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Le PTB pour fusionner SNCB et Infrabel, au contraire de la N-VA qui veut scinder en six sociétés

Michaël Verbauwhede, spécialiste SNCB du Parti du Travail de Belgique (PTB) : « le bon sens recommande de fusionner SNCB et Infrabel. Pas de morceler nos trains en 6 sociétés comme le veut la N-VA. »

Avec sa proposition pour scinder les lignes de chemin de fer, Bart De Wever avance son projet de scission de la SNCB. Il instrumentalise par là un conflit social pour avancer au fond le vieux projet N-VA de scission du pays. Michaël Verbauwhede dénonce : « Le résultat pratique de cette régionalisation, ce sera 6 entreprises ferroviaires : 3 gestionnaires des infrastructures (wallon, flamand et bruxellois) et 3 exploitants du réseau (wallon, flamand et bruxellois).  Or, une cause importante du retard des trains est l’organisation du rail belge. Un consultant externe a montré en 2008 que la ponctualité des trains a commencé à se détériorer à partir de la scission de la SNCB en plusieurs sociétés. La proposition de De Wever aboutira à plus de complexité, plus retards, et encore plus de mécontentements des usagers. »

Et le spécialiste SNCB du PTB de continuer : « De Wever prône la scission de la ligne Charleroi-Anvers pour éviter effets de la grève. Il veut tout communautariser, mais il bute sur la réalité : il y aura aussi grève à Bruxelles et en Flandre. »

De Wever oublie aussi Bruxelles, où un tiers des trains belges passent. Si les trains s’arrêtent à Bruxelles pour faire demi-tour, cela ne fera qu’encombrer la jonction Nord-Midi déjà surchargée. Le PTB dénonce enfin la logique cachée de la régionalisation. Michael Verbauwhede : « l’objectif de De Wever est de scinder la SNCB pour mieux libéraliser et privatiser, comme cela a été le cas en Allemagne ou aux Pays-Bas par exemple. Or, les exemples étrangers de libéralisation et privatisation se révèlent être une catastrophe. En Grande-Bretagne, le rail coûte plus cher à l'Etat et aux usagers. Les Britanniques passent donc deux fois à la caisse, pour au final remplir les poches des actionnaires : en 2013, 300 millions d’€ de dividendes ont été versés aux actionnaires des compagnies de chemin de fer privées anglaises. Tout ça pour un rail moins efficace, moins ponctuel, moins sûr ».

Michael Verbauwhede : « avec le PTB, nous avons rédigé une brochure qui donne une vision ambitieuse et positive du rail en Belgique. Un rail performant, avec davantage de trains, des trains plus rapides et à l’heure. Le bon sens recommande de fusionner SNCB et Infrabel. Pas de morceler nos trains en 6 sociétés comme le veut la N-VA. Alors qu’on apprenait aujourd’hui que 2015 avait connu un nouveau record de files sur nos routes, un investissement massif dans le rail est plus que jamais nécessaire. »