Le PTB lance une pétition pour un sommet climatique sans multinationales

Le gouvernement permet que les centrales nucléaires restent ouvertes plus longtemps, mais un accord belge sur la distribution des efforts concernant le climat n'est toujours pas là. « Il n’est guère étonnant alors qu’hier, au sommet de Paris sur le climat, la Belgique ait été désignée comme “fossile du jour” », selon le PTB. Qui propose un plan climatique national sous contrôle citoyen et soutient l’appel à la manifestation nationale de ce dimanche 6 décembre, à Ostende.

De toute justesse, cette nuit, un accord a été conclu entre Electrabel et le gouvernement fédéral. Notre Premier ministre l’a signé avec Gérard Mestrallet, le CEO d’Engie (anciennement GDF Suez), la maison mère d’Electrabel.

Selon l’accord, les centrales nucléaires de Doel 1 et 2 peuvent être maintenues dix ans de plus. Quelques heures plus tôt, le gouvernement flamand s’opposait une fois de plus à un accord portant sur toute la Belgique et concernant les efforts climatiques pour la période 2013-2020. « Il n’est guère étonnant dans ce cas qu’hier, au sommet de Paris sur le climat, la Belgique ait été désignée comme “fossile du jour” », réagit Jos D’Haese, spécialiste PTB des questions concernant le climat.

« La ministre du climat en personne, Marie-Christine Marghem (MR), a elle-même loupé littéralement le train du climat pour Paris, du fait qu’elle était encore à table avec Electrabel », ajoute Jos D’Haese. « Ça en dit long… »

Le PTB reproche au gouvernement de donner la priorité aux multinationales plutôt qu’à une politique climatique efficace. « L’an dernier, pour la première fois en Belgique, on a produit moins d’énergie renouvelable que l’année précédente », explique Jos D’Haese. « Mais, à Electrabel et consorts, on ne met surtout pas de bâtons dans les roues. Au contraire, aujourd’hui, Electrabel peut encore maintenir ses centrales obsolètes pendant dix ans de plus. Gros bénéfices assurés mais, de la sorte, les investissements en énergies renouvelables, eux, sont encore plus freinés. »

« Charles Michel a dit hier à Paris que nous devions changer de défis sur le plan de nos possibilités », ajoute D’Haese. « Malheureusement, son gouvernement est occupés à quitter la voie des défis et à bloquer celle des possibilités. Les engagements pris par la Belgique au niveau européen sont bien trop limités – 13 % de réduction des gaz de serre alors que l’objectif de l’UE est de 20 % – et la répartition de ces efforts entre les différents États membres et régions, qui devait déjà être un fait il y a six ans, n’a toujours pas été mise au point aujourd’hui. Nous devons continuer à mettre la pression sur les décideurs politiques, afin de dégager un accord climatique contraignant qui soit réellement ambitieux et socialement équitable. » C’est pourquoi le PTB soutient l’appel en faveur d’une manifestation nationale à Ostende, dimanche 6 décembre.

« Il est temps que les multinationales comme Engie – qui sont également présentes en force à la COP21 – cessent de déterminer les choix politiques de notre gouvernement », explique Jos D’Haese. Le PTB et son mouvement de jeunes ont par conséquent lancé une pétition demander d’écarter les entreprises de la table des négociations à Paris.

« Il est temps aussi que sorte un plan climatique national, partant des besoins des gens et non des intérêts d’une poignée d’actionnaires », conclut D’Haese. « Ainsi, nous pourrons vraiment transformer les défis du changement climatique en possibilités. Investissons dans l’isolation, dans l’énergie renouvelable, dans le logement durable et dans les transports publics, sous contrôle de la société. De la sorte, nous mettrons enfin notre pays sur les rails vers un avenir durable, et nous assurerons des emplois à nos jeunes. »