Peter Mertens (PTB) : « La réforme des pensions des parlementaires, ça reste du deux poids, deux mesures »

Les présidents des différents parlements du pays auraient atteint un accord sur le système de pension des députés. « Cependant, à l’examen des premiers éléments de cette réforme qui ont été révélés, celle-ci s’annonce très décevante, indique Peter Mertens, président du PTB. En effet, elle ne s’adresserait qu’aux futurs députés qui seront élus en 2019. Tous les élus actuels qui l’étaient déjà avant 2014 continueraient à bénéficier de l’ancien système. »

En avril, le PTB révélait que deux tiers des parlementaires tombaient sous l’ancien système de pensions, et pouvaient partir en pension à 55 ans. « Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine peut lui-même partir à 55 ans, tout comme les ministres Jan Jambon et Kris Peeters », dénonçait à l’époque le PTB. Et ce, pour 4 250 euros nets de pension. Par mois.

Nos révélations ont fait l’effet d’une bombe. Des milliers de réactions nous sont parvenues. La vidéo qui a lancé l’affaire (à voir ici) a été vue plus d’1 million de fois.



Sous la pression des révélations du PTB, les parlementaires avaient promis du changement, et la fin d’un système de pensions basé sur le deux poids, deux mesures. Une réforme allait venir.

« Cependant, à l’examen des premiers éléments de cette réforme qui ont été révélés, celle-ci s’annonce très décevante, indique Peter Mertens, président du PTB. En effet, elle ne s’adresserait qu’aux futurs députés qui seront élus en 2019. Tous les élus actuels qui l’étaient déjà avant 2014 continueraient à bénéficier de l’ancien système. »

« Rien ne changerait donc réellement par rapport à la situation que nous dénoncions en avril, poursuit Peter Mertens. L’ancien système garantit une pension complète après 20 ans de carrière et la possibilité de partir à 55 ans. Pour ceux qui ont été élus pour la première fois en 2014, c’est 36 ans de carrière, avec un départ possible à 62 ans. Charles Michel, Jan Jambon, Daniel Bacquelaine… toutes ces personnes peuvent donc continuer à bénéficier de privilèges. »

« Nous respectons les droits acquis », se justifie Siegfried Bracke, président de la Chambre. « Pourquoi cela ne vaut-il pas alors pour tous les autres qui ont déjà entamé leur carrière ? Et qui doivent maintenant travailler jusqu’à 67 ans pour moins de pension ?  », s’interroge Peter Mertens. Le principe des droits acquis n’est absolument pas appliqué dans le système général des pensions. Celui qui a commencé sa carrière en 1985, par exemple, est bien confronté à une atteinte à ses droits acquis sous l’ancien système de pension rabotés : il doit travailler jusqu’à 67 ans, contrairement à ce qui avait été convenu au début de sa carrière.

« Bien entendu, c’est positif que les choses bougent dans ce dossier. Mais il ne faut pas se contenter d’un changement cosmétique. Cette réforme semble maintenir le deux poids, deux mesures, qui fait qu’on touche aux droits acquis de la majorité des travailleurs, mais pas à ceux d’un petit groupe de parlementaires surpayés. Si l’on veut vraiment respecter les droits acquis, alors il faut rabaisser l’âge de départ en pension des travailleurs », conclut Peter Mertens.

 

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