Le 17 avril, on a vu Bruxelles dans toute sa diversité lancer un message clair : « Daech casse-toi, Bruxelles n’est pas à toi ! » (Photo Solidaire)

« Nous ne sommes pas dupes de la tentative de diversion raciste de Jambon »

Le ministre Jan Jambon a déclaré qu’une « partie significative de la communauté musulmane a dansé à l'occasion des attentats ». Des propos qui font évidemment polémique. Mais n’était-ce pas le but ? Car, en plus de polariser et diviser la société, cette sortie est une grossière tentative d’étouffer le débat socio-économique.

Qui a dansé ? Où ? Jambon refuse de répondre à ces questions et de revenir sur ces propos. C’est qu’il s’agit sans doute plutôt de détourner l’attention des sérieux manquements du gouvernement en matière de sécurité et de protection de la population, ainsi que de ses nouvelles mesures anti-sociales.

« La seule chose à dire à ce sujet, c’est qu’il n’a rien, aucun élément concret, réagit Youssef Handichi, député bruxellois du PTB. C’est un menteur, un point c’est tout. Ses propos en tant que tels sont vraiment dégoûtants. Comme l’a dit le Collectif contre l’Islamophobie en Belgique, c’est un "combustible pour propager la suspicion et la haine", comme le veut Daech. Ce n’est pas la première fois qu’il s’illustre par le racisme, mais on ne va pas tomber dans le piège. Il est clair qu’il s’agit d’une stratégie du gouvernement pour dévier le débat de ses réformes socio-économiques. On n’est pas dupes. Le but de Jan Jambon est de détourner l’attention de Kris Peeters et de sa réforme du travail, qui a commencé à mettre en mouvement la résistance sociale. Mais on ne lâchera pas, et on va rester mobilisés avec les travailleurs, avec les syndicats, contre l’agenda anti-social du gouvernement. »

Pour le PTB, il s’agit d’une tentative de diversion honteuse, qui divise et stigmatise, exactement comme le veulent les terroristes de Daech. Et ce, alors que le mécontentement social grandit contre le gouvernement qui veut nous faire travailler plus longtemps, avec des semaines de 45h, pour moins de pension au final.

Quoi qu’il en soit, le 17 avril, on a vu Bruxelles dans toute sa diversité lancer un message clair : « Daech casse-toi, Bruxelles n’est pas à toi ! » Le succès de cette marche, qui a réuni plus 10 000 personnes, est la meilleure réponse aux Jambons et compagnie, qui veulent polariser la société pour avancer leurs intérêts.