Photo Solidaire, Salim Hellalet

Peter Mertens (PTB) : « Pas illogique que les gens veulent notre présence au gouvernement »

Le sondage de RTL-TVI et du Soir montre la poussée du PTB au Sud mais aussi au Nord du pays, mais révèle également que 27 % des Flamands et 33 % des Wallons estiment que le PTB peut faire partie du prochain gouvernement. « Les gens nous apprécient pour nos idées et veulent que nos propositions se muent également en actions politiques », explique Peter Mertens, le président du PTB..

 

Le PTB continue sur sa lancée au Sud du pâys et à Bruxelles et perce au-dessus du seuil électoral pour la première fois, en Flandre. Satisfait du résultat du sondage ? 

Peter Mertens. Bien sûr. Nous avons déjà remarqué sur le terrain que les gens apprécient notre travail. Nous en sommes actuellement à plus de 10 000 membres et ceux-ci accomplissent tout un travail qui, généralement, marque les esprits. Ils s’engagent dans leur quartier ou commune afin de maintenir les arrêts de de bus, les piscines et les hôpitaux ouverts, baisser les prix des loyers  ... Aujourd’hui, tout ce travail se traduit aussi par des sondages favorables en Wallonie, à Bruxelles mais aussi en Flandre, où nous obtiendrions trois sièges. Un sondage reste un sondage évidemment. mais pour la première fois, nous franchirions le seuil électoral au Nord du pays. Comme parti national, c'est un signal important de peser sur le débat partout en Belgique.

Lors du sondage, il a également été demandé si les gens estimaient que le PTB pouvait faire partie d’un prochain gouvernement. Au moins 27 % des personnes interrogées en Flandre ont répondu oui. À Bruxelles, elles étaient 29 % et, en Wallonie, 33 %.

Peter Mertens. Cela ne m’étonne absolument pas. Nos sympathisants nous apprécient pour nos idées et ils veulent que nos propositions se muent également en actions politiques. Ils voient, par exemple, que nous avons de bonnes propositions afin de faire descendre le prix des médicaments,  avec le modèle kiwi (appel public d'offres pour les médicaments de même type).

Les gens ne croient plus les affabulations de Bart De Wever, Gwendolyn Rutten et autres présidents de partis qui nous traitent de “déchets”. Ce qu’ils voient, en fait, c’est que ce gouvernement les traite, eux, les citoyens, comme des déchets

Beaucoup des gens ne croient plus les affabulations de Bart De Wever et autres présidents de partis qui nous traitent de “déchets”, ni la demande de Denus Ducarme d'un cordon sanitaire. Ce qu’ils voient, en fait, c’est que ce gouvernement les traite, eux, les citoyens, comme des déchets.

Aujourd’hui, j’ai encore reçu un coup de fil d’une femme qui me racontait que la seule hausse de prix des médicaments anti-acides (inhibiteurs gastriques) lui coûtait 300 euros chaque année. Elle m’a dit : « Puis je lis dans le journal comment la ministre De Block minimise la hausse des prix et prétend qu’il ne s’agit que de quelques euros de plus. J’en ai été très fâchée et j’ai donc contacté le PTB. » 

Si les gens entendent nos propositions alternatives, il n’est pas illogique non plus qu’ils disent dans les sondages que nous pouvons participer au gouvernement. Ils estiment que la redevance TV doit disparaître, ils veulent que le prix des médicaments baisse, ils veulent qu’on taxe les grosses fortunes... Mais ils ont aussi le sentiment que nous sommes le seul parti encore à l’écoute de ce qu’ils pensent. Nous nous ne sommes pas d'accord que les gens doivent se tuer littéralement au travail et qu’ils ne peuvent prendre leur pension qu’à 67 ans.

Pourtant, ces dernières semaines, le parti a encore dû subir pas mal d’attaques...

Peter Mertens. C’est vrai, mais les gens ne croient plus les affabulations de Bart De Wever, Gwendolyn Rutten et autres présidents de partis qui nous traitent de « déchets ». Ce qu’ils voient, en fait, c’est que ce gouvernement les traite, eux, les citoyens, comme des déchets.

Il semble que le PTB a encore une  marge de progression en sa faveur.

Peter Mertens. Il y a sans doute un certain nombre de personnes qui ne se reconnaissent pas dans tout ce que propose le PTB, mais qui estiment quand même que certaines de nos propositions devraient d’urgence se concrétiser en acte politique. 

