Depuis 2007, Israël a fait de Gaza une véritable prison à ciel ouvert. Photo : stichting kifaia/Flickr

La jeunesse palestinienne défie les balles israéliennes

Depuis le 30 mars, les Palestiniens de Gaza manifestent tous les vendredis à la frontière qui les sépare d'Israël. Dans le cadre de leur « Grande Marche du Retour », ils réclament la fin du blocus illégal de Gaza et revendiquent leur droit à revenir sur les terres dont ils ont été expulsés. Au péril de leur vie.

Chaque vendredi, ce sont les mêmes images atroces qui nous parviennent : des manifestants pacifiques se font abattre par des snipers de l'armée israélienne. Leur hiérarchie les couvre et justifie chacun de leurs actes. Malgré la violence systématique de l'armée d'occupation, les jeunes palestiniens n'hésitent pas un seul instant à sortir manifester chaque vendredi.

Une nouvelle génération prend son sort en mains et, à l'image d'Ahed Tamimi, résiste fièrement à l'occupation.

De nombreux jeunes sont malheureusement à déplorer parmi les victimes. Mais ce triste constat est paradoxalement encourageant, car il est révélateur que c'est bel et bien la jeunesse qui est majoritaire dans ces mobilisations. C'est une nouvelle génération qui prend son sort en mains et qui, à l'image d'Ahed Tamimi, résiste fièrement à l'occupation. C'est un nouvel élan pour la résistance palestinienne qui redonne ainsi espoir à tout un peuple... et contredit la stratégie israélienne qui veut contraindre les Palestiniens à la résignation. En appui à leur lutte légitime, des voix s'élèvent aussi parmi les Israéliens pour s'opposer à ces crimes, à l'image de l'actrice Natalie Portman qui vient de refuser l'équivalent du prix Nobel israélien.

Tirs à balles réelles

Les manifestants ont dressé des tentes sur les terrains proches de la frontière. Ils s'y retrouvent, organisent des activités (concerts, sport, ateliers divers) et bien sûr des manifestations qui se tiennent principalement les vendredis. Lors de la manifestation du 20 avril, l'armée israélienne a tiré des gaz lacrymogènes sur un de ces camps, situé à 500 mètres de la frontière. Plus de 1800 personnes ont été blessées. Un chiffre énorme qui montre une fois de plus l'usage tout à fait disproportionné de la violence de la part de l'armée israélienne.

Le site internet de Bet'selem, une organisation israélienne de défense des droits humains, publie le témoignage de Manal, une mère de 43 ans. Celle-ci s'était rendue avec son mari et ses enfants au rassemblement de Khuza'a pour la « Journée de la terre » et pour le droit au retour des Palestiniens :  « Quand nous sommes arrivés au camp de tentes, il y avait beaucoup de monde. Nous nous étions mis à manger quand une bombe de gaz lacrymogène est tombée près de la tente. je me suis mise à crier, les enfants et moi-même nous n'arrivions presque plus à respirer. Je n'arrivais plus à ouvrir les yeux, j'avais une sensation de brûlure dans la poitrine et mon visage s'est mis à gonfler. Les secours sont arrivés sur place quelques minutes plus tard et ils nous ont donné les premiers soins. Ils nous ont donné des masques à oxygène pour qu'on puisse à nouveau respirer. Je me sentais très faible et les enfants aussi. J'avais peur parce qu'ils ont encore si petits. Nous n'avons rien fait pour mettre ces soldats en danger. Pourquoi alors ont-ils lancé ces gaz lacrymogènes ? »

Depuis le 30 mars, date de la première manifestation, 44 Palestiniens (dont 2 journalistes) ont été tués et plus de 2500 ont été blessés par des balles réelles tirées par les snipers israéliens.

11 années de blocus à Gaza

Depuis 2007, Israël a fait de Gaza une véritable prison à ciel ouvert. Rien ou presque n'y entre ou n'en sort. Même les patients qui nécessitent des soins à l'extérieur de Gaza ne peuvent en sortir. Rien qu'en 2017, 54 patients gazaouis sont morts parce qu'Israël a délibérément refusé de leur délivrer un visa médical pour se faire soigner hors de Gaza.
Israël fait vivre un cauchemar quotidien aux deux millions de Gazaouis. La situation est telle que 80% de la population est dépendante de l'aide humanitaire (celle-là même que Trump remet en question), 43% est en insécurité alimentaire et 40% de la population est au chômage.

