Photo : Raoul Hedeebouw (à Liège) et Peter Mertens (à Anvers). (Photo Solidaire)

« On lâche rien », lance Raoul Hedebouw ; « Change the system », Peter Mertens, président du PTB

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Peter Mertens

Raoul Hedebouw a été attaqué à l’arme blanche en marge de son discours du 1er mai à Liège. Les blessures sont légères et les motifs de l’agresseur sont encore inconnus. Raoul Hedebouw a néanmoins tenu son discours, en commençant par s’exclamer : « Il en faudra plus pour nous faire taire. » Peter Mertens, le président du PTB, qui s'est dit « profondément choqué » par cette agression, lui a transmis ses encouragements depuis Anvers, où il a tenu un discours sous le thème « Change the system ».

« Courage Raoul, on pense à toi ici depuis #Anvers et de tout le pays. 1er Mai #OnLâcheRien », a tweeté d’Anvers Peter Mertens. « #OnLâcheRien », c'est également le sens du message du 1er Mai du président du PTB, qui a prononcé un discours sous le thème de « Change the System ». Il a réclamé un plan contre le burnout pour protéger le travail contre le surmenage et l’épuisement et a appelé à protéger la nature en défendant la recherche publique et une défense publique de l’environnement. Il a ainsi sévèrement égratigné le sentiment de supériorité des libéraux.

Le discours de 1er Mai de Peter Mertens, président du PTB

Change the system : contre les profiteurs, pour la justice sociale, contre le racisme, pour le climat

« Notre mode de vie est indéniablement supérieur à tous les autres », écrit la présidente des libéraux flamands Gwendolyn Rutten dans son nouveau livre, dans lequel elle appelle à couper les ponts avec l’Arabie saoudite.

Et après ça, le gouvernement fédéral vote sans broncher en faveur de l’entrée de cette même Arabie saoudite dans la commission des droits des femmes de l’ONU. L’Arabie saoudite ! Un pays où les femmes ne peuvent même pas conduire une voiture. Un pays où les femmes sont légalement considérées comme mineures. Elles doivent demander l’autorisation d’un tuteur légal pour tout et n’importe quoi, même pour ouvrir un compte en banque ou voyager. Droit des femmes, liberté… qu’est ce qu’il en reste quand on déroule encore et encore le tapis rouge pour les cheiks du pétrole d’Arabie ? L’argent, c’est ça qui compte pour ce gouvernement, pas les Doits de l’homme.

On peut avoir une certitude : l’hypocrisie des libéraux est « indéniablement supérieure à toutes les autres »

On peut cependant avoir une certitude : l’hypocrisie des libéraux est « indéniablement supérieure à toutes les autres ». Quand on a appris le vote de la Belgique pour l’Arabie saoudite, le libéral Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, a fait comme s’il tombait des nues : « Je n’étais pas au courant ; c’est la faute du diplomate. » Il est alors apparu que Reynders avait été parfaitement mis au courant, même un jour d’avance, mais qu’il n’y voyait aucun problème.

Si l’Arabie saoudite siège à la commission des droits des femmes de l’ONU, a dit le vice-premier ministre Alexander De Croo, on pourra peut-être la convaincre de l’importance des droits des femmes. Autant prendre Filip De Winter du Vlaams Belang dans une commission contre le racisme ou Armand De Decker dans une commission d’éthique politique !

Nous faisons partie d’un mouvement qui grandit

Hier, Liliane m’a raconté sa visite à sa mère à l’hôpital. De toute la semaine, elle n’avait pas pu prendre un bain. Manque de personnel. Quand Liliane a voulu vider le sac en plastique de la sonde urinaire, elle a senti que tout le bandage de la jambe droite était imprégné d’urine. Une fuite du sac. En fin de compte, Liliane a dû elle-même laver sa mère et refaire un nouveau bandage.

Nous vivons dans un monde ou huit multimilliardaires possèdent plus de richesse que les 3,5 millions habitants les plus pauvres de la planète

C’est ça le « mode de vie indéniablement supérieur à tous les autres », mesdames et messieurs les libéraux ? Une société où nos parents et grands-parents sont considérés comme une charge budgétaire trop lourde et pas comme des gens qui méritent respect et soins ? Regardez un peu ce qui se passe dans le monde aujourd’hui.