Ils reconnaissent également notre authenticité et notre crédibilité, je crois. Les gens voient aussi que nous n’avons pas un discours de gauche et un comportement de droite. Nous ne proposons pas la gratuité de la médecine qu’au Parlement, nous l’appliquons également dans la pratique. Nous réclamons des salaires normaux pour les hommes politiques, et nous vivons nous-mêmes avec un revenu  moyen de travailleur. Les gens aspirent à voir au gouvernement un parti qui a des principes. 

Mais on va vous demande si le PTB veut réellement entrer dans un gouvernement.

Peter Mertens. Notre point de vue à ce sujet a toujours été clair. Nous voulons peser le plus vite possible sur la politique, mais pour l’engager  sur une trajectoire radicalement différente qu'aujourd'hui et non pas pour arrondir les angles de la politique actuelle. Pour cela, nous avons besoin de rapports de force pour continuerà contrer  l’establishment.

Nous devons d’abord bâtir un contre-pouvoir solide. On ne peut pas sauter  cette étape. Ceux qui le pensent se trompent lourdement. François Hollande (PS) l’a fait en France, comme d’autres dirigeants sociaux-démocrates européens. Avant les élections, ils avaient un langage de gauche et, brusquement, une fois au pouvoir, ils sont devenus de droite.

Du sondage, il ressort également que plus de 70 % des personnes interrogées en Belgique estiment que les partis politiques ne se soucient pas des problèmes des gens. Comprenez-vous que la défiance à l’égard de la politique monte de plus en plus ?

Nous voulons peser le plus vite possible sur la politique, mais pour l’engager  sur une trajectoire radicalement différente qu'aujourd'hui et non pas pour arrondir les angles de la politique actuelle.

Peter Mertens. Absolument. Nous l’estimons également. Nous faisons partie de ces 70 %.

Une culture politique existe de se servir et pas servir les gens. Les hommes politiques veulent prendre leur pension à 55 ans, mais ils forcent les citoyens à travailler jusqu’à 67 ans. Ils sabrent dans les indemnités de maladie, mais eux-mêmes reçoivent une assurance maladie complémentaire à vie du Parlement. Ils retirent leur salaire aux gens, via le saut d’index, alors qu’eux-mêmes gagnent entre 6 000 et 10 000 euros nets par mois. Ils augmentent le prix des médicaments, augmente la TVA à 21 % sur l'électricité, maintiennent la redevance TV en Wallonie, font payer les transports publics toujours plus chers...

Ce mépris pour les citoyens est devenu une part importante de la culture politique. Nous l'avons avec le Kazakhgate, nous le voyons avec le scandale Publifin. Nous devons nous y opposer avec énergie. 

Lors de notre réception de Nouvel-an, nous avons également proposé un plan éthique contre cette culture de la magouille en politique. Primo, nous voulons qu’il y ait des cloisons étanches entre le monde politique et le monde des grandes entreprises. Après leurs heures, les politiciens élus ne doivent pas arrondir leurs fins de mois du côté des multinationales et des entreprises cotées en bourse ou encore à la tête d'entreprises comme Nethys. Ils ont été élus pour servir le peuple, pas pour se servir eux-mêmes. Secundo, nous voulons une période de « décontamination » de cinq ans pour les politiciens qui, après leur carrière, veulent passer dans les directions de grandes boîtes dusecteur privé (comme on l'a vu avec José-Manuel Barroso, président d ela Commission européenne). Et, tertio, nous voulons que les hommes politiques rendent publics leurs avoirs privés et limitent leur salaire total à maximum trois fois le salaire moyen d'un travailleur. C’est une question de transparence et de démocratie.

Nous proposons des solutions positives et ils en ont vraiment une peur bleue.

À juste titre, semble-t-il, car les partis gouvernementaux reculent fortement, dans ce sondage...

Peter Mertens. En effet. Ils perdent treize sièges et, ensemble, ils n’ont plus la majorité. Ce gouvernement ne dispose plus, en fait, que d’une majorité virtuelle. 

 

 

 

 

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il y a une justice du divin, ceux qui ont semer le vent récolte la tempete , aprés la chasse aux chomeurs, chasse des malades , il y a maintenant JUSTICE DIVINE , chasse aux emplois fictifs, chasse aux cumul des mandats , chasse aux menteurs , chasse a la magouille, il faudra plus s'étonner de la montée du PTB. LOL.
Mais oui, allez-y, vos électeurs ne comprendraient pas... de plus, d'ici les prochaines élections d'autres vont se rallier à nous.
La politique actuelle nous engouffre dans une miserables spirale, je ne vois plus dans les politiciens actuels des êtres qui ont à coeur le présent et le futurs de son peuples et de sa nation, leurs regards et la bonne veillance et portée uniquement sur la santé exubérante des banque, c'est bien triste.