Publifin : le PTB demande une commission d’enquête et veut des intercommunales 2.0

Publifin n’est pas un accident. C’est le résultat d’une façon de faire de la politique qui mélange une absence totale d’éthique, une vision libérale de la gestion des intercommunales qui permet à quelques individus de s’enrichir honteusement sur le dos collectivité. Pour le PTB, le dossier doit aboutir à une refonte des intercommunales, de leurs principes et de leurs règles. 

« Ces responsables des partis traditionnels qui aujourd’hui se scandalisent en disant qu’ils ne savaient pas atteignent le sommet de l’hypocrisie. Ils savent tous ce qui se passe chez Publifin et Nethys soit parce qu’ils ont donné l’autorisation à ce montage, soit parce qu’ils y ont désigné leurs représentants », dénonce Damien Robert, président provincial liégeois du PTB

Pour le PTB, le dossier qui s’ouvre maintenant doit aboutir à une refonte des intercommunales, de leurs principes et de leurs règles. Une bonne intercommunale du 21e siècle doit être gérée comme une bonne entreprise publique : les émoluments et les jetons de présence des administrateurs doivent disparaître au profit des défraiements et les intercommunales doivent se concentrer uniquement sur les matières d’intérêt communal et n’ont pas vocation à rentrer dans du capital privé ou à créer des sociétés anonymes.

Nous défendons l’obligation pour tous les mandataires de rendre publiques toutes leurs rémunérations ainsi qu’un cadastre des fortunes.

Ce dossier doit permettre de faire des grands pas en avant en matière de transparence et de démocratie. « Nous défendons l’obligation pour tous les mandataires de rendre publiques toutes leurs rémunérations ainsi qu’un cadastre des fortunes pour éviter que des mandataires ne s’enrichissent dans des sociétés privées sans que cela se sache. Nous avons d’ailleurs introduit une proposition de loi en ce sens au Parlement fédéral », explique Damien Robert.

Le PTB demande également la mise sur pied d’une commission d’enquête sur le réseau Publifin/Nethys afin de faire la lumière sur l’ensemble des rémunérations octroyées et de leurs justifications au sein de l’ensemble des sociétés qui rentrent dans le périmètre consolidé de Publifin. 

Pour le PTB, Publifin est l’exemple même d’une société intercommunale qui a appliqué une gestion libérale et qui organise la privatisation du bien public avec l’enrichissement personnel qui en découle. En créant Nethys SA (dont Publifin est actionnaire à 99,99 %) avec l’accord et la complicité de son parti, mais aussi des autres partis traditionnels, Stéphane Moreau permet aux administrateurs des sociétés dont Nethys est actionnaire d’échapper aux règles publiques en matière de plafond des montants. « La règle interdit aux mandataires de dépasser un plafond de 183 525 euros par an. Pour le commun des mortels, c’est inatteignable. Mais pour l’élite des partis traditionnels, ce plafond est souvent trop bas. En siégeant dans des conseils d’administration de sociétés anonymes dont Publifin est actionnaire, ils peuvent contourner cette règle, exploser ce plafond et se retrouvent avec des montants qui échappent à tout contrôle et qui dépassent parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois… », dénonce Damien Robert. 

La privatisation de Publifin via Nethys permet l’enrichissement personnel de cette élite politique sur le compte de l’argent public et des contribuables.

Prenons par exemple la Socofe dont Nethys est actionnaire à 44 %. Cette société de lobbying qui emploie à peine 3,8 équivalents temps plein (et qui touchent 495 365 euros) est présidée par André Gilles. En 2015, ses administrateurs ont touché 480 691 euros… Prenons aussi Publipart, dont le président est ce même André Gilles et dont Publifin est aussi actionnaire. Les administrateurs ont touché 359 973 euros en 2015… Ou prenons même la multinationale EDF Luminus dont Publifin est actionnaire à 17 %. André Gilles, Stéphane Moreau et d’autres administrateurs publics et privés s’y partagent la modique somme de 786 737 euros par an. « En fait, il n’y a pas un scandale Publifin, mais plusieurs scandales dans ce dossier », constate Damien Robert.

L'existence même du PTB montre qu'il y a pourtant moyen de faire de la politique autrement. « Au PTB, le choix de faire de la politique est animé par une passion et une éthique, explique Damien Robert. Celle de mettre les intérêts de la population avant celui de son portefeuille. » « C'est non seulement une vision mais c'est aussi une obligation, continue Damien Robert. Chaque mandataire du PTB reverse ses jetons de présence au parti car les électeurs ne nous ont pas choisi pour faire grossir notre propre portefeuille, ils nous ont choisi pour défendre au mieux leurs intérêts au travers des idées de notre parti ». 

La privatisation de Publifin via Nethys permet l’enrichissement personnel de cette élite politique sur le compte de l’argent public et des contribuables, mais elle fait aussi passer l’intérêt communal au second (voire même au troisième) rang. « Désormais ce ne sont plus les dividendes qui comptent : c’est le chiffre d’affaires et le positionnement sur le marché. Publifin est par exemple actionnaire de sociétés en Serbie ou au Kenya… Quelle en est l’utilité ? », s’interroge Damien Robert. 

Et ce dernier de conclure : « Le principe d’une intercommunale n’est rien de moins et rien de plus que de défendre les intérêts des communes et de ses habitants. L’enrichissement personnel et la privatisation de ce secteur sont en totale contradiction avec ce principe. » 

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