Nous vivons dans un monde ou huit multimilliardaires possèdent plus de richesse que les 3,5 millions habitants les plus pauvres de la planète. Un monde où le fossé s’élargit entre les pauvres et des riches décadents, c’est ça votre « mode de vie indéniablement supérieur à tous les autres », mesdames et messieurs les libéraux ?

Nous vivons dans un pays où un secrétaire d’État à l’Asile et la Migration ose dire que Médecins sans Frontières ferait mieux de laisser femmes enceintes et enfants se noyer en Méditerranée, parce que sauver des vies humaines « crée un effet d’aspiration ». Est-ce que ce sont des « valeurs supérieures » ?

Le 1er Mai est la Fête du Travail, un jour de résistance contre l’élite des grands détenteurs de capitaux, contre les grands profiteurs qui se croient supérieurs et veulent imposer un modèle de société d’injustice et d’inégalité. Nous n’accepterons jamais ce modèle de société soi-disant supérieur. Quelle que soit la langue qu’on parle, quel que soit le pays où l’on est né, le 1er Mai est le jour de la solidarité entre tous ceux qui luttent pour un monde plus social.

Faisons du 1er Mai le jour où la peur se transforme en espoir et la résignation en lutte

Faisons du 1er Mai le jour où la peur se transforme en espoir et la résignation en lutte. Aujourd’hui, dans le monde entier, des hommes et des femmes descendent dans la rue. Ouvriers du bâtiment et artistes, infirmiers et ouvriers à la chaîne de montage, travailleurs de rue et de l’associatif. Et des jeunes, beaucoup de jeunes. Ce sont les bâtisseurs et bâtisseuses de l’avenir, celles et ceux qui ont allumé le feu de Bernie Sanders, celles et ceux qui, hier, ont propulsé Unidos Podemos en Espagne, et qui, aujourd’hui soutiennent par milliers Jean-Luc Mélenchon en France.

Nous faisons partie d’un grand mouvement qui se renforce sans arrêt. Un mouvement qui a des hauts et des bas, mais qui continue à croître tous les jours. Nous ne croyons plus les mensonges qu’on nous raconte, nous n’acceptons plus le modèle de société dépassé qu’on nous impose d’en haut. Nous exigeons le droit de changer de cap.

Protégeons le travail : un plan social contre le burnout.

On est en train de brûler toute une génération au nom du profit maximum. C’est ça, le monde que nous voulons ?

Le 1er Mai, c’est la protection du travail. Contre l’épuisement. Contre le surmenage. Contre l’arbitraire. Qui oserait prétendre que ce message n’est pas actuel ? Dans le « mode de vie indéniablement supérieur à tous les autres » des libéraux, la moitié des travailleurs vit sous la menace du burnout. Il ne s’agit pas seulement de quinquagénaires usés. De plus en plus de jeunes craquent sous la pression de la vie. Par rapport à il y a dix ans, il y a aujourd’hui trois fois plus de trentenaires cloués chez eux par un burnout. Le « mode de vie indéniablement supérieur à tous les autres » des libéraux, c’est le stress, la charge de travail et l’insécurité.

Aujourd’hui, des jeunes se crèvent au travail, écrasés par le rythme de la production, stressés par une société du chacun pour soi. Les entreprises exigent toujours plus de leur personnel, pour rester compétitives dans un marché mondial en délire. Les gens doivent travailler plus, plus dur et plus longtemps. C’est ça, le monde que nous voulons ? Une société où la moitié des gens vit dans l’angoisse d’être éjectée du carrousel de l’emploi ? On est en train de brûler toute une génération au nom du profit maximum. Essayez de vous installer comme jeune ménage. Avec la flexibilité, la charge de travail et l’incertitude de l’emploi, il est toujours plus difficile de combiner travail et famille, loisir, engagement dans la société…

Et pour celui qui ne s’en sort pas, c’est la galère. La ministre de la Santé Maggie De Block va le « responsabiliser », l’« activer » et le sanctionner. Au lieu d’aider ceux qui ne s’en sortent pas, au lieu de leur donner le temps de reprendre leur souffle, on les chasse et on les punit. Ça, c’est le « mode de vie indéniablement supérieur à tous les autres » de la droite.

