Le gouvernement fera perdre 753 euros au salarié moyen les deux prochaines années

Le gouvernement boucle une nouvelle loi qui limitera fortement les possibilités d'augmentations salariales les deux prochaines années. Les salaires belges augmenteront donc moins que les salaires dans nos pays voisins. Le gouvernement Michel-De Wever organise ainsi ni plus ni moins que le dumping salarial.

Pendant que le gouvernement s'attaque à nos salaires, ceux des CEO continuent d'augmenter... Découvrez ici comment.

Conformément à la loi salariale actuelle1, on calcule tous les deux ans le pourcentage d'augmentation que pourront connaître les salaires belges sur la base de l'évolution des salaires prévue dans les pays voisins (Allemagne, France et Pays-Bas) et sur la base de l'augmentation prévue de l'index (l'augmentation des prix). Cette loi a été votée en 1996 pour éviter que les salaires en Belgique n'augmentent plus vite que les salaires dans les pays voisins, donc pour éviter un écart salarial par rapport à ces pays de référence.

Or cet écart salarial est désormais totalement gommé. Cela fait même plusieurs années que nos salaires augmentent moins vite que dans deux des trois pays de référence. Il devrait donc être possible d'augmenter les salaires de 2,4 % en plus de l'index.

Telle n'est toutefois pas la volonté du gouvernement, qui a décidé de modifier le mode de calcul de cette marge salariale. Nos salaires augmenteront donc moins que chez nos voisins. Notre gouvernement organise ainsi le dumping salarial.

Au lieu des 2,4 % de marge salariale – selon l’ancienne loi –, les salaires ne pourront plus augmenter que de 1,2 % avec la nouvelle loi. Pour un revenu moyen (ce qu'on appelle le salaire médian) de 2 976 euros bruts, cela signifie une perte de 753 euros d'augmentation salariale sur deux ans.

Le pouvoir d'achat belge diminue, mais le gouvernement comprime encore les salaires

Il est particulièrement étrange que le gouvernement prenne maintenant cette mesure pour comprimer les salaires. En effet, selon une étude allemande, la Belgique est un de seuls pays d'Europe (avec la Grèce et le Portugal) où les prix augmentent plus vite que les salaires. Ce qui veut dire que notre pouvoir d'achat régresse.

En 2016, l'Allemagne a connu une augmentation salariale moyenne de près de 5 %. Les salaires ont également augmenté aux Pays-Bas (+3,5 %) et en France (+4 %). Pourquoi alors continuer à limiter les salaires belges ?

Le gouvernement vise toujours le travailleur ordinaire

Les grands actionnaires, les multinationales et les top-managers se frottent les mains. Pour les profits des grandes entreprises et pour les revenus des gros actionnaires et des CEO, qui continuent à s'envoler, il n'est absolument pas question de modération salariale ou de plafond.

Un pouvoir d'achat qui se réduit est également mauvais pour l'économie. Les petits indépendants le ressentent particulièrement. Durant la première moitié de 2016, leurs ventes ont diminué de 2,4 %.

Cette recette de modération salariale a déjà prouvé qu'elle enfonçait l'Europe davantage dans la crise. Dans les années 1990, en Allemagne, cette politique a poussé des millions de travailleurs dans la pauvreté.

Lire ici l'étude complète du service d'études du PTB.

1. Officiellement appelée la « Loi relative à la promotion de l'emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité ».