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Peter Mertens (PTB) : « Je pense que, si le gouvernement reste sourd, les actions vont continuer »

Photo Solidaire, Oswaldo Palombo

« Cette deuxième journée d’action syndicale est incontestablement un grand succès : après Anvers, le Limbourg, le Hainaut et le Luxembourg, ce sont les provinces de Flandre occidentale et orientale, de Liège et de Namur qui ont confirmé que l’opposition au gouvernement s’exprime dans tout le pays. Et cela, dans la solidarité par-delà la frontière linguistique, à l’image du bus de syndicalistes limbourgeois venus soutenir les travailleurs en grève en province de Namur », a réagi Peter Mertens, président du PTB.

En visite aux piquets de grève de la zone du canal à Gand depuis tôt ce matin, il ajoute: « On sent que la grève est profonde dans tout le pays. Que ce soit dans les chemins de fer d’Ostende à Arlon, dans les ports de Gand et Zeebrugge qui sont paralysés ou à l’aéroport de Bierset (Liège), aussi à l’arrêt complet ; que ce soit dans les piquets qui sont bien plus combatifs encore qu’à l’habitude… La grève est profonde, mais aussi très large. Elle touche les grandes entreprises, les secteurs traditionnels du métal et de la chimie, mais pas seulement. Les universités de Gand et de Liège étaient également touchées par la grève, avec le soutien des étudiants. Un grand nombre d’hôpitaux et de maisons de repos étaient en service minimum. On a vu des acteurs de théâtre dans les piquets de Liège ou de Flandre. On a vu des élèves soutenir le piquet du Centre administratif flamand à Gand et d’autres soutenir les piquets à Liège. On a vu également des travailleurs de petites entreprises - sans délégations syndicales - demander du soutien pour qu’il y ait grève dans leur entreprise. »

Et ceci n’est qu’un petit aperçu de toutes les actions qui ont rythmé la journées des quatre provinces en grève aujourd’hui.

La profondeur du mouvement s’exprime également dans la détermination des gens pour continuer à se mobiliser tant que le gouvernement ne plie pas. « Si le gouvernement reste sourd aux aspirations des gens, je pense que les actions continueront. Cela ressort très fort des centaines de discussions menées par nos militants à travers le pays, explique Peter Mertens. Quelles que soient la région du pays ou la couleur syndicale, tous et toutes disent que ce sera encore plus large le 15 décembre et qu’ils sont prêts à continuer au-delà s’il le faut. »

Les demandes des grévistes sont claires, et aux antipodes des annonces de « concertation » lancées par le gouvernement. « Partout, nous entendons que les gens ne veulent pas du saut d'index, pas d’une pension légale à 67 ans ou de la suppression des prépensions. Ils défendent leurs services publics. Et ils défendent une véritable taxation des plus riches. Le discours teintés d’hypocrisie du gouvernement sur les “grandes” marges de concertation passe de moins en moins bien. Et on les comprend. Le gouvernement parle de concertation un jour mais, le lendemain, il fait savoir à la Commission européenne que ses principales mesures - celles qui sont les plus contestées - sont décidées et qu’il ne reviendra pas dessus », explique le président du PTB. Et d’ajouter : « Plusieurs membres du gouvernement ont fait beaucoup de vent sur la taxation des plus riches. Mais si rien ne se passe à ce niveau là, ils perdront le peu de crédibilité qui leur reste. »

Pour le PTB, le mouvement actuel a beaucoup d’atouts pour obtenir gain de cause : des revendications claires ; un front commun syndical fort avec des centres de coordination communs aux deux syndicats résumé par l’ « United colours of 1 december » ; un soutien croissant d’une large opinion publique et des cercles associatifs, intellectuels et culturels.

« Le résistance actuelle peut gagner ce combat social et démocratique. C’est-à-dire arrêter la machine antisociale du gouvernement », déclare Peter Mertens.

Plus de 600 piquets visités par près de 400 membres du PTB

« Près de 400 de nos membres ont rendu visite à plus de 600 piquets dans les 4 provinces en grève. Partout, l’accueil a été très chaleureux. L’intérêt pour notre alternative - le Plan Cactus - est clairement grandissant. Ce plan veut mettre fin à cette politique d’austérité. Il avance une politique d’investissements publics pour un renouveau social, écologique et démocratique. Financé entre autres par une taxe des millionnaires rapportant 8 milliards », déclare Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB et député fédéral, qui était en visite aux piquets de la province de Liège. Il précise : « Nous allons intensifier encore notre travail d'information dans toute la Belgique : avec la diffusion d'un toutes-boîtes à 1,2 million d'exemplaire avant fin décembre et avec une tournée dans 10 villes du pays : Peter Mertens, Marco Van Hees et moi-même prendrons la parole lors de nos soirées du PTB à côté de voix importantes de la résistance sociale : des syndicalistes, des personnalités du monde culturel ou du milieu associatif…»

Pour cette tournée, Peter Mertens sera présent à Bruxelles (4/12), Anvers (5/12), Gand (6/12), Malines (9/12) et Roulers (12/12) ; Raoul Hedebouw à Charleroi (11/12) et Liège (12/12) ; Marco Van Hees à Namur (10/12).

 

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Commentaires

Le syndicalisme c'est Jean Moulin, L'anti syndicalisme c'est le Maréchal Pétain!
Si le gouvernement reste sourd, les actions DOIVENT continuer et se durcir!