Images La Chambre

Marco Van Hees à Van Overtveldt (N-VA) : « Respecter les règles, c'est ce que la Grèce fait depuis six ans! »

auteur: 

Koen Hostyn

Selon le ministre des finances Johan Van Overtveldt (NV-A), les Grecs « n'auront d'autre choix que de poursuivre les assainissements et restructurations ». Marco Van Hees, député fédéral PTB, a réagi en l'interpellant jeudi dernier à la Chambre.

Poursuivre les assainissements et restructurations, « c'est précisément ce qu'a fait la Grèce ces 6 dernières années » a insisté Marco Van Hees. «  Si je vous comprends bien monsieur le ministre, vous demandez que Syriza n'applique pas le programme pour lequel le peuple grec l'a élu. Vous demandez au nouveau gouvernement grec d'appliquer les mesures imposées par l'Union européenne depuis déjà six ans, et dont le résultat est un échec cuisant » a poursuivi le député PTB. En effet, après 6 ans d'austérité, 2,5 millions de Grecs vivent sous le seuil de pauvreté. Des millions de Grecs ont perdu leur emploi, ou ont vu leur salaires ou allocations fondre comme neige au soleil. Aujourd'hui, moins de 10% des 1,27 millions de Grecs sans emploi ont encore accès à des allocations de chômage. Ce que le ministre demande, c'est d'ignorer le signal fort lancé par des millions de Grecs, et de continuer à appliquer le programme d'austérité que la Troika impose.

Marco Van Hees a terminé son interpellation par une simple question au Ministre Van Overtveldt : « Allez-vous oser, à la prochaine réunion d'Ecofin, remettre cette politique d'austérité en question qui est une véritable menace pour l'Europe, y compris la Belgique? »

Les règles européennes ou la démocratie ?

« Je vais répéter la position du gouvernement sur la Grèce » a répondu le ministre. « Être membre d'une union monétaire implique certaines règles, et ces règles doivent être respectées, quelque soit la composition du gouvernement. ». Au nom de la sauvegarde de la compétitivité, des banques et de la discipline budgétaire, le gouvernement déclare donc que l'on peut mettre de côté les choix démocratiques exprimés par le peuple grec.

Marco Van Hees a répété que « ce sont précisément ces règles européennes que la Grèce respecte à la lettre depuis les 6 dernières années, et les conséquences sont une vraie catastrophe sociale et économique ». Avant de rappeler l'exigence d'un moratoire sur le remboursement de la dette grecque ainsi que la réalisation d'un audit de cette dette afin de déterminer qui en sont les véritables responsables, notamment « les grandes banques européennes dans la dette grecque ».

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

La GRECE est un exemple a suivre
Bonjour. Je voulais simplement informer de ceci. Depuis l'entrée en vigueur du two packs, les Mou's càd ces "accords" par lesquels la troïka impose des mesures d'austérité brutale notamment à la Grèce constituent du droit européen. La conséquence : étant du droit européen, ces mesures (Mou's) peuvent être attaquées devant la CJUE (ce qui n'était pas le cas avant l'entrée en vigueur du two packs) notamment pour violation de la charte des droits fondamentaux de l'UE (cette dernière constituant, depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, du droit primaire au même titre que les traités européens). Il faudrait que ce message soit porté publiquement dans la presse et dans les hémicycles parlementaires. Marc Morsa