En novembre 2013, quelque 700 militants belges avaient participé à la manifestation en marge du sommet climatique de Varsovie. (Photo Mediactivista / Flickr)

Le PTB-go! répond aux questions du mouvement environnemental

« Quelle mesure concrète pour le climat inclurez-vous dans le prochain accord de gouvernement ? » C’est la question que pose, à travers sa nouvelle campagne « questionclimat.be », le mouvement environnemental belge aux partis politiques. Voici la réponse du PTB-go!

Cette campagne est le fruit d’une collaboration entre Bond Beter Leefmilieu, Inter-Environnement Wallonie, WWF, Brusselse Raad voor het Leefmilieu et Greenpeace. À quelques jours des élections, « les cinq organisations visent à installer le climat - et, plus généralement, l’environnement - au centre du débat politique, peut-on lire sur le site www.questionclimat.be. Une thématique complètement négligée alors que les conséquences du réchauffement climatique sont de plus en plus visibles à travers le monde. »

Sur le site, les visiteurs ont la possibilité d’envoyer un mail à Elio Di Rupo, Charles Michel (MR), Benoît Lutgen (cdH), Paul Magnette (PS), Emilie Hoyos (Ecolo), Olivier Maingain (FDF) et Raoul Hedebouw (PTB-go!). Ce dernier a ainsi reçu plus de 300 mails de personnes qui tiennent le climat à cœur. Voici la réponse qu’il leur a adressée :

« Il faudra une contre-voix sociale et écologique au parlement »

« Bien le bonjour,

Un grand merci pour votre courriel exigeant des mesures concrètes pour le climat. C’est là une excellente initiative pour continuer à mettre la question climatique sur la table.

Cette question nous tient à cœur et, avec tous nos bénévoles, nous faisons aussi de notre mieux pour la mettre à l’ordre du jour.

De nombreux citoyens trouvent également le changement climatique important, c’est ce qui ressort de l’enquête que nous avons fait l’année passée chez 41 420 Belges.

C’est la raison pour laquelle nous avons consciemment choisi de faire du climat un des cinq fers de lance de notre campagne. Nous avons voulu l’illustrer par une affiche qui pousse à la réflexion, avec la boutade « Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé. ». (Cliquez ici pour la voir)

Et bien sûr aussi avec un programme élaboré : « GoLeft 3 : Une vision sociale du climat »

En tant que parti social, nous sommes fortement préoccupés par la crise climatique. Les derniers rapports du Giec indiquent clairement qu’il est minuit moins cinq. Il est encore possible de ne pas dépasser la limite d’un réchauffement de 2°C, à condition de faire un revirement structurel et urgent, et d’avoir une approche massive.

Il faut d’urgence des mesures d’absorption du CO2 (reforestation, plus de nature, agriculture écologique). Le Giec a calculé le « budget carbone » dont la Terre dispose encore. Au rythme actuel, il sera épuisé dans 20 ans. Il faut donc d’urgence et sans tarder faire la transition vers des formes d’énergie renouvelables.

Les rapports scientifiques pleuvent des quatre coins du monde. Ils illustrent tous que nous allons droit vers un dépassement de seuils, qui enclencheront des effets boule de neige que nous ne pourrons plus arrêter. Toutes les tentatives de résoudre le problème par des mécanismes de marché (commerce des droits d'émission, certificats verts, fiscalité verte...) ont failli. Nous sommes convaincus que la crise climatique doit être un appel à réfléchir à un véritable changement de société, en osant sortir du cadre étriqué des mécanismes de marché actuel.

C’est à partir de cette vision large et sociale que nous proposons les mesures concrètes suivantes :

1. Power to the people. L’énergie aux mains de la collectivité.
L’énergie est trop importante pour la confier au marché libre. Dans une révolution verte, il n’y a pas de place pour Electrabel et consorts. Nous voulons prendre en main nous-mêmes les leviers de notre avenir.

2. Des entreprises publiques de l’énergie pour de l’énergie verte.
Nous voulons que soient créées des entreprises publiques de l’énergie. Nous voulons que l’État investisse lui-même dans la production durable d’énergie et qu’il fournisse l’énergie bon marché à la population. Nous prônons un plan d’avenir national pour l’énergie verte et pour les entreprises de l’énergie disposées à fournir de l’électricité verte au niveau national. Un contrôle démocratique est d’une importance cruciale. Ensuite, des entreprises publiques communales d’énergie verte peuvent également fournir une précieuse contribution, en participant au niveau local, à petite échelle, au système de l’énergie de demain.

3. Pour la mise en place de réseaux de chauffage central urbain.
Les réseaux de chaleur pour le chauffage des habitations, l’eau des sanitaires, le chauffage des serres et, inversement, pour le refroidissement, constituent une technologie bien connue et efficace. Ces réseaux de chaleur peuvent être alimentés par la chaleur excédentaire de l’industrie, par la combustion de déchets ou par la production d’électricité, mais on peut également le faire avec des pompes à chaleur fonctionnant sur l’électricité en provenance de sources d’énergies renouvelables.

4. Un master plan pour le développement des transports publics.
Nous devons élaborer un vaste plan de développement des transports publics. Train, métro, tram et bus doivent être plus attrayants, surtout dans les villes. Les transports publics doivent également avoir une fréquence bien plus régulière et être plus confortables et meilleur marché. 

Nous voulons travailler à rendre piétonnier le centre des villes. Nous optons résolument pour plus d’espace pour les vélos.

5. Le transport de marchandises sur de longues distances : obligatoire par chemin de fer ou par bateau.
Nous voulons donner la priorité au transport par rail ou par bateau, parce qu’ils sont moins nocifs pour l’environnement. Et, par conséquent, nous voulons des investissements publics dans ce domaine. Le transport des marchandises sur longue distance doit se faire obligatoirement par conteneur, par chemin de fer ou sur les voies navigables.

6. Isolation de toutes les habitations récentes avec le soutien de la collectivité.
Dans beaucoup d’habitations, on peut encore réaliser d’importantes économies d’énergie. Au lieu de transférer les deniers publics vers des propriétaires privés (primes, déductions fiscales), ce qu’il nous faut, c’est un plan d’isolation à grande échelle, avec un système de tiers payant.

Ce ne sont pas toutes des mesures simples à mettre en œuvre, mais nous sommes convaincus qu’un changement social et écologique profond est nécessaire. Un changement qui va plus loin que du chipotage à la marge.

Nous sommes aussi convaincus que ces mesures ne seront réalisées que grâce à une sensibilisation, une organisation et une mobilisation incessantes. Avec une forte pression d’en bas et à partir des différentes associations environnementales.

Nous avons un grand respect pour ton engagement écologique, car il restera nécessaire, tout comme nous, qui sommes convaincus qu’il faudra encore après le 25 mai une contre-voix sociale et écologique au parlement, qui pourra porter les revendications des mouvements de base dans le débat parlementaire.

Pour le PTB-go!

Raoul Hedebouw »