Photo (stephan) / Flickr

Le PTB est opposé à la Corée du Nord militariste et dynastique

On demande souvent au PTB quelle est son attitude à l'égard de la Corée du Nord. Pourtant, les porte-parole et les élus du parti ont déjà dit et écrit à maintes reprises que le régime nord-coréen n'a strictement rien à voir avec tout ce que défend le PTB. Ce dernier n'a tout simplement aucune relation avec le gouvernement ou le parti de Corée du Nord. Un point, c'est tout. Et il y a de bonnes raisons à cela.

La société nord-coréenne est militarisée et uniformisée à un degré très élevé. Ce concept militariste de la société porte un nom en Corée du nord : « songun », ce qui signifie « l'armée d'abord ». Sur tous les terrains, les militaires constituent la principale force de développement de la société, selon l'actuel dirigeant Kim Jong-un. Rien ne semble indiquer qu’il y ait la moindre trace de participation démocratique réelle de la population. Le système de transmission héréditaire du pouvoir qui est établi de facto à Pyongyang – on en est à la troisième génération de la famille Kim à la tête de l'État, du parti et de l'armée – est en tout cas diamétralement opposé à notre conception de la démocratie.

La société nord-coréenne s'appuie sur une idéologie propre, la « doctrine du Juche », avec, par exemple, ses propres mythes et une datation propre, ainsi qu'un « kimilsunisme-kimjongilisme » officiel. Celui-ci n'a bien sûr strictement rien à voir avec le marxisme vivant et contemporain dont le monde en crise d'aujourd'hui a tant besoin, il y est même totalement opposé.

L'orientation militariste du pays pèse comme une chape de plomb sur son développement économique et social. Il n'y a pas de chiffres officiels, mais on estime que 15 % du budget de l'État va à la Défense. La priorité que la Corée du Nord octroie à l'armée et à la recherche et au développement d'armements nucléaires détourne d'importants moyens financiers qui ne peuvent être investis dans des programmes économiques et sociaux en vue de répondre aux besoins élémentaires de la population. C'est d'autant plus flagrant que le pays avait déjà une très mauvaise base de départ après l'épuisante et dévastatrice guerre de Corée (1950-1953), qu'il souffre d'un grand manque de terres fertiles et qu'il est confronté à de nombreuses catastrophes naturelles.

Pyongyang se cramponne obstinément à une dangereuse politique de surenchère militaire, avec une succession de lancements de missiles et d'essais nucléaires souterrains, le tout accompagné de menaces gratuites et d'un langage on ne peut plus belliciste. On ne peut évidemment pas ignorer à ce niveau-là les décennies d'agression américaine : 30 000 soldats en Corée du Sud, des exercices militaires de grande envergure chaque année et toutes sortes de menaces, y compris nucléaires, de la part de la première puissance militaire au monde… ce n'est pas rien. Le spécialiste de la Corée Koen De Ceuster, professeur à l'Université de Leyde, parle de « machisme et de comportement de coq de village dans les deux camps » et déplore que « les États-Unis en remettent chaque fois une couche ».1 Washington ne peut rêver d'un « meilleur » ennemi, un ennemi qui, chaque fois, tombe dans le panneau de la course aux armements, y compris dans la production et les tests d'armes nucléaires. Au niveau mondial, cela attire à Pyongyang un déferlement de critiques et de sanctions, même de la part de son ancienne alliée la Chine.

La politique irresponsable de la Corée du Nord, qui s'appuie sur la confrontation militaire, est en contradiction avec la mise en place de zones libres d'armes nucléaires, le désarmement, la démilitarisation, le dialogue et la paix. Et ce, que ce soit dans la péninsule coréenne, dans la région asiatique au sens élargi ou dans le monde en général.

C'est pour toutes ces raisons que, depuis de nombreux années, le PTB a résolument décidé de refuser quelque contact que ce soit avec le Parti du Travail de Corée au pouvoir ou avec tout représentant du régime nord-coréen. Depuis son Congrès du Renouveau (2008) et son Congrès de la Solidarité (2015), le PTB essaie de donner forme à un projet de société qui lui est propre, vers un Socialisme 2.0. Le marxisme contemporain du PTB ne ressemble en rien à l'aberrante caricature que la péninsule coréenne en fait.

Sur le chemin d’un socialisme moderne et novateur, nous ne ferons pas un pas vers l'avant avec des nostalgiques du passé ou avec des admirateurs d'une dynastie militariste et dictatoriale. Qu'il n’y ait aucun doute à ce propos.

1. Joos, Radio 1, 4 avril 2013.

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