Le 20 septembre, le PTB et Médecine pour le Peuple ont mené une action à Anvers pour promouvoir leur proposition. (Photo Solidaire, Karina Brys)

Le PTB propose de créer une maison médicale dans chaque quartier

« Tout le monde devrait avoir le droit de consulter son médecin généraliste sans argent », explique Sofie Merckx, médecin généraliste et tête de liste pour le PTB à Charleroi.

Pour celle qui est également la spécialiste santé du parti de gauche, « il est inacceptable qu’en 2018, des personnes soient obligées de reporter des soins de santé pour des raisons financières. Et, pour cela, des maisons médicales au forfait, où les soins de première ligne sont, gratuits sont indispensables dans chaque commune et dans chaque quartier des grandes villes du pays. »

Les maisons médicales au forfait sont en effet des centres de soins de santé de proximité où les patients peuvent bénéficier de soins sans avoir à débourser un centime. Via la mutualité, la maison médicale reçoit un montant fixe (forfaitaire) par patient inscrit, quel que soit le nombre de fois que le patient se présente. À la maison médicale, le patient peut s'adresser directement au médecin, à l'infirmière, et aux autres professionnelles de la santé. Il existe une collaboration intense entre les diverses disciplines et on travaille intensivement à la prévention. Les maisons médicales proposent souvent aussi des activités liées à la santé, ce qui donne de la vie au quartier.

Sofie Merckx connaît bien la situation : elle travaille depuis 19 ans à Marcinelle, dans une maison médicale de Médecine pour le Peuple, le réseau de maisons médicales créé à l’initiative du PTB. Pour elle, « les maisons médicales représentent une alternative à la politique d’austérité dans les soins de santé menée par le gouvernement fédéral. En agissant en amont, en proposant des soins de première ligne proche des gens et accessibles on peut pérenniser notre système de soins sur une base solidaire au lieu d’évoluer vers une médecins à deux vitesses. »

Le PTB veut que l’accès aux soins de santé soit au cœur de la campagne électorale communale. « Les communes du pays doivent prendre leur responsabilité en soutenant l’ouverture de nouvelles maisons médicales, plaide Sofie Merckx. Elles peuvent faciliter l’installation de jeunes médecins ou d’une équipe multidisciplinaire voulant s’engager dans la médecine gratuite. Le soutien peut prendre de multiples formes: de l’acquisition et la mise à disposition de locaux à des subsides ou des aides à l' emplois pour le personnel qui encadre ces structures. La ville de Gand subsidie à hauteur de 25 000 euros par an les maisons médicales sur son territoire. Et soutient hauteur de 50 000 euros les nouvelles structures. »

Début décembre 2017, l'Agence Inter Mutualiste (AIM) publiait une étude sur les coûts et la qualité des soins de santé dans de tels centres de santé. Elle comparait 50 000 patients inscrits dans des maisons médicales et 50 000 autres issus du système de la médecine à la prestation. Qu'apprenait-on ? Les maisons médicales ne sont pas plus chères pour la société, elles sont gratuites pour le patient et elles dispensent en outre des soins de meilleure qualité que la médecine à la prestation. Cette première ligne gratuite et accessible permet également de désengorger les examens et les spécialistes.

Pour le PTB, ces centres de soins de proximité constituent le modèle d'avenir d’une politique de soins de santé. D’ailleurs, une enquête réalisée par le Réseau de lutte contre la Pauvreté auprès des organisations spécialisées dans la lutte contre la pauvreté révèle que que ces dernières font des maisons médicales une priorité politique afin d'intervenir contre l'inégalité entre riches et pauvres. En menant une politique active à tous les niveaux de pouvoir, il devrait être possible, d'ici 2025, de soigner un million de personnes dans des maisons médicales.

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