A Gaza, 70% des habitants ont le statut de réfugiés.

Non content de maintenir son blocus criminel sur Gaza, Israël a aussi mené trois guerres contre Gaza, en 2008-2009, en 2012 et en 2014. Au cours de celles-ci Israël a causé la mort de 3 650 personnes (dont 2 500 civils). D'innombrables habitations ont été détruites, faisant plus de 100 000  sans-abri. En même temps, Israël ne laisse entrer dans la bande de Gaza quasiment aucun matériau pour la reconstruction.

Le droit au retour

A Gaza, 70% des habitants ont le statut de réfugiés. Ils sont arrivés à Gaza après avoir été expulsés de chez eux par l'occupant israélien.

Le blocus de Gaza finira bien par tomber.

Une première vague de réfugiés est arrivée en 1948, lors de la création de l'Etat d'Israël et de l'expulsion de 750 000 Palestiniens qui a fait suite à la destruction ou à l'occupation de leurs villages. Les Palestiniens nomment ces évènements la « Nakba »,  c'est-à-dire la catastrophe. Celle-ci a commencé le 15 mai 1948. Une deuxième vague a eu lieu après la guerre des Six-Jours de 1967, lorsqu'Israël a occupé militairement la Palestine. Des millions d'autres Palestiniens sont réfugiés dans les pays voisins. Les Nations unies reconnaissent qu'ils sont au total plus de 5 millions de réfugiés ; et la résolution 194 des Nations unies leur reconnaît le droit au retour, c'est-à-dire le droit de retourner sur les terres dont ils ont été expulsés par l'occupant.

C'est dans la perspective de la commémoration des 70 ans de la Nakba que les Gazaouis manifestent tous les vendredis. Et ils sont déterminés. Les balles des snipers israéliens ne les arrêtent pas. Bien au contraire, ils continuent à manifester de plus belle car ils savent que leur lutte est juste. Et que le blocus de Gaza finira bien par tomber.

Le PTB demande l'arrêt de toutes les missions économiques officielles en Israël

La position des autorités belges à l'égard d'Israël est claire : pour notre gouvernement, Israël est un pays partenaire avec lequel il faut à tout prix garder de bonnes relations. Des liens économiques existent, d'autres sont tissés et encouragés par les missions économiques que la Belgique (ou ses entités fédérées) organise en Israël.
Le PTB s'est toujours opposé à ce que la Belgique collabore avec l'Etat d'Israël tant que celui-ci ne respecte pas le droit international et mette en œuvre les résolutions de l'ONU qui le concerne directement. Israël doit donc mettre fin au blocus illégal sur Gaza, démanteler les colonies, mettre fin à l'occupation des territoires occupés et libérer les 6 500 prisonniers politiques – dont 300 ont moins de 18 ans – qu'ils détiennent dans leurs prisons.
Dans l'immédiat, le PTB demande l'arrêt de toutes les missions économiques officielles en Israël et l'imposition d'un embargo militaire.

 

Soutenez les centre de santé de Gaza 

A Gaza,  l'Union of Health Work committees (UHWC), le partenaire de l'ONG M3M, est tous les vendredis en première ligne pour soigner les blessés qui affluent vers leur hôpital Al Awda et leurs cinq autres centres de santé.

Déjà durement touché par la crise énergétique qui ne leur laisse que quelques heures d’électricité par jour, l'UHWC fait appel à la solidarité internationale pour pouvoir répondre à l'urgence à laquelle ils font face aujourd'hui. Ils ont besoin de médicaments, de matériel pour pratiquer des opérations chirurgicales et d'argent pour payer le carburant qui permet de faire fonctionner les générateurs d’urgence.

Vous pouvez les soutenir en faisant un virement au compte BE15 0010 4517 8030 avec en communication « Journée de la Terre » (les dons de 40 euros ou plus donnent droit à une attestation fiscale).

 

 

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