Raoul Hedebouw interpelle la ministre Maggie De Block sur le refus de soigner des patients en chambre commune

auteur: 

Sarah Schmit

Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB et député fédéral, a interpellé ce jeudi à la Chambre la ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD) sur le refus de plus en plus fréquent de spécialistes de soigner les patients hospitalisés en chambre commune ou à deux lits. En effet, si les patients sont en chambre individuelle, les spécialistes peuvent leur facturer jusqu’à 500% de supplément d’honoraires.

Raoul Hedebouw est intervenu pour dénoncer cette situation « inacceptable » : « Dans notre pays, chacun a droit aux soins de santé et devrait avoir droit a un traitement identique. Il se développe de plus en plus une médecine de classe. Il faut agir maintenant, madame la Ministre. » Le député du PTB a demandé à la ministre de prendre des mesures claires, contrairement à ce qu’elle avait laissé entendre plus tôt dans la presse en déclarant que les patients devraient individuellement porter plainte à l’Ordre des médecins. « Comme le Pr d’économie de la santé de l’Université de Gand Lieven Annemans, a déclaré Hedebouw, nous défendons la suppression des suppléments honoraires pour les spécialistes. Ceux-ci font payer leurs salaires faramineux et le budget des hôpitaux sur le dos des patients. »

Pour préciser ce que peuvent gagner ces spécialistes, Raoul Hedebouw a fait référence à l’étude effectuée par le Centre fédéral d’expertise des soins de santé sur les rentrées générées par les spécialistes dans leurs prestations en hôpital. « Les grands gagnants sont les néphrologues qui, en moyenne, gagnent annuellement 640.000 euros brut, a-t-il fait observer. Les radiologues et les biologistes cliniques ont, respectivement, un salaire brut de 460.000 et 430.000 euros. Et il s’agit de montants après déduction de ce qu’ils paient à l’hôpital, et qui ne tiennent pas compte non plus de ce qu’ils facturent dans leur cabinet privé. »

La ministre De Block a répondu que, certes, Raoul Hedebouw et le Pr Annemans avaient le droit d’avoir leur propre opinion, mais qu’elle entendait prendre son temps sur la question. Elle a aussi « regretté l’intervention » du député PTB qui selon elle « gênerait un débat serein dans la recherche d’une solution qui puisse satisfaire les différents intérêts ».

Raoul Hedebouw lui a rétorqué que comme elle, il était « pour un débat serein », mais qu’il y avait néanmoins urgence car, aujourd’hui, les gens qui ne peuvent, pour raisons financières, prendre une chambre simple, n’ont plus accès à la même qualité de soins de santé et de traitements que ceux qui peuvent se le permettre. « Il y a en effet plusieurs intérêts en jeu madame la Ministre, a conclu Raoul Hedebouw, mais l’intérêt qui devrait être au centre de la politique du gouvernement, c’est celui du patient. C’est à vous de faire en sorte, madame la Ministre, qu’il n’y ait plus cette médecine à deux vitesses dans les hôpitaux belges. »