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Licenciements chez bpost : des boîtes vocales à la place des travailleurs

Bpost veut se séparer de 90 à 130 travailleurs dans son service à la clientèle (call centrer). Soit près d’un tiers des 375 travailleurs actuels. Et les remplacer en développant son site et les nouvelles technologies. Le PTB dénonce cette logique absurde qui jettera des travailleurs à la rue et fera baisser la qualité du service.

90 à 130 emplois supprimés dans le service à la clientèle : c'est ce qu’a annoncé la direction de bpost dans une communication interne ce jeudi (à lire ici). L’entreprise prévoit également l’externalisation de ses services de cleaning et de catering. « Bpost poursuit sa logique folle de course au profit, au détriment des travailleurs et de la qualité du service », dénonce Germain Mugemangango, porte-parole francophone du PTB.

Diminuer le contact humain pour améliorer le service ?

« Ce n’est pas en diminuant le contact humain qu’on améliorera la qualité du service », explique Germain Mugemangango. « Le personnel du call center se plaint déjà d’être en sous-effectif et mal formé. Il faudrait donc investir dans l’emploi et la formation. Or, bpost fait exactement le contraire en voulant remplacer les travailleurs par des applications web et des boîtes vocales, dans le mépris le plus total de son personnel et des usagers. »

Derrière ces licenciements, c’est évidemment la question de la réduction des coûts qui est en jeu. « Bpost ne le cache d’ailleurs pas. Quel cynisme, quand on sait que l’entreprise est en plein bénéfices : lors du dernier trimestre 2017, bpost a réalisé un revenu normalisé de 955 millions d’euros, soit une augmentation de 38,3 %. Les bonus du top management viennent même d’être augmentés. Tout cet argent devrait servir à maintenir l’emploi plutôt que d’enrichir le management ou de disparaitre dans la poche des grands actionnaires.»

Sous-traitance du catering et du cleaning

Bpost a également annoncé vouloir sous-traiter ses services de cleaning et de catering. « C’est encore une fois la diminution du personnel qui est visée », explique Germain Mugemangango. « On troque des emplois publics un minimum stables pour des emplois précaires dans la sous-traitance. Il ne faut pas être dupe : si bpost espère ainsi économiser, c’est évidemment parce que les futurs travailleurs seront moins bien payés. »

« On détruit une certaine philosophie d’entreprise qui faisait la fierté du personnel », témoigne une employée du service cleaning. « Avant, on était fiers de faire partie de la famille des postiers. Aujourd’hui, la direction fait tout pour casser cette solidarité qui existait entre les travailleurs. Avec comme résultat une ambiance de moins en moins bonne et une qualité du travail qui en pâtit. »

Une vraie poste publique au service des usagers et respectueuse des travailleurs

Le PTB dénonce la logique folle du profit de la direction de bpost. « Tous les postiers que je rencontre sur le terrain regrette la poste d’antan, où ils avaient le temps de faire leur travail convenablement. Tous les usagers se plaignent que la qualité du service baisse et qu’ils ne connaissent plus leur facteur... Avec le PTB, nous voulons le retour à une poste publique réellement au service des usagers et respectueuse des travailleurs. C’est tout à fait possible en réinvestissant intelligemment les bénéfices colossaux de l’entreprise au lieu de les donner en cadeau aux grands actionnaires », conclut le porte-parole francophone du PTB.