Photo : Solidaire

L'IVG hors du Code pénal ? Les partis gouvernementaux enterrent le débat

Sortir l'interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal ? C'est le débat qui se posait concrètement en Commission Justice de la Chambre, ce mercredi 2 mai. Diverses propositions de loi, dont celle du PTB, demandent sa suppression du code pénal. L'IVG n'y a tout simplement pas sa place. Les partis du gouvernement ont tout fait pour enterrer le débat.

Qu'une femme veuille ou non devenir mère, c'est son propre choix. En maintenant l'IVG dans le Code pénal, le législateur le considère toujours comme un délit. Cela crée une pression morale sur les femmes et influence leur liberté de choix. Les médecins sentent également cette pression. 

On n'accorde pas non plus suffisamment d'attention à l'interruption volontaire de grossesse, dans la formation des médecins. Il s'en suit que de moins en moins de médecins peuvent ou veulent pratiquer l'avortement. 

Il importe de considérer l'IVG comme un acte médical et de le sortir du Code pénal. 

C'est pourquoi il importe de considérer l'IVG comme un acte médical et de le sortir du Code pénal. Ce n'est qu'ainsi que les femmes auront vraiment le droit de disposer elles-mêmes de leur corps. Si le gouvernement prend vraiment au sérieux l'émancipation de la femme, il doit alors prioritairement sortir l'avortement du Code pénal. Hélas, ce n'est pas le cas. Les partis gouvernementaux (MR, CD&V et N-VA) rendent le débat impossible. C'est encore ressorti ce 2 mai de la discussion qui a eu lieu au sein de la Commission Justice du Parlement. Les partis de la majorité ont tout mis en oeuvre pour empêcher le débat. Ils ont ensuite demandé d'intégrer la discussion sur l'avortement à une discussion générale et plus large sur le droit pénal. De la sorte, non seulement ils reportent le débat, mais ils risquent aussi de le noyer dans un débat bien plus large. 

Le PTB n'est pas d'accord avec cette manœuvre de report et prône un traitement rapide des propositions de loi, dont la plupart attendent depuis plus d'un an déjà.  

Une majorité des Belges sont favorables à la sortie de l'IVG du Code pénal et le considèrent comme un traitement médical. C'est ce que nous apprend une enquête du Centre d'action laïque et de deMens.nu. Le Grand-Duché de Luxembourg a sorti l'avortement de son Code pénal en 2014. 

Il est clair que ça ne bougera guère, du côté du gouvernement. C'est pourquoi nous devons continuer à mettre la pression, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Parlement, pour que l'IVG soit considéré comme un droit fondamental pour les femmes.

Étiquettes