dans l'intérêt de l'Europe Belga - jeudi 28 juillet 2016 Angela Merkel a vigoureusement défendu jeudi l'accord de libre-échange controversé en cours de négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP), assurant qu'il était "absolument" dans l'intérêt des Européens. "Je considère cet accord absolument juste et important et dans l'intérêt absolu de l'Europe", a déclaré la chancelière allemande, lors d'une conférence de presse à Berlin, prenant ses distances avec d'autres pays, comme la France, qui se montrent sceptiques en l'état. Mme Merkel doit aussi faire face à une forte opposition au sein de sa propre coalition gouvernementale, où les sociaux-démocrates sont de plus en plus nombreux à ne plus croire à l'accord. En discussions depuis 2013, ce projet d'accord de commerce et d'investissement, généralement désigné sous les sigles TTIP ou Tafta, vise à créer la plus grande zone de libre-échange du monde. Mais il est la cible de nombreuses résistances, de la part d'alter-mondialistes et d'organisations de défense de l'environnement. Le choix récent du Royaume-Uni de quitter dans le futur l'Union européenne est venu encore compliquer la donne. "Vu les chiffres élevés du chômage dans l'Union européenne chez les jeunes, tout ce qui peut créer ou protéger des emplois en Europe doit vraiment être fait", a dit la chancelière. Elle ne s'est toutefois pas avancée sur un calendrier, alors que l'objectif initial de boucler les discussions avant que Barack Obama ne quitte la Maison blanche semble de plus en plus difficilement tenable
Je ne crois pas en l'Europe dans l'état actuel des choses. Nos ministres sont gouvernés par la commission Européenne elle même gouvernée par la grande puissance mondiale Etasunienne. Dans cette configuration, une autre Europe n'est pas possibles. actuellement nous existons pour renforcer les Etats Unis dans sa suprématie et la renforcer dans sa course incessante du pouvoir. Nous devons reprendre notre autonomie ainsi que tout les pays d'Europe, rebâtir des nations solidaires basées sur les forces locales, les soutenir contre les multinationales. Punir les délocalisateurs et ceux qui revendent aux multinationales une entreprise locale moyennant une amande.. Rebâtir une Europe sociale, proposant un revenu de base pour tous, ainsi ceux qui le désire travailleront moins, du travail sera proposé à tous avec pour conséquence moins de dépense d'énergie, moins de pollution, une décroissance. Les gens plus heureux auraient moins envie de consommer à outrance afin de nourrir leur frustration. Revaloriser l'échange de savoir en donnant un sens à la vie autrement que je consomme donc je suis - ce serait, je donne donc je suis.. Ensuite et seulement ensuite, une autre Europe sera possible !!!! Il faut absolument quitter celle-ci et d'urgence > être des pays neutre comme la suisse - stopper les dépenses pour l'armement, stopper les grandes faveurs aux multinationales !! favoriser les idées des citoyens, les concerter pour avoir des suggestions face à diverses situations etc???? Cette sortie est évidement possible, on à jamais été aussi mal depuis qu'on est dedans !!! Courage citoyens, courage, c'est pour nos enfants, pour l'environnement et pour le bien être de toutes créatures sur cette belle et bonne terre malmenée depuis trop longtemps par des mégalos minoritaires qui nous méprisent au plus haut point !!!! Bien à vous