Photo Solidaire, Fabienne Pennewaert

Les propositions du PTB face à la crise migratoire

Les migrations en soi ont toujours existé dans l’histoire, et ont été la plupart du temps une vraie source d’enrichissement. Les crises migratoires que nous connaissons aujourd’hui, en Europe notamment mais pas forcément principalement d’ailleurs, peuvent poser problème par leur caractère massif et contraint. Ce sont avant tout les causes de ces crises que nous devons résoudre.

1.  S'attaquer aux vraies causes : mettre fin aux guerres. Personne ne devrait avoir à fuir, il faut s'attaquer aux causes. Les guerres menées par la Belgique et d'autres pays de l'OTAN en Irak, Afghanistan, en Libye et en Syrie sont les premières causes actuellement de la crise des réfugiés. Les bombardements en Libye en 2011 ont également déstabilisé l'ensemble de la région: c'est suite à ce conflit par exemple que des groupes terroristes comme Boko Haram se sont retrouvés en possession d'armes de guerres en grande quantité au Nigéria, un des pays d’où proviennent aujourd’hui un certain nombre de réfugiés. Les mêmes partis en Belgique et en Europe qui s’en prennent aux réfugiés ont voté et continuent à soutenir toutes ces guerres. La Belgique doit s'engager dans une diplomatie active et indépendante au service de la paix au lieu de vouloir acheter de nouveaux avions de chasse qui coûtent plusieurs milliards d'euros pour continuer cette politique de guerre.

2. S'attaquer aux vraies causes (bis) : laisser les pays du sud se développer. En Afrique, la politique commerciale de l'UE qui subventionne tout une série de produits déversés sur le marché africain tue l'agriculture locale et jette des gens sur la route de l'exil. Un commerce mondial non équitable et des dettes illégitimes emprisonnent les pays du Sud dans un carcan économique. Au Nigeria, pour reprendre cet exemple, le pétrole est exploité par des multinationales européennes et américaines comme Shell, Total, Exxon. L'Europe doit laisser les pays du sud se développer, mettre fin à tous les accords commerciaux et de libre-échange inégaux et injustes, arrêter d’encourager la fuite des cerveaux, annuler les dettes illégitimes et investir dans la coopération au développement. Permettre Tant que les intérêts des grandes banques et multinationales occidentales continueront à dicter l’exploitation des pays du Sud, les gens continueront inévitablement à fuir pour échapper à la misère et mettre leur famille à l’abri.

3.  Organiser une conférence internationale annuelle sur les migrations, sous l’égide de l’ONU, combinant les réponses d’urgence, le soutien aux pays d’accueil, la préparation du retour des réfugiés et l’anticipation des réfugiés climatiques des décennies à venir. Permettre des transferts de technologie et la suppression des droits de propriété intellectuelle pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique et ses effets

4. Respecter la Convention de Genève et la Convention européenne des droits de l’Homme. Les personnes qui fuient la guerre et les persécutions doivent recevoir une protection et être accueillies dignement. Les droits de l’Homme sont un héritage de la seconde guerre mondiale, pour ne plus jamais revivre la situation des millions de personnes qui ont du fuir à l’époque. Ils doivent être incontournables.

5. En finir avec les trafics d’êtres humains, ouvrir des routes sûres et légales. Des routes sûres et légales doivent être ouvertes afin de permettre aux réfugiés de ne pas faire appel à des organisations criminelles de trafic d'êtres humains.

6. Renforcer les missions de sauvetage en mer. Des milliers de réfugiés se noient en tentant d'atteindre l'Europe en traversant la Méditerranée. Les missions de sauvetage doivent être renforcées.

7. Adopter un plan de répartition au niveau européen. L'Italie ou la Grèce ne doivent pas se retrouver seuls à devoir accueillir les réfugiés qui arrivent en Europe. Ils doivent pouvoir être répartis à travers les différents Etats européens selon une clé de répartition basée sur la situation socio-économique de chaque État-membre.

8. Construire un programme d'aide au retour des réfugiés qui le souhaitent lorsque la situation de leur pays de départ le permet.

9.  Les centres d’accueil doivent être connectés avec le tissu associatif et avec le quartier. Une politique sociale et d’intégration doit être menée dans ces centres, en favorisant également la rencontre avec les habitants du quartier. La solidarité des citoyens doit être encouragée et non pas criminalisée comme veut le faire le gouvernement avec son projet de loi de visites domiciliaires.

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