Nous travaillons pour vivre, nous ne vivons pas pour travailler. Or le libéral Daniel Bacquelaine a défendu la politique du gouvernement d'allongement des carrières, de chasse aux malades et d'heures supplémentaires en invoquant... Karl Marx. Oui, oui ! Il a écrit : « La gauche a trahi l’héritage de Karl Marx. Pour ma part, je partage, la conception du travail de Karl Marx car, il a reconnu dans le travail une vertu émancipatrice. » Faut oser quand même...

La richesse que nous produisons tous ensemble est plus grande que jamais, le partage du gâteau est plus inégal que jamais.

Bien sûr, M. Bacquelaine, Marx a dit que le travail peut être émancipateur, mais seulement, et ce c'est que vous oubliez, M. Bacquelaine, si le travail commence à se libérer de l'emprise du capital.

Car si la richesse que nous produisons tous ensemble est plus grande que jamais, le partage du gâteau est plus inégal que jamais. Nous n’accepterons pas que toujours plus de gens craquent sous la productivité et la charge de travail tandis que quelques uns accaparent les fruits de notre travail. Les bénéfices des entreprises ont augmenté de 15 %. Les CEO des entreprises cotées en bourse de notre pays se sont octroyé la rémunération confortable de 1,96 million d’euros. Et notre petit pays en est maintenant à 110 000 millionnaires. Record battu. Mais pour nous, le prix à payer, c’est l’augmentation inquiétante du nombre de burnouts.

C’est pourquoi il faut repartager la richesse et laisser souffler les gens. C’est pourquoi nous exigeons une solution radicale : ramener la semaine de travail à 30 heures, soit cinq jours de six heures de travail.

Le 1er Mai est né comme une journée mondiale de lutte pour la réduction du temps de travail, et Marx en parlait déjà, M. Bacquelaine. Il y a 100 ans, on rejetait la journée des huit heures comme « impossible », « irréaliste »… jusqu’à ce que les pionniers du mouvement ouvrier l’emportent. Tout comme nous obtiendrons cette semaine de 30 heures que certains qualifient d’« impossible », d’« irréaliste ».

Nous travaillons pour vivre, nous ne vivons pas pour travailler. Il y a eu un temps ou les gens travaillaient six jours sur sept. Ce n’est que depuis 1955 que ne pas travailler le samedi a été inscrit dans la loi, après de nombreuses grèves du samedi. C’est à la lutte sociale que nous devons le week-end tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Nous travaillons pour vivre, nous ne vivons pas pour travailler

Pourquoi ne pourrait-on pas aujourd’hui faire un pas de plus ? Est-ce que nous travaillons pour vivre, ou est-ce que nous vivons pour travailler ? Nous voulons une réduction du temps de travail pour avoir le temps de souffler. Plus de temps de détente. Plus de temps pour les enfants. Plus de temps pour les soins. Plus de temps pour l’engagement.

Un monde social : c’est cela que nous exigeons en ce 1er Mai et c’est pourquoi nous revendiquons un plan social contre le burnout en quatre piliers :

1. Partage du travail, vers une semaine de 30 heures avec maintien de salaire.

2. Retrait de la loi Peeters. La flexibilité effrénée mine notre vie sociale. Respect d’horaires de travail fixes et d’une durée hebdomadaire du travail fixe.

3. Rythme de travail humain et priorité à la santé des travailleurs.

4. Arrêt de la chasse aux malades de longue durée ; laisser aux patients le repos et le temps pour qu’ils se rétablissent.

Protégeons la planète : investissons dans la recherche publique et la protection publique de l’environnement

Dans le « mode de vie supérieur » des libéraux, une multinationale comme Monsanto peut falsifier les études scientifiques pour dissimuler le risque cancérigène du Roundup

Le 1er mai est l’occasion de rappeler qu’il faut protéger le travail, mais aussi la nature. Nous voulons avoir le temps de respirer, mais aussi pouvoir respirer dans un environnement sain. Nous ne voulons pas d’un air cancérigène. De cultures cancérigènes. D’un sol cancérigène. De produits qui affectent les capacités de notre terre et l’empêchent de se régénérer.

