Les épargnants d’Arco ne sont pas des spéculateurs

La Commission européenne a affiché son intention de rejeter la garantie d’État pour les épargnants d’Arco, le bras financier du Mouvement ouvrier chrétien (MOC), en pleine liquidation. Pour le PTB, les économies des petits épargnants d’Arco doivent être protégées, et ce sont les grandes banques qui doivent payer la note.

« Aucun épargnant ne doit payer pour la cupidité et l’imprudence du secteur bancaire, estime Peter Mertens, président du PTB, et donc pas non plus les 800 000 petits épargnants d’Arco. Dans cette catastrophe, les coopérateurs n’ont aucune responsabilité. On ne peut pas traiter sur le même pied des épargnants avec une mise réduite et de grands investisseurs et spéculateurs. »

Depuis 2001, Arco, le holding financier du MOC, qui fonctionne essentiellement comme une coopérative, détient d’importantes parts de Dexia. En 2011, lorsque Dexia s’effondre, Arco est pris dans la tourmente. Le gouvernement de l’époque avait alors décidé d’offrir une garantie aux épargnants individuels d’Arco, tout comme il l’avait fait pour les épargnants des banques.

Aujourd’hui, alors que le groupe est en liquidation, la Commission européenne s’est positionnée contre ce système de garantie d’État, qu’elle considère comme une aide publique « illégale ».

« Inacceptable, réagit Peter Mertens. Les pays européens ont injecté des milliards d’euros dans le sauvetage des banques, avec l’approbation de la Commission européenne. Mais protéger les économies de 800 000 petits épargnants serait apparemment “illégal”. L’Europe prend parti pour le grand capital et fait payer la crise des banques au citoyen ordinaire. Nous voulons que les victimes du désastre Arco soient indemnisées. »

Le PTB veut que ce soit le secteur bancaire lui-même qui supporte la garantie. « Les autorités doivent garantir que les épargnants d’Arco récupèrent leur argent, mais il faut présenter la facture au secteur bancaire. C’est lui qui a provoqué la crise, c’est à lui de payer. » Le PTB veut qu’on mette sur pied un fonds interbancaire alimenté obligatoirement par les grandes banques et les institutions financières.

Le PTB réclame en outre une enquête sur le scandale Arco, explique Peter Mertens : « La plus grande erreur a été commise selon nous en 2001, quand une société essentiellement coopérative a décidé de lier son sort à une banque privée. En 2001, la BACOB, la banque du mouvement ouvrier chrétien, a fait une erreur d’appréciation en se jetant dans les bras de la banque privée Dexia. Déjà à l’époque, notre parti s’était montré très critique à propos de cette opération. Les épargnants d’Arco se sont retrouvés ainsi le jouet des aléas des marchés financiers et des lois du rendement maximum, ce qui est inconciliable avec une conduite socialement responsable. Si une enquête révèle qu’en plus, il y a eu des fautes de gestion ou des opérations illégales, celles-ci doivent être punies par un tribunal. »