Les nouvelles semaines de travail élastiques sont mauvaises pour notre famille, notre santé et notre porte-monnaie

La semaine de 38 heures va-t-elle être supprimée ? Le gouvernement propose de calculer le temps de travail sur l'année et plus sur la semaine. Peter Mertens, président du PTB, réagit.

Peter Mertens : « Au lieu de créer de nouveaux emplois stables, les gouvernements européens veulent supprimer, flexibiliser et scinder ceux qui existent déjà. Terminé, les semaines normales de travail. Une semaine, ce sera 45 heures de travail, les suivantes, il n'y en aura presque pas. Ces nouvelles semaines élastiques nuisent à la vie familiale et sociale, à la santé et au pouvoir d'achat. Ce n'est pas un progrès, c'est une régression. »

Avec l’annualisation du temps de travail, le travailleur devra en effet adapter toute sa vie sociale et familiale à la production et les heures de soirée, de nuit ou de dimanche deviennent des heures « normales », donc sans sursalaire. De même, contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’emploi, Kris Peeters (CD&V), le travailleur sera encore plus soumis au stress, ce qui augmente les risques d'épuisement, de burn-out et d'accidents de travail. Il est en effet évident qu’on est moins frais après 10 heures de travail.

Le projet d’annualiser le temps de travail fait partie d'un paquet de mesures préparé par Kris Peeters pour « moderniser » le droit du travail. Peeters plaide pour l'instauration du travail intérimaire à durée indéterminée, pour des contrats zéro heure au lieu de temps partiels, pour une refonte des systèmes de congé… Toutes ces dispositions flexibilisent le marché du travail et démantèlent la protection sociale, pour répondre aux desiderata des patrons. Pour les travailleurs, elles n'annoncent rien de bon.

« Au lieu d’inventer des absurdités comme les contrats zéro heure, les contrats yo-yo ou le travail intérimaire à vie, il serait bien plus judicieux d’opérer un choix de société tourné vers l’avenir. Une organisation du travail où les gens ne sont pas en permanence suspendus à une ficelle, mais où ils peuvent à nouveau gérer leur propre vie », estime Peter Mertens, qui rappelle l’exigence du PTB de redistribuer le travail grâce à la semaine de 30 heures sans perte de salaire.