Dans le « mode de vie supérieur » des libéraux, une multinationale comme Monsanto peut falsifier les études scientifiques pour dissimuler au public le risque cancérigène de son herbicide Roundup. Voilà les droits et valeurs supérieurs du capitalisme, mesdames et messieurs les libéraux.

Encore et encore, nous assistons au petit jeu entre nos politiciens et les multinationales qui, au nom du profit maximum, sont autorisées à bafouer notre droit à la santé, notre droit à un air sain, à une alimentation saine et une planète saine.

L’industrie pharmaceutique fait disparaître des études sur les effets néfastes des médicaments. Les barons de l’amiante sont responsables de dizaines de milliers de décès. Volkswagen a équipé ses voitures d’un logiciel truqueur permettant de dissimuler les émissions de CO2 des voitures diesel. Encore et encore des mensonges, mais toujours un seul et même intérêt : l’intérêt des actionnaires des grandes entreprises.

Aujourd’hui, nous disons :

Ce n’est pas normal que Monsanto fasse circuler dans le monde des études qui sèment le doute sur les risques cancérigènes du glyphosate et autres produits. Ce n’est pas normal que ces études soient signées par des prétendus « scientifiques indépendants » payés par ces mêmes grandes entreprises. Ce n’est pas normal que nos terres agricoles soient polluées, que notre terre soit épuisée et notre santé ruinée.

Pourquoi n’existe-t-il pas un niveau d’alerte 4 pour la santé publique ?

Pourquoi n’existe-t-il pas un niveau d’alerte 4 pour la santé publique ? Pourquoi n’impose-t-on pas une interdiction d’utilisation des herbicides chimiques mortels ? Pas seulement aux particuliers, mais à l’industrie agricole également ? Nous ne voulons pas de ces cultures cancérigènes, ni d’un air cancérigène ou d’un sol cancérigène.

1. Il faut permettre aux agences alimentaires et sanitaires d’avoir leurs propres mécanismes de contrôle indépendants face aux grandes entreprises et aux lobbies. La sécurité alimentaire, la santé publique et le principe de précaution doivent être une priorité, et non les profits et intérêts concurrentiels des puissantes multinationales.

2. Il faut soutenir la recherche publique plutôt que les tricheries de quelques privés. La semaine dernière encore, dans le monde entier, et chez nous aussi à Bruxelles, des scientifiques sont descendus dans la rue pour réclamer une recherche publique correcte. « Nous voulons que le monde politique tienne compte des études scientifiques », a déclaré un jeune professeur universitaire à la radio. Il faut tenir compte du savoir collectif des universités et centres de recherche publics et cesser de croire naïvement ce que racontent les études falsifiées des lobbyistes.

3. Il faut investir dans la science. L’être humain est doté d’une intelligence et d’un talent énormes. Pourquoi ne pas rassembler toutes ces connaissances et s’en servir pour ce qui compte vraiment ? Grâce à une science innovante et une recherche révolutionnaire, nous pourrons lutter contre le réchauffement climatique, protéger l’environnement et assurer le développement durable de notre planète. Nous ne pouvons pas laisser ces connaissances servir les intérêts privés de quelques-uns.

La gauche est de retour, avec une stratégie

Un tiers des jeunes en France ont voté pour Mélenchon. C’est aussi le cas pour Sanders, Unidos Podemos en Espagne, et Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne. Oui, la gauche est de retour, avec une stratégie.

« La gauche est de retour, avec une stratégie ». C’est ainsi que titrait un grand journal ce week-end. On peut être aveuglé par la victoire de Donald Trump, mais la plus grande surprise des élections américaines reste ce contre-mouvement phénoménal, au cœur de la société, porté par Bernie Sanders et ses bâtisseurs du futur. On peut pester tant qu’on veut contre le banquier Emmanuel Macron, le candidat de la haute finance aux élections présidentielles françaises, et encore plus contre la fasciste Marine Le Pen. Mais il y a aussi Jean-Luc Mélenchon, qui a mobilisé des centaines de milliers de Français pour une alternative sociale et durable. Et c’est ça, l’avenir.

