Photo Solidaire, Dieter Boone

Le PTB Anvers présente ses candidats

auteur: 

Sofie S.

Le 14 mars, à Anvers, les six premiers noms, la tête de liste et le premier suppléant des listes pour le Parlement fédéral et le Parlement flamand ont été présentés. On a opté d’une part pour quelques valeurs sûres et, d’autre part, pour un renouveau. Dans ce renouveau figurent aussi bien des jeunes candidats que des candidats d’ouverture.

L’ambition du PTB à Anvers est grande : avec ces listes, il voudra pour la première fois entrer au Parlement. Et, en premier lieu, au Parlement fédéral.

Les candidats au Parlement fédéral

Là, c’est Peter Mertens, président du PTB, qui tire la liste. Il sera accompagné de Zohra Othman, à la deuxième place, avocate au Progress Lawyers Network et première échevine PTB à Borgerhout. Elle y est responsable de la jeunesse et travaille avec la participation des jeunes à Borgerhout. Zohra y organise tout un travail dans le seul district anversois où la N-VA n’est pas au pouvoir.

À la troisième place, encore un visage connu, et peut-être le plus connu de toute la liste : Dirk Tuypens, acteur originaire de Malines. « Le niveau où s’est retrouvé le débat politique et public est un niveau où il s’agit de crier le plus fort, de lancer des insultes et de rendre les autres ridicules. Alors que tous les ténors s’assoient pour discuter de points et de virgules car, pour l’essentiel, ils sont tous d’accord. Je refuse de croire qu’il n’y a plus d’alternative. »

Puis vient un, nouveau visage, en quatrième position : Anne Delespaul, une étudiante de Mol. « En tant qu’étudiante en dernière année de médecine, je vois quotidiennement comment notre société rend malade. Le PTB est le seul parti avec un programme social conséquent et, bien sûr, en tant que Campinoise, je tiens également à y contribuer et à montrer que le parti est en train de grandir vraiment chez nous aussi. »

Mohamed Chebaa, délégué syndical et conseiller communal anversois originaire de Merksem, est en cinquième place. Au conseil communal, il est de tous les conseillers celui qui soit intervenu de la façon la plus conséquente à propos du racisme. Depuis 2010, le mot n’avait plus été prononcé à l’Hôtel de Ville, mais Mohamed a remis à l’ordre du jour le problème de la discrimination sur le marché de l’emploi et celui du logement.

En sixième position, nous retrouvons Dirk Van Duppen, conseiller au CPAS d’Anvers et père de l’initiative du modèle kiwi. Il est actuellement occupé à faire du vélo… sur l’autoroute de Madrid. Au sens littéral du terme, puisque cette autoroute a été recouverte d’une toiture et qu’on peut donc faire du vélo dans un parc. Dirk ramènera cette expérience dans la lutte que le PTB mène ici autour du tracé BAM. Le PTB organise actuellement une campagne de sensibilisation massive, entre autres, en distribuant 150 000 dépliants dans la zone d’Anvers.

Le pousseur de la liste est également un visage connu : Kris Merckx, conseiller provincial et fondateur de Médecine pour le Peuple. « Cette campagne sera ma 25e et jamais l’enjeu n’a été aussi grand : pour la première fois, nous allons pouvoir décrocher un siège au Parlement. Ce début de percée est dû en grande partie aux mérites de la nouvelle et jeune direction. Mais je suis content que Médecine pour le Peuple y ait toujours une part aussi. »

Enfin, la première suppléante sur la liste pour le Parlement fédéral est Mie Branders, le solide pilier du groupe communal anversois et, elle aussi, médecin pour le peuple. « Bien des jeunes à peine sortis de l’école et désireux de se bâtir un avenir n’y arrivent pas. Ils ne peuvent acheter de maison ni penser à fonder une famille, mais ne parviennent pas à trouver un travail décent. Par ailleurs, je vois beaucoup de gens de 65 ans qui, après leur carrière, souffrent de trop de maladies pour pouvoir profiter de leur pension en bonne santé. »

