L’an dernier, Irina a franchi un nouveau pas vers un groupe de base, le groupe 2060 ainsi nommé d’après la portion d’Anvers qui entoure la place De Coninck. (Photo Solidaire)

Portrait membre :: Irina Meeusen, du Guatemala au groupe d’action Anvers 2060

auteur: 

Els Roes

L’engagement, l’ouverture du regard sur le monde… Tout cela, Irina Meeusen l’a reçu pour ainsi dire au berceau, mais elle suit néanmoins sa propre voie. A gauche toute.

Cette jeune femme de 26 ans est une petite-fille d’Albert De Coninck, un des chefs de file du Parti communiste, brigadiste lors de la guerre d’Espagne – et, de ce fait, citoyen d’honneur de l’Espagne – et résistant antifasciste. Sa grand-mère a organisé l’accueil des réfugiés chiliens après le coup d’État de Pinochet et a fondé la Zuiderpershuis (Maison de la presse du Sud), le centre culturel de gauche à Anvers-Sud. Même lorsque Irina était encore trop jeune pour vraiment comprendre l’engagement de ses grands-parents, l’histoire familiale la plongeait toutefois dans une ambiance politique : « Chez nous, on rencontrait en permanence toutes sortes d’étrangers. » C’est là qu’est né l’intérêt d’Irina pour tout ce qui concerne les rapports Nord-Sud et les autres cultures.

Et il lui aurait donc été difficile de ne pas partir à la découverte du monde. En tant que bénévole au Guatemala pour y faire une enquête de neuf mois sur l’impact de l’exploitation minière sur la population. Elle y retourne encore régulièrement. 

Via le Guatemala…

Irina a étudié les sciences politiques et, après cela, a déniché un emploi au KIYO, en tant que responsable de la communication et de la collecte de fonds. Le KIYO est une petite ONG qui s’occupe des droits de l’enfance ; elle est active en Belgique, au Brésil, au Burundi, au Congo, en Inde et aux Philippines. 

Comme étudiante aussi, Irina cherchait des gens qui pensaient, comme elle, s’engager collectivement. Bien vite, elle allait opter pour Comac. Elle a dirigé un groupe d’étudiants pendant quelques années. 

Lors des élections parlementaires de 2010, elle se retrouvait pour la première fois sur une liste du PTB+. Non qu’elle voulait être élue, mais elle voulait surtout faire connaître davantage le PTB dans son propre milieu. L’an dernier, Irina a franchi un nouveau pas vers un groupe de base, le groupe 2060 ainsi nommé d’après la portion d’Anvers qui entoure la place De Coninck. Un quartier multiculturel, avec pas mal de pauvreté aussi. 

Elle estime que le PTB est intègre, conséquent. « Je n’y ai pas rencontré d’opportunistes et le groupe des membres est très diversifié, on n’y trouve pas que des gens de 50 ans en costard et cravate », rit-elle.

…vers la place De Coninck

En décembre, Irina se rend au Guatemala et au Mexique, en vacances, mais avec son engagement dans ses valises. Il y a le projet d’un couple à San Marcos : chaque dernier vendredi du mois, il organise une scène ouverte pour les jeunes du quartier, avec littérature, musique, cirque… Un tel projet ne peut disparaître, maintenant que ses responsables prennent de l’âge. Et Irina va donc examiner de près la façon de le perpétuer. 

Pour Irina, les loisirs sont avant tout créatifs : une soirée par mois, dessiner à l’académie et, dès que le piano sera restauré, se remettre à jouer. Et, s’il reste encore un peu de temps, enfiler ses chaussures de danse pour une soirée de salsa et de merengue. 

Les petites contrariétés, elle ne connaît pas. Irina se demande toutefois avec impatience quand le moment clé viendra, quand se terminera enfin le système que nous connaissons aujourd’hui, quand s’arrêteront les crises, quand cela ira finalement mieux pour l’environnement, l’économie, la société, le monde…

Pour quelqu’un d’aussi engagé, il n’est pas de meilleur endroit que le PTB…