Le PTB en action pour avoir 30 % de logements sociaux dans les grands projets immobiliers. Fin de non-recevoir du PS liégois... (Photo : PTB Liège)

Réaction du PTB à la rupture unilatérale par le PS des négociations avec le PTB à Liège

Convoqué à une dernière réunion ce mardi 30 octobre, le PTB a pris acte de la rupture unilatérale par le PS des négociations en vue de former une majorité à la Ville de Liège. Le PTB regrette que les échanges constructifs n’aient pas abouti à un accord de majorité.

À l’issue de nos deux réunions de négociations, nous avions acté quelques divergences, mais aussi un certain nombre de convergences. Le PTB est venu avec un cahier de revendications de 9 propositions concrètes et un plan fiscal alternatif et n’est donc pas venu avec 100 % de son programme. La division du salaire du bourgmestre ne figurait d’ailleurs pas en tête de ces revendications. Les priorités du PTB avaient pour but de rompre avec les politiques du passé qui ne répondaient pas aux urgences sociales, environnementales, éthiques et démocratiques. Ce signal n’a malheureusement pas été entendu.

Lors de la première rencontre, le PTB a avancé neuf propositions concrètes issues de son programme électoral. Les neuf exigences sont diverses, variées et dans cet ordre : l’imposition de 30 % de logements sociaux dans les grands projets immobiliers privés, l’augmentation significative de la taxe sur les logements vides et la réquisition « douce » dès la 3e année d’inoccupation, une grille locative contraignante, la construction de 3000 logements sociaux nouveaux dans les 6 ans, l’augmentation de la dotation du CPAS, revenir sur les mesures de réduction du personnel des six dernières années, l’instauration progressive de la gratuité des transports en commun, la division du salaire du bourgmestre par deux et la mise en place d’un bureau de la transparence et de l’éthique. Ces neuf premières propositions se clôturaient avec un point financier pour opérer un glissement fiscal vers les grandes entreprises et non sur le dos des citoyens. Le PS a accueilli ces propositions avec frilosité en insistant à plusieurs reprises sur sa volonté de s’inscrire dans la continuité des politiques menées ces dernières années. Vu la diminution de 18 % du nombre de logements sociaux et la diminution de 19 % du nombre d’agents communaux ces 12 dernières années, le PTB ne pouvait et ne peut toujours pas s’inscrire dans cette continuité.

Le PTB a insisté sur le caractère urgent de construire du nouveau logement social et public notamment en poussant les balises d’emprunt autorisées par la tutelle wallonne à leur maximum (160€/an/habitant). Ces balises viennent d’augmenter dans la dernière circulaire de la ministre des Pouvoirs Locaux, Valérie De Bue. Une réelle marge d’investissement existait donc dans le cadre très restrictif imposé par la tutelle wallonne. Le PTB regrette que le PS n’ait pas souhaité étudier de plus près ces pistes. Le PS liégeois a confirmé qu’il s’est lui-même limité ces six dernières années à une balise d’emprunt de 125€/an/habitant alors que la tutelle wallonne autorisait déjà 150€/an/habitant durant la précédente législature. Nous étions donc bien loi du retour aux années 80 annoncé par le PS dans son communiqué.

Le PTB avait aussi proposé d’activer les fonds publics de pension d’Ogeo Fund pour soutenir la construction de logements sociaux et publics à Liège. Ici aussi, le « réalisme » du PS s’est exprimé dans ces termes « Le logement social n’est pas assez rentable pour ces fonds » et ce alors qu’il s’agit de pensions du secteur public.

Sur des mesures symboliques qui ne coûtaient rien financièrement, le PTB a aussi reçu une fin de non-recevoir pour l’abrogation du règlement anti-mendicité qui continue de susciter l’indignation de nombreux Liégeois. Ou comme la revendication des 30 % de logements sociaux dans les grands projets immobiliers comme l'éco-quartier de Coronmeuse.

Enfin, en termes éthiques, soulignons que la proposition de bureau d’éthique et de la transparence du PTB a suscité une forte méfiance de la part du PS avec des comparaisons douteuses avec les délations dans les années 40. Dans la ville où le scandale Publifin a éclaté, le PTB s’attendait à une autre attitude sur ces questions éthiques et démocratiques.

Plus globalement, le PTB s'étonne de l'énergie mise par le PS a démontrer qu'il n'y a aucune alternative à sa politique passée et présente. "There is NO Alternative", le fameux TINA est visiblement devenu le crédo du PS liégeois et le PTB le regrette. Le PTB continuera donc son combat dans l'opposition en mobilisant la population afin d'établir un rapport de force nécessaire à imposer une vraie politique sociale et écologique à Liège.

 

 

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Commentaires

Il est assez ironique de songer que le principal "ennemi" du PTB, c'est le PS. En effet, dans le contexte du marasme capitaliste qui est le nôtre, il est plus facile de prendre des voix au MR. Alors pourtant que les deux mènent peu ou prou les mêmes politiques. Je songe avec amertume à l'appel des syndicats à un "front des gauches". Cela ne fonctionne pas plus chez nous que chez nos voisins français. On verra ce qu'il en sera pour les fédérales. Mais je constate qu'à première vue il faudra dépasser tous les autres partis, jusqu'à potentiellement devenir la première force politique, pour contraindre à un changement de direction. Quelle belle démonstration de démocratie. Un exemple. Bref! Comme vous le dites, en attendant, il n'y a plus qu'à continuer à faire ce que vous avez toujours fait : mettre la pression, être présent auprès de la population et du milieu associatif, informer quant aux alternatives possibles.