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Le personnel de Ryanair exige le respect et lance une grève européenne les 25 et 26 juillet

Les mercredi et jeudi 25 et 26 juillet, le personnel de cabine de la compagnie aérienne Ryanair fera grève en Italie, en Espagne, au Portugal et en Belgique. Ensemble et solidaires, ces travailleurs ont décidé de passer à l'action contre l'exploitation pratiquée par cette compagnie depuis des années. En Allemagne et aux Pays-Bas, le personnel de cabine prévoit la même chose pour fin août. 

« Quand, au début de cette année, le personnel de cabine portugais de Ryanair a fait grève, le CEO Michael O’Leary a décidé de contrer la grève en faisant appel à du personnel d'autres pays. La ligne Lisbonne-Madrid-Lisbonne est subitement devenue Madrid-Lisbonne-Madrid », raconte une syndicaliste espagnole. Dans toute l'Europe, les syndicats ont alors vite compris que, dans ce conflit, il fallait agir à l'échelle européenne.

Les syndicats ont alors vite compris que, dans ce conflit, il fallait agir à l'échelle européenne

La CNE, le syndicat chrétien des employés, a obtenu un arrêt de la Cour de justice européenne décrétant que ce sont les tribunaux du travail du pays où l'on preste qui sont compétents dans cette sorte de conflits sociaux. Ce jugement a boosté le travail des syndicats au sein de Ryanair. De plus en plus de travailleurs se sont affiliés à un syndicat. Bien contre son gré, O’Leary a dû reconnaître les syndicats irlandais. En 2012, il avait pourtant déclaré qu' « il gèlerait en enfer » avant qu'il reconnaisse les syndicats. Six ans plus tard, Ryanair a reconnu les syndicats au Royaume-Uni. Tout comme les syndicats des pilotes en Italie. En Belgique, les discussions sont en cours. Mais O'Leary ne rend pas la vie facile aux syndicats. Après la grève au Portugal, il est resté sourd aux revendications de ceux-ci.

Les syndicats et les travailleurs de Ryanair exigent 3 x RESPECT

Les travailleurs et les syndicats ont trois revendications :

  • Ryanair doit appliquer la législation nationale du pays où le travail est presté.
  • Ryanair doit entamer des négociations avec les syndicats locaux sans restrictions.
  • Ryanair doit appliquer les mêmes conditions de travail pour tout le personnel de cabine. Actuellement, le personnel de Ryanair travaille selon trois contrats différents (Ryanair ou les sous-traitants Crewlink et Workforce) et donc aussi sous des conditions de travail différentes.

Les syndicats ont également préparé un tract dans lequel ils demandent aux voyageurs leur compréhension. Ce sont par ailleurs ces mêmes voyageurs qui font souvent les frais de la politique d'O’Leary. L'an dernier, des centaines de vols ont été annulés et les passagers ont dû aller en justice pour récupérer leur argent. En effet, tout tourne autour du profit.

Le PTB soutient ces revendications des syndicats et le combat courageux du personnel qui mène une lutte qui n'est pas sans risques.

Low cost, low jobs

Ryanair est le « Uber » des compagnies aériennes et elle entraîne tout le secteur dans son sillage

Ryanair est le « Uber » des compagnies aériennes, et elle entraîne ainsi tout le secteur dans son sillage. Chaque grande compagnie aérienne possède actuellement un département low cost. Eurowings, la filiale low cost de Lufthansa, veut devenir le nouveau Ryanair et se lance à fond dans la concurrence. Brussels Airlines, qui a été intégrée dans ce groupe Eurowings, est progressivement restructurée. Et, comme chez Ryanair, l'emploi, les conditions salariales et de travail sont sacrifiés sur l'autel de la course effrénée au profit.

Partout en Europe, les plaintes se multiplient quant aux mauvaises conditions de travail du personnel de Ryanair. Derrière les sourires des stewards et hôtesses de l'air, il y a beaucoup de mécontentement et d'anxiété. « Nous sommes jugés sur base de la quantité de cartes à gratter et de parfum que nous avons vendue, explique un collaborateur polonais qui travaille à l'aéroport d'Eindhoven. En cas de maladie, les intérimaires ne sont pas payés durant les trois premiers jours d'absence. Ils veulent savoir pourquoi nous sommes malades et exigent un rapport du médecin, ce que les médecins néerlandais ne font bien sûr pas. »

Stop à la libéralisation ! Pour un secteur de l'aviation au service de la population et du personnel

Les deux événements les plus importants lors de la vague des libéralisations ont été la faillite frauduleuse de la Sabena et la privatisation de la société d'exploitation de l'aéroport (BAC) en 2004. BAC est désormais aux mains d'un capitaliste australien et d'un fonds de pensions canadien – l'État belge n'en possède plus que 25%. C'est donc uniquement le profit qui compte. L'arrivée de Ryanair à Zaventem en 2014 en est un bon exemple. On peut certes acheter un billet pour 19 euros, mais les conditions de travail sont mauvaises. Le PTB veut que l'État belge reprenne une participation majoritaire dans Brussels Airport. L'exploitant de l'aéroport doit faire en sorte que les entreprises respectent les conditions de salaire et de travail du secteur. Les règles européennes doivent également être respectées. La Cour européenne de justice a donné un avantage aux syndicats en jugeant que les travailleurs de Ryanair ayant un conflit avec leur employeur peuvent intenter une action en justice dans leur pays.

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