Les candidats au Parlement flamand

La surprise du jour était le pousseur de la liste pour le Parlement flamand. Il s’agit de Mike De Herdt, en tant que candidat d’ouverture. Il a mené des combats sur plusieurs fronts. Comme ancien coordinateur des jeunes de la FGTB, entre autres. Un jeune lapin rouge donc et, pour l’instant, organisateur de concerts aussi sur la scène reggae. « Il est temps que vienne un parti qui dise que ce n’est pas notre responsabilité propre. S’il y a de la pauvreté, il faut la combattre, et non combattre les pauvres. Idem pour le chômage, qui doit être combattu, et non pas les chômeurs. Il faut au Parlement un parti politique qui examine tout selon une autre perspective. Actuellement, on met tout en œuvre pour continuer à faire tourner l’économie et on ne regarde plus en fonction des gens. »

Jos D'Haese, tête de liste, donne des explications à propos de ses deux premiers mois de campagne : « Le principal et le plus intéressant de ce que j’ai fait a été de présenter les résultats de notre enquête. Parce que nous avons également profité de l’occasion pour entrer en discussion avec les gens : que pensent-ils des résultats obtenus et des priorités qui sont ressorties ? Intéressant aussi de se retrouver dans des endroits où nous n’étions jamais allés et où pourtant, chaque fois, il y avait beaucoup de monde. »

En deuxième position sur la liste figure Lieve Seuntjens, médecin pour le peuple à Deurne. Elle est suivie par Marc Vandepitte, candidat d’ouverture à la troisième place. « Je figure sur la liste du PTB en tant que candidat d’ouverture parce que je ressens la nécessité de devoir mettre d’urgence un terme au long démantèlement de notre État providence et au réchauffement climatique. Il n’y a pas un seul autre parti qui s’engage suffisamment dans ce défi. »

Puis suit le travailleur de la chimie, Peter Konings, à la cinquième place. « Je suis ouvrier, donc le Parti du Travail de Belgique est mon parti. Ce sont les seuls à distribuer des tracts aux portes des usines. Les autres partis, on les voit lors de l’ouverture d’une nouvelle installation. Nous voyons chaque mois ce qui se passe vraiment dans les entreprises : les gens ne sont pas remplacés, la pression du travail augmente. Entre-temps, les entreprises reçoivent beaucoup d’argent. La déduction de l’intérêt notionnel, par exemple. Le mot “notionnel”, est-ce que quelqu’un ici sait ce qu’il veut dire ? Non, car le mot n’existe pas. Le ministre Reynders l’a inventé, ce mot, parce qu’il pouvait difficilement désigner ce système du nom de “cadeau fiscal”. »

A la sixième place figure Nadine Peeters, conseillère de district à Anvers. Luk Vandenhoeck est premier suppléant et secrétaire syndical de Boom. Il participe également à la coordination de la Journée du socialisme. « Le mouvement ouvrier à besoin du PTB. Après les élections, avec un gouvernement sans doute de droite, nous aurons besoin d’un fort parti de gauche au Parlement et qui pourra appuyer un syndicat fort. »

Une voix pour le courant social

Une équipe forte et diversifiée, qui aborde le défi des élections. Et Peter Mertens de conclure en renvoyant à des propos tenus par Bruno Tobback (sp.a) à la radio, en début de journée. « Tobback a raconté ce matin que le PTB n’aurait aucun impact en Flandre. Eh bien, il se trompe. Car nous savons ce qui se joue, sous le radar, parce que nous sommes actifs dans les quartiers et dans les entreprises. En 2012, aucun sondage ne nous donnait plus d’un siège à Anvers. J’ai à l’époque perdu plusieurs paris avec des militants qui nous disaient que nous obtiendrions plus d’un siège. Car, en Flandre, existe un courant qui est très solidaire. Ce n’est pas un hasard si, ces derniers temps, nous voyons tant d’action sociale, chez Agfa-Gevaert, chez Lanxess… Ce courant a besoin d’une voix et ils savent qu’ils peuvent la trouver au PTB. »