Manifestation des travailleurs des services publics devant la Tour des Finances le 31 mai 2016. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Les fonctionnaires fédéraux ripostent aux missiles du ministre Steven Vandeput

auteur: 

Alice Bernard

La grève des fonctionnaires a été bien suivie ce 30 avril. Une première action d’avertissement de la fonction publique fédérale à l’égard de Steven « F35 » Vandeput (N-VA). Outre l’introduction de l’intérim et des attaques sur les congés et les maladies, le ministre de la Défense et de la Fonction publique veut bombarder le statut même des fonctionnaires.

Qu’on ne s’y trompe pas : l’attaque frontale du ministre Vandeput contre les fonctionnaires fédéraux cadre dans une attaque générale du gouvernement contre l’ensemble des travailleurs, du public comme du privé. Le but est de généraliser les boulots précaires, sous-payés et hyper-flexibles. Les jobs de type Lidl, où le personnel n’en peut plus et le fait savoir, est l’horizon rêvé du patronat et (donc) du gouvernement. Dans le cadre de cette offensive globale, il y a des attaques particulières contre les fonctionnaires. C’est comme dans le dossier des pensions : il y a un but général qui est le même (ici, faire travailler la population plus longtemps), mais les spécificités de la fonction publique font que certaines attaques sont spécifiques.

Steven Vandeput introduit le « codex », une refonte – avec de profondes modifications – de toute la réglementation applicable aux fonctionnaires (recrutement, carrière, rémunération, congés, licenciement, etc.). Et vite. Le ministre a préparé ce projet dans son coin pendant trois ans et voudrait tout d’un coup le faire aboutir absolument avant les grandes vacances. Les attaques sont multiples, mais le plus gros morceau est la volonté de ne plus engager de fonctionnaires ayant le statut de la fonction publique. Tous les futurs travailleurs seraient embauchés comme contractuels, c’est-à-dire avec un contrat de travail du secteur privé. Bref, c’est la mort programmée des fonctionnaires.

Le gouvernement veut également autoriser le recours à l’intérim. Alors que ça coûte 1,7 fois plus cher, que les contractuels sont déjà là pour des missions temporaires et qu’on pourrait utiliser la mobilité interne.

Moins de congés, fin du statut...

Il veut aussi diminuer le nombre de jours de congés. Le ministre veut arriver à 35 jours maximum, y compris les récupérations d'heures supplémentaires.

Autre cible : le crédit maladie. En la matière, historiquement, les fonctionnaires étaient mieux protégés que les travailleurs du privé puisqu’ils pouvaient accumuler un certain nombre de jours d’absence pour faire face à une maladie lourde. Avec le projet de Steven Vandeput, le secteur public serait encore plus pénalisé que le secteur privé : les fonctionnaires fédéraux auraient droit à 30 jours de salaire garanti par an en cas de maladie. À l’issue de ceux-ci, ils tomberaient à 60 % de leur salaire. Dans le privé, un travailleur tombe sur la mutuelle après un mois, mais s’il reprend le travail et retombe malade durant la même année, il a de nouveau droit au mois de salaire garanti.

Des privilèges, vraiment ?

Pour faire avaler la réforme, ces ministres qui gagnent 10 000 euros nets par mois et peuvent partir à la pension plus tôt que tout le monde, font croire que les fonctionnaires sont des privilégiés. « Ils sont nommés à vie. » Tout le monde aimerait avoir une stabilité d’emploi, des conditions de travail acceptables, une pension correcte. Comme les fonctionnaires, dont le statut constitue une épine pour le patronat qui veut avoir un marché du travail le plus précaire possible. Si des conditions meilleures existent, il est plus difficile de mettre la pression sur les gens. On fait passer pour un privilège ce qui devrait être la norme pour tous les salariés.

Le ministre prétend « supprimer les inégalités » entre les secteurs public et privé. On pourrait penser que le but est d’amener tout le monde à égalité avec le statut le plus avantageux. Mais non, on n'a rien compris. Pour le ministre, ça veut dire niveler vers le bas : tout le monde devrait s’aligner sur les travailleurs contractuels (non nommés), c’est-à-dire sur le contrat qui offre le moins de stabilité et de sécurité salariale, y compris pour la pension.

Pour le gouvernement, qui sert docilement le patronat, casser le statut et aligner tout le monde sur les normes du privé facilite la privatisation et la main mise de la loi du marché et de la concurrence. On a vu le résultat à la Poste : une fois le statut brisé, les salariés sont pressés comme des citrons, mais les bénéfices s’envolent et remplissent les poches des actionnaires privés.

En passant à l’action, les fonctionnaires défendent en fait tous les travailleurs. Et ils méritent notre soutien.

Même scénario dans toute l’Europe
L’offensive du ministre Steven Vandeput ne tombe pas du ciel. Dans toute l’Europe les gouvernements manoeuvrent pour privatiser tout ce qui est privatisable dans le public et pour casser les maillons forts du marché du travail. C’est cette stratégie que le gouvernement Macron suit en France. Il casse les droits des salariés du public, SNCF en tête, pour faire des économies, privatiser et augmenter la concurrence sur le marché du travail.
Mais la résistance grandit en France. Les travailleurs de la fonction publique dans son ensemble se sont aussi mis en mouvement. En intersyndicale, ils se battent contre les coupes dans les budgets publics, un gel des rémunérations, une baisse des effectifs, etc. Les hôpitaux sont particulièrement touchés. En réponse aux attaques gouvernementales, ils multiplient les journées de grève et de manifestation. Avec le soutien de plus en plus large des étudiants et de la population. Leur lutte est un gage d’avenir. Celui d’une société qui préserve le sens du bien commun.

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Commentaires

la belgique na plus d argent , pour investir dans tous les domaines quand je vois que tous tombe en ruine partout suite a l austérite que nous subisont de la par du gouvernement de voleur , je me demande se que je vais laisser a mes petit enfant , si sa continue il aurons plus rien du tous , il seriat peut etre temps que les gens se rende compte de cela et de sortir une bonne fois pour toute dans la rue , et dire he ho stop la on en a marre foutez le camp sale gouvernement de voleur
Je suis d'accord c'est un gouvernement de bandit de plus le plus des mauvaises persones qui nous veulent pas de bien du tout.