Un tiers des jeunes en France ont voté pour Mélenchon. C’est aussi le cas pour Sanders, Unidos Podemos en Espagne, et Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne. Oui, la gauche est de retour, avec une stratégie. Hier, des milliers de jeunes à Anvers ont participé au DiverCity Festival organisé par notre mouvement de jeunes RedFox : un festival pour un avenir social et sans racisme, pour une société durable, fondée sur la diversité et la solidarité. C’est ça, notre réponse à la politique du « diviser pour mieux régner » de la droite et de l’extrême droite.

Le PTB a aussi le vent en poupe. Selon les derniers sondages, nous passerions de 2 à 16 sièges au parlement. En Wallonie, à Bruxelles, mais aussi en Flandre. Nous apportons le vent de frâicheur de la gauche authentique dans un monde politique traditionnel cerné par la culture de la cupidité. Nous avons eu le Kazakhgate, qui implique tout à la fois le milliardaire Patokh Chodiev, les libéraux Armand De Decker et Didier Reynders et l'ancien président français Sarkozy. Il y a l'affaire Publifin en Wallonie qui implique tous les partis traditionnels. Et, en Flandre, aussi, la culture de la cupidité a été révélée au grand jour quand il s’est avéré que Siegfried Bracke de la N-VA, le président de la Chambre, était le plus grand profiteur politique de tous, avec un revenu de plus de 300 000 euros par an. À tous les étages de l’État fédéral, dans toutes les langues et dans tous les partis traditionnels, il y a des scandales.

Mais ce n’est pas uniquement une question d’argent. C’est aussi une question de démocratie. Les parlementaires devraient représenter le peuple et non leur propre portefeuille ou les intérêts des banques et multinationales.

Il y a cinq mois, ces scandales ont éclaté. D’abord en Wallonie, puis en Flandre. Cinq mois plus tard, rien n’a sérieusement bougé. Ce qui était annoncé comme une « tornade éthique » en Wallonie n’est qu’une légère brise et, au fédéral, le groupe de travail « renouveau politique » est un coup dans l’eau. Il est vrai que désormais les lobbyistes qui pénétreront dans le parlement devront signer un registre. C’est une bonne nouvelle pour les restaurants des environs de la rue de la Loi, où ils vont pouvoir faire du lobbying en se régalant. Et il est aussi vrai que, désormais, les politiciens devront déclarer « l’ordre de grandeur » de leurs rémunérations auprès des entreprises et des banques.

Vous devez participer vous aussi à la construction de ce mouvement, de ce contre-courant d’en bas, pas à pas, brique par brique. Sans ce contre-courant, nous ne pourrons pas construire de contre-pouvoir.

Il ne manquerait plus que cela ! Mais ce n’était pas ça la question. Ce que nous réclamons, ce sont de véritables cloisons étanches entre la politique et le monde des affaires. Nous réclamons une sérieuse réduction des salaires des ministres et des députés, avec un plafond pour le salaire des politiciens fixé à trois fois le salaire moyen d’un travailleur.

Les partis au pouvoir nous reprochent notre populisme, mais ce que nous proposons est tout simplement très populaire : 72 % de la population est contre le cumul de mandats rémunérés des politiciens professionnels.

Nous avons besoin d’autres porte-voix comme Raoul Hedebouw et Marco Van Hees au Parlement. Des parlementaires capables de faire entendre la voix du peuple dans l’épaisse poussière de la Chambre. Des politiciens qui vivent comme monsieur Tout-le-Monde, avec un salaire normal. Des politiciens qui savent ce que signifient concrètement une hausse de la TVA, un saut d’index ou des factures d’eau qui augmentent.

Tout cela, nous ne le ferons pas à votre place, mais avec vous. Vous devez participer vous aussi à la construction de ce mouvement, de ce contre-courant d’en bas, pas à pas, brique par brique. Sans ce contre-courant, nous ne pourrons pas construire de contre-pouvoir. Et sans contre-pouvoir, nous ne pourrons rien changer au parlement, même avec 30 élus.

Ce que nous voulons, c’est un avenir fait de justice sociale, de démocratie d’en bas et de protection durable de l’environnement. Ensemble, changeons le système – change the system –, contre les profiteurs et pour la justice sociale, contre le racisme et